i Ne-Kongo                                     Édition d’Octobre 2005

 

 

 
ANGOLA/FOOTBALL: LES BRAVES PALANCAS NEGRAS PRÉSENTS EN ALLEMAGNE

(Par Maulo Dombaxi)

EBONet SportsLes Palancas Negras de l’Angola seront présents, pour la première fois dans les annales du football angolais, à la phase finale de la coupe du monde en Allemagne en 2006, grâce à leur victoire 1 – 0 à Kigali devant l’équipe nationale rwandaise. Allez! Les braves Palancas Negras ! A nous la victoire ! N’a cessé de crier tout un peuple  pendant 90 minutes, le samedi 8 octobre 2005, à l’occasion de la dixième et dernière journée des éliminatoires jumelées CAN/Coupe du monde 2006. 90 minutes pendant lesquelles 13 millions d’Angolais attendaient impatiemment, la main au cœur, ce fait inédit. L’espoir de réaliser ce rêve s’est confirmé à la 80ème minute du match, quand Akwa, capitaine et "goleador" de la "selecção" a encore montré sa race en inscrivant le but de la victoire, étant ainsi le bourreau et des Rwandais et des Nigérians. "Nigeria era" (il était une fois le Nigeria) pouvait-on lire sur un écriteau tenu dans les gradins du stade « Amahoro » (Paix) de Kigali par des supporters angolais en liesse après ce but du Capitaine Akwa. Sur une balle récupérée au milieu du terrain, Zeca Langa, fonce sur la droite, efface deux joueurs sur son passage et croise, le capitaine Akwa très bien placé dans la surface de réparation se détend, comme il sait le faire, et d'une tête,  de haut en bas, bat le gardien des buts rwandais Nkuzi Ngoma, qui n’a eu que le temps de constater le dégât. Les dés étaient jetés, au grand dam de presqu’un milliard de Nigérians avec le même vœu de voir leur équipe nationale se qualifier.

 

UNE RIVALITE DATANT DE 2000 AVEC LE NIGERIA

Les Palancas Negras de l’Angola qualifiés, les super Eagles du Nigéria peuvent se contenter cette fois-ci de la CAN en Egypte, malgré leur victoire à domicile devant l’éternel Zimbabwe (5 – 1.) Nous disons cette fois-ci, car la rivalité entre ces deux nations de football, même si les Nigérians ont un palmarès de loin supérieur à celui des Angolais, ne date pas d’aujourd’hui. Elle a commencé lors de la phase éliminatoire des Jeux Olympiques de Sydney 2000. Au cours de la dernière journée de cette éliminatoire, les deux équipes furent à égalité des points. L’Angola affronta l’Ouganda qu’il vaincu 1-0, le Nigeria, qui eut son match après cette maigre victoire angolaise, en profita pour donner une leçon aux Zimbabwéens, encore et toujours eux, en gagnant par 5-0. Cette fois-ci, non seulement les deux rencontres étaient à la même heure, mais l’Angola avait l’avantage en cas d’égalité des points entre les deux équipes, pour avoir gagné à Luanda par 1-0 et avoir fait match nul au Nigeria 1 – 1.

UN CADEAU D’ANNIVERSAIRE POUR LES 30 ANS D’INDÉPENDENCE DE  L’ANGOLA

La qualification des Palancas Negras est ainsi un très beau cadeau d’anniversaire pour la République d’Angola qui fête ses 30 ans d’indépendance le 11 novembre prochain. « Je dédie cette victoire au peuple angolais » a déclaré à la fin du match Zé-Calanga, l’auteur du centre qui a permis à Akwa de marquer. « Désormais, l’Afrique peut compter sur l’Angola pour le progrès de son sport et le monde doit porter un regard différent au football angolais » a affirmé Mantorras, dont l’entrée en deuxième période à la place de Mendonça, ainsi que celle de Maurito à la place de Flavio,  a donné du tonus à l’équipe angolaise. C’est aussi en beau cadeau d’anniversaire pour tous ceux qui ont fêté un anniversaire entre le 8 et 10 octobre 2005. C’est le cas de mwene Ndombasi, mono mosi endu, de nengwa Ilda Ndombasi et de leur Kimfwamfwa, kimpingampinga, Edgar Ndombasi qui a souflé ses trois bougies le dimanche 9 octobre.

LA SIGNIFICATION DE PALANCAS NEGRAS

Palanca est un animal symbolique en Angola, qui est le seul habitat au monde où ce type d’antilope, une espèce en extinction, peut vivre. C’est aussi le symbole de la compagnie aérienne angolaise « TAAG .» On lui colle l’adjectif Negras (du portugais noires) à cause des taches distinctives noires qui colorent la peau de cet animal. Voilà ! Ce ne sont ni des Aigles, ni des Lions, ni des Léopards ou des Simba, mais des humbles antilopes rares au monde qui ont du talent dans les jambes (pour ne pas dire dans les pattes.)

 

 

 

 

 

 

 

 

DES JOUEURS TRÈS PEU CONNUS

Mais, dira-t-on, qui sont ses braves Palancas Negras ?

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                                   La Selection olympique

La sélection nationale angolaise de football est constituée des joueurs peu connus, à l’exception peut-être de Pedro Manuel « Mantorras », qui est sociétaire de Benfica de Lisbonne ( Portugal), du phénoménal Ne Kongo Fabrice Maieto dit Akwa, le « goleador da selecção », un ancien de Benfica qui évolue maintenant au Qatar SC, ainsi que du milieu du terrain Paulo Figueiredo (Varzim, Portugal.), auteur du but de l’égalisation à la saveur d’un « winning goal » à Kano devant le challenger Nigeria.  Ce pendant, se qualifier pour le Mundial n’est pas dû à un fait de hasard. Du noyau de cette équipe font partie des joueurs qui ont été champions d’Afrique de moins de 20 ans en 2001 et qui sont arrivés en quart de finale du Mundial de cette même catégorie en 2002 en Argentine. Il s’agit donc de Mantorras (Benfica), Gilberto (Al Ahly  d’Egypte), Mendonça (Varzim, Portugal), Manuel (Asa, Angola), Lama, le gardien des buts (Petro de Luanda, Angola) et Meloi (Inter de Luanda, Angola). A côté de ces jeunes talents, se trouvent les deux vieux loups expérimentés : Akwa et Figueiredo.

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D’autres joueurs ont soit joué,  soit ils jouent encore dans les différentes divisions du championnat portugais, en Angola et ailleurs.

Voici par exemple la liste des pré-sélectionnés de l’opération Kigali le 8 octobre :

Gardiens: Joao Ricardo Pereira (Moreirense/Portugal), Lama (Petro Atletico)  (voir photo)

Défenseurs: Delgado (Primeiro de Agosto), Jacinto (AS Aviação), Jamba (AS Aviação), Joca (Varzim/Portugal), Lebo Lebo (Sagrada Esperança), Loco (Benfica de Luanda), Marcos Airosa (Barreirense/Portugal), Yamba Asha (AS Aviação)

Milieux de terrain: André Makanga (Kuwait SC), Edson (Paços Ferreira, Portugal), Figueiredo (Varzim/Portugal), Gilberto (Al Ahli/Egypte), Gugas (Atlético do Namibe), Mendonça (Varzim/Portugal), Miloy (InterClube), Paulinho (Ribeira Brava, Portugal), Rats (AS Aviação), Zé-Calanga (Petro Atlético)

Attaquants: Akwa (Qatar SC), António Sango (Vauban Strasbourg/France), Flávio (Al Ahli/Egypte), Love (AS Aviação), Mantorras (Benfica/Portugal), Maurito (Al Garafah/Qatar), Santana (Sagrada Esperanca).

Et voici l’équipe type de Palancas Negras à Kigali:  João Ricardo, Yamba Asha, Lebo Lebo, Jamba et Jacinto, à la défense; Mendonça (Mantorras), André Makanga et Gilberto au milieu du terrain; Figueiredo (Maurito), Flávio (Zé-Kalanga) et Akwá à l’attaque, jouant dans un système de 4 – 3 – 3.

 

UN ENTRAÎNEUR NATIONAL                                              

 

EBONet SportsAprès avoir goûté à toutes les sauces étrangères, des brésiliennes aux luso-capverdiennes, en passant par les salades russe, bulgare et même yougoslave, sans résultats convaincants, les dirigeants sportifs angolais sont revenus à la « mouambe » nationale.

A la direction technique de l’équipe nationale, ils ont donc mis un entraîneur national très expérimenté: Luís Oliveira Gonçalves. Agé de 50 ans, dont 33 comme entraîneur de football, «Mister», comme l’appelle ses poulains a déjà orienté depuis 1992 toutes les sélections nationales angolaises – des moins de 15 ans à l’équipe nationale Junior – ayant  écrit avec de l’encre indélébile son nom dans l’histoire du football national angolais.

D’abord il permet à l’équipe nationale principale à renouer avec la phase finale de la CAN après Burkina Faso 1998 et à se qualifier pour le Mundial 2006. Ensuite, il est aussi l’unique entraîneur à avoir emmener l’équipe nationale des moins de 17 ans et des moins de 20 ans à une phase finale de la CAN. Avec ces derniers, il s’est sacré champion d’Afrique en 2001, en Ethiopie, et les a emmenés au mundial 2002. Ses poulains disent de lui qu’il «connaît le plan de la maison. Il est le vieux balai qui connaît tous les coins de cette maison, donc chaque joueur », alors que la FIFA l’a qualifié récemment de Magicien, au vu des résultats spectaculaires qu’il a obtenus au cours de cette campagne jumelée des éliminatoires de la CAN et de la coupe du monde 2006 en Allemagne.

UN SOUTIEN INCONDITIONNEL DE TOUS 

Il y a aussi des vielles gloires du football angolais, tel que le Nekongo Ndunguidi Daniel, qui prodiguent mille et un conseils à ces jeunes footballeurs. Par ailleurs, il y a les dirigeants du football angolais qui veulent créer une « émulation » sportive avec les dirigeants du basket-ball senior masculin qui a  droit de cité en Afrique. Dans ce contexte ils ont, entre autres, ouvert le championnat national de football aux footballeurs étrangers pour le rendre très compétitif. C’est ainsi que des joueurs zambiens et congolais (RDC) évoluent notamment à Luanda. Pour ne citer q’une anecdote, dit-on l’équipe nationale angolaise a le handicap de ne pas posséder un bon gardien des buts. Car, les meilleurs joueurs à ce poste dans les grandes équipes du championnat angolais de Division I viennent tous de la République démocratique du Congo. Ainsi, Lama n’est-il pas le deuxième gardien des buts de son Club, le Petro Atlético de Luanda. L’avantage à ce propos c’est de posséder des bons avant centres qui cherchent à tromper ces meilleurs gardiens en marquant des buts. La meilleure défense n’est-elle pas une meilleure attaque ? Cet échange des joueurs avec d’autres pays, y compris ceux qui évoluent dans d’autres championnats étrangers (Portugal, Egypte, Qatar, Koweït …), finit par bénéficier le football angolais.

L’existence des bons joueurs et la volonté des dirigeants sportifs ne suffisent pas à eux seuls pour justifier le succès de l’équipe nationale angolaise. A cela s’ajoute aussi l’existence d’un système efficace des sponsors du sport en général et du football en particulier. Chaque grande entreprise nationale et certaines institutions gouvernementales sponsorisent une équipe de football ou tout un club. C’est le cas de la Sonangol, la puissante compagnie pétrolière qui sponsorise le Petro Atlético de Luanda ; La compagnie aérienne TAAG qui le fait pour ASA ; la diamantifère Diamang à son tour sponsorise Sagrada Esperança de Lunda Norte ; alors que les Forces armées angolaises et la Police nationale sponsorisent respectivement les équipes de Primeiro de Agosto et celle de l’Inter Club, pour ne citer que ceux-là. À côté de tout ce système de sponsoring, plusieurs clubs ont leurs propres écoles de football pour la formation des joueurs dès le bas âge. Des particuliers ont aussi crée des écoles de football pour la dissémination de la pratique de cette modalité de sport.  Par ailleurs des singuliers s’offrent de plus en plus pour devenir des imprésarios de certains joueurs.   

 And the last, not the least : derrière ces braves Palancas Negras se tient tout un peuple. Le peuple angolais, amant du football, vibrant avec lui à tout moment, soutient l’équipe et a confiance en elle, comme on a pu le constater pour le match de la dernière journée des éliminatoires à Kigali. Plusieurs centaines d’excursionnistes ont fait le déplacement de Kigali pour soutenir l’équipe. Et à leur retour après la qualification, tout ce peuple, y compris les plus hauts dirigeants du pays et des partis politiques, était uni pour une fois, afin de réserver un accueil chaleureux aux Palancas Negras. 

L ‘Angola qualifié au dépend du Nigeria, la Côte d’Ivoire au lieu du Cameroun ou de l’Egypte ; ainsi que le Togo à la place du Sénégal et le Ghana qualifié au détriment de l’Afrique du Sud, s’étonne-t-on. Certains parlent d’un tremblement de terre pour le football africain, alors que d’autres n’hésitent pas de parler d’une régression du football africain. Non, qu’ils se détrompent. Il s’agit, bien au contraire, du progrès du football partout en Afrique. Tous ces pays qui se sont qualifiés pour le mundial ont des joueurs talentueux qui évoluent en Europe ou ailleurs. S’ils peuvent produire d’excellents joueurs comme, ne peuvent-ils pas posséder des équipes nationales capables de rivaliser avec n’importe quelle équipe nationale du continent ? Souhaitons la bonne chance aux représentants africains au mundial 2006 en Allemagne.

UN NOUVEAU REGARD SUR LE FOOTBALL AFRICAIN

Toutefois, il est nécessaire de porter un nouveau regard sur le football africain. Les dirigeants sportifs du continent doivent en être conscients afin de ne pas briser ce nouvel élan. Pair ailleurs, ils doivent aussi investir dans le domaine des infrastructures sportives. En Afrique, nous avons des stades de football qui n’ont du stade que le nom.

Quant à l’Angola, ce pays se prépare pour soumettre sa candidature, avant janvier 2006, en vue de l’organisation de la CAN 2010 à côté du Maroc et de l’Algérie qui sont déjà candidats et du Zimbabwe qui a aussi les mêmes intentions. Cela permettra aux dirigeants sportifs angolais de renouveler les infrastructures existantes et de construire des nouveaux stades modernes dans le pays. Il convient de rappeler que l’Angola a organisé avec succès les deuxièmes jeux d’Afrique centrale en 1981. 

 

 

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