DECLARATION DE KODIA DIA MOYO SUR LES EVENEMENTS
INTERVENUS AU
BAS- CONGO ( LUOZI ET NSEKE BANZA)
Nous, Filles et Fils Kongo réunis au sein du Groupe de réflexion
KODIA DIA MOYO, dénonçons par la présente les événements intervenus
dans le Bas-Congo, plus précisément à LUOZI et à NSEKE BANZA.
I. Nous rappelons :
· Que le peuple Kongo est un peuple épris de paix, de justice
et de vérité ;
· Que les massacres récurrents au Bas-Congo dénotent d'une
crise de légitimité qui tient à :
1. Un vote extorqué par la corruption et les intimidations ;
2. l'exercice du pouvoir, par l'exécutif provincial, subordonné
aux contrôles et intérêts partisans de l'AMP et du Gouvernement
Central par l'intermédiaire du Ministère de l'intérieur en lieu et
place du peuple par son Assemblée Provinciale.
· Que suite à la déliquescence culturelle, à la
marginalisation et à la paupérisation du Peuple Kongo depuis la
Deuxième République, le B.D.K. s'est constitué comme une force pour
la réhabilitation de la langue, des valeurs culturelles et de la
conscience des Kongo. D'où son impact dans la communauté Kongo.
· Que la police d'intervention rapide est composée des anciens
Ex gendarmes Katangais, des Dragons et des anciens commandos sous
MOBUTU qui sont des militaires de formation ;
· Que les résultats des enquêtes des massacres antérieurs
n'ont jamais été publiés et les recommandations y afférentes jamais
exécutées.
II. Nous condamnons :
· Le non respect de nos morts par le fait de les avoir jetés
dans le fleuve,
· L'utilisation des armes lourdes de guerre par la police ;
· L'utilisation de la répression disproportionnée pour
résoudre des problèmes politiques.
III. Nous exigeons :
· Que cesse l'utilisation des armes lourdes de guerre par la
police ;
· Que le Gouverneur agisse en Gouverneur élu et non en
Gouverneur nommé par le Ministère de l'intérieur ;
· Une enquête internationale par des organisations à crédit
établi ;
· L'organisation d'une table ronde provinciale telle que
recommandée par l'Assemblée Nationale ;
· A l'Assemblée provinciale du Bas-Congo d'interpeller
l'actuel Gouverneur afin qu'il réponde publiquement de ce qu'il en
est de ces événements ;
· Qu'on nous dise ce que sont devenus les 300 Interahamwe
refusés au Bandundu mais implantés dans le Bas-Congo ;
· Que les organes de presse traitent avec prudence et
circonspection les images et propos dans les Médias susceptibles
d'essemer le sentiment de xénophobie à travers le pays.
IV. Nous appelons :
· L'ensemble de la population du Bas-Congo au calme et à la
vigilance ;
· Aux sages de procéder à une catharsis sociale en organisant
un processus de réconciliation ;
· A l'organisation d'une chaîne de solidarité pour une
assistance sociale des populations éprouvées. De ce fait, nous
invitons des ONG locales à servir de relais pour cette fin.
Nous transmettons nos condoléances les plus émues aux familles
éprouvées.
Fait à Kinshasa, le 05 Mars 2008
Pour KODIA DIA MOYO
Le Professeur Ernest WAMBA DIA WAMBA
Porte-parole