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Éditorial :
Es-tu mort peuple
Kongo ?
par Londa Mavungu Hier, le peuple kongo se sentait persécuter et aujourd'hui, le ne-kongo vivrait sans se sentir brimer par des gouvernements qui ne veulent pas de lui, mais de son territoire. C'est peut-être un non sens! Hier encore, on parlait d'autodétermination, de guerres armées, des mouvements de libérations à tel enseigne que certains proposaient d'aller voir Bob Denard, lui remettre les clefs de la libération du pays Kongo oubliant que celui-ci est mort depuis Octobre 2007 et que partout où il est passé, il n'a jamais livré la marchandise. Et pourtant, les fils et filles Kongo ont crié, pleuré et certains diraient que Dieu n'a pas entendu leurs pleurs car rien n'a vraiment changé même si on parle des contrats chinois et des chantiers du président Kabila dans le Bas-Congo afin de ressusciter les villes de Boma et de Matadi endormi depuis des décennies, le chemin de fer Matadi-Kinshasa et de bien d'autres bonifications. Le peuple Kongo serait-il mort ? Les descendants de Simao Kimbangu, de Joseph Kasa-Vubu, font comme si demain ne verra plus d'autres massacres, d'autres injustices, d'autres confiscations de légitimité, d'autres arrestations. Même si à un certain moment, certains frères proposaient de traîner devant le CPI le général Numbi ainsi que le gouverneur de la province du Bas-Congo car il semblerait qu'ils seraient les vrais responsables de ce drame. Le peuple Kongo serait-il mort ? Oui dis-je!! Son silence rend malade, son émotion à flair de peau ressemble plus à celle d'un peuple qui ne sait pas ce qu'il cherche et qui ne se souvient pas non plus ce qu'il veut. Le comportement d'une certaine élite Kongo rend dingue. Sa nonchalance est une marque d'une personne incapable de prendre son destin en main. Le peuple Kongo manque drôlement de conscience militante. Mais si je le compare à un peuple en qui j'ai beaucoup d'attache, d'estime, d'égard, de respect et d'admiration, je dirais que je suis plutôt rempli d'espoir. Le peuple juif n'a pas toujours été comme nous le connaissons. Longtemps pacifiste, on disait de lui qu'il était incapable de faire respecter ses droits. Qu'il était trop égoïste, trop divisé. On disait même, qu'il ne savait pas se battre. D'ailleurs, une histoire insolite, le premier général juif des temps moderne était tué par un juif, car ce fameux général, d'origine américaine, ne parlait ni hébreux, ni yiddish et qu'il aurait oublié de dire le mot de passe quand il s'est retrouvé en face de certains combattants juifs en plein Jérusalem au lendemain de la proclamation de l'existence d'Israël en 1948. Le peuple juif s'est senti pendant longtemps abandonné par Dieu, car comment Dieu pouvait-il le laisser moisir dans des camps inhumains, mourir dans des fours crématoires comme des vulgaires animaux. Comment Dieu, le maître de la vie pouvait-il le laisser devenir victime d'un des crimes que notre univers n'avait jamais connu jusqu'à date? Le peuple Kongo n'a pas besoin d'un génocide pour se réveiller et prendre son avenir en main. Le peuple Kongo n'a pas besoin de camps de concentration pour dire aux gouvernements qu'il mérite de vivre libre et heureux dans la terre de ses aïeux. Pour y arriver, il nous faut un peu plus de solidarité, un peu plus d'idée de communion, d'attachement à une cause commune, de respect mutuel, de sympathie entre nous et surtout de détermination. Le peuple ne-kongo doit se demander ce qu'il fait pour faire évoluer la cause Kongo tant en Angola qu'aux deux Congos, tant au Gabon que dans la diaspora. Le peuple Kongo ne doit pas attendre qu'on fasse avancer sa cause, mais doit faire en sorte qu'il avance sa cause lui-même. Le peuple Kongo doit apprendre à se donner pour une cause, doit apprendre à donner pour une cause! Londa Mavungu |