Lusikamu

Historique du port de Matadi
L"Avenir du 18/07/2001
L'existence du port de Matadi remonte en 1886 où il fut construit sur la rive gauche du fleuve Congo un petit accostage pour recevoir les marchandises en transit pour l'intérieur du pays par la voie des caravanes.
Mais son développement commença par la construction de la première section longue de 650 mètres appelée quai " Matadi ", achevée en 1935 par la Compagnie des chemins de fer du Congo sur base d'une convention conclue avec l'Etat indépendant du Congo.
La construction de la deuxième section appelée quai " Fuka-Fuka ", long de 525 mètres, fut achevée en 1940. Mais la seconde guerre mondiale interrompit tout nouvel effort de changement jusqu'en 1950 où la colonie réalisa l'extension du port par la construction de la troisième section dénommée quai " Kala-Kala ", longue de 468 mètres.
Entre-temps, trois autres petits quais avaient vu le jour à Ango-Ango à environ 7 Kilomètres en aval du grand port sur la rive gauche notamment le quai pétrolier en 1911, le quai public un peu plus tard pour la manutention des inflammables et des explosifs et le quai de la Pemarco qui recevait les chalutiers de mer, tous trois reliés au premier par un chemin de fer. C'est seulement e n 1974 que le port de Matadi reçut, suite à l'évolution du commerce international, les premières marchandises conteneurisées.
Ce qui a provoqué plus tard la destruction de 3 magasins du quai Fuka-Fuka réaménagé en parc pour conteneurs dont la capacité est de 3500 conteneurs de 20 pieds. Situé à 140 Km de l'embouchure du fleuve Congo à Banana, le port de Matadi s'étend sur 1643 mètres comprenant 10 postes à quai pouvant recevoir 10 navires ou même moment, avec une capacité théorique de manutention de 2.500.000 tonnes par an, qu'il est loin d'atteindre aujourd'hui à cause de plusieurs pesanteurs : réduction du trafic, avarie des engins de manutention, évacuation des marchandises…ce qui aujourd'hui ne lui permet plus de jouer pleinement son rôle économique, surtout dans ses fonctions commerciales, financières, industrielles et de transport.
Fonctions
La première fonction que joue le port de Matadi est la fonction commerciale puisqu'à cause de nombreuses transactions d'import et d'export, il facilite le commerce entre la Rdc et l'étranger, malgré la réduction sensible des exportations qui, ces dernières années n'atteignent presque pas le cinquième des importations annuelles. Les commerçants importateurs ou exportateurs ne peuvent se passer de ce port concernant l'entrée ou la sortie des marchandises de plusieurs centaines de tonnes que seuls les navires peuvent transporter.
Ensuite, les installations portuaires en elles-mêmes jouent aussi le rôle d'un grand marché où se font les échanges commerciaux sur les marchandises en transit vendues sous douane. Et ce, en dehors de la vente publique des marchandises qui, ayant dépassé le délai autorisé de magasinage, sont frappées par cette mesure.
Et il n'est pas rare de trouver à quai des navires marchés où le commun des mortels s'en va acheter ce qui l'intéresse comme il le ferait dans les marchés de la ville.
La fonction financière du port de Matadi, elle, est tributaire de la fonction commerciale qui développe les opérations liées aux finances. C'est par l'argent que les transactions commerciales sont facilitées, à travers les opérations d'import et d'export ou d'échanges commerciaux au sein du port. Cela justifie la présence de plusieurs guichets tenus par les services publics intervenant dans le circuit, comme l'Onatra, l'Ofida, l'Occ, l'Ogefrem…Mais ce système de guichets disséminés et difficiles à contrôler porte préjudice au trésor qui accuse un grand manque à gagner. C'est ce qui explique l'instauration du système de guichet unique dont le processus est en cours.
Mais c'est avec l'apport des banques locales et autres institutions financières qui vendent des timbres à la valeur des taxes douanières que le port de Matadi arrive à remplir totalement cette fonction. Quant à la fonction industrielle, la disparition de plusieurs usines à Kinshasa, à Matadi et dans sa périphérie, notamment au Bas-fleuve, l'a réduite sensiblement.
Toutefois, plusieurs industries ont vu le jour à Kinshasa et à Matadi grâce à la proximité de ce port par, lequel transitent leurs matières premières. Tel est le cas de la Midema, de la Cilu, de la Cinat, de la Marsavco, des Brasseries, des Usines pharmaceutiques, des sacheries, des Usines de plastification et autres.
Mais la reprise éventuelle du macro-projet de la zone franche d'Inga ferait du port de Matadi le passage obligé des importations des équipements et produits divers pour la création de plusieurs usines que susciterait ce projet. La fonction liée au transport s'est développée quelques années après l'indépendance du pays. Il convient de noter que la charge d'assurer le transport des marchandises partantt de ce port tant à l'importation qu'à l'exportation revenait au chemin de fer construit depuis la fin du 19ème siècle. Mais l'accroissement du trafic portuaire a stimulé le développement vers les années 70 du transport par route. Ce développement fait aujourd'hui que le transport routier assure 65% des importations entre Matadi et Kinshasa, malgré le mauvais état de la route, et le chemin de fer 35%.
Les fonctions que joue le port de Matadi dégage l'éventualité d'une implication certaine sur le développement du pays. Mais croupissant sous plusieurs pesanteurs, ces fonctions se sont fortement amenuisées et ont perdu la vigueur de leur impact. Le délabrement du port de Matadi dû en grande partie à la vieillesse et au manque d'entretien doit interpeller l'Etat congolais non seulement pour sa réhabilitation mais aussi pour sa modernisation et son équipement en engins de manutention.


Retour