i Ne-Kongo
Edition d’Octobre 2005
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Le Musée régional Mâ Loango de Diosso revalorise et préserve l’héritage culturel du
Congo Reportage © "Les Dépêches de Brazzaville" Mercredi 16 Juin 2004 à 10:00:00 DB7489 Situé a Diosso, à 25 km au nord de Pointe-Noire sur la route du Bas-Kouilou, le Musée régional des arts et des traditions
Mâ Loango constitue, à l’heure actuelle, avec ses
dix précieuses collections, la base la plus importante pour l’étude
historique et scientifique du passé plus ou moins proche du Congo. Érigé à 1 km de la voix principale de Loango, au centre d’un
terrain verdoyant planté de palmiers et de cocotiers, cet ancien palais royal
qu’habitait Mâ Loango Moe Poaty
III, roi du royaume de Loango qui régna de 1931 jusqu’au 3 mai 1975, est
depuis 1982 voué à un destin culturel et pédagogique. Sa fonction principale
est de recueillir et de présenter des objets et des témoignages dont
l’intérêt historique, archéologique, ethnographique ou artistique doit servir
de support éducatif à la culture congolaise, et ce dans le but de préserver
notre héritage culturel. Par Ya Sanza|lundi21
juin 2004
Sous la souveraineté de Mani Makosso Tchicousso, roi du
royaume de Loango qui régna au XIXe siècle de 1879
à 1885, un traité fut signé à Loango le 12 mars 1883, entre l’administration
coloniale et les chefs indigènes de la région du Kouilou.
Ce traité, dont le 1er article attestait avoir placé Loango sous la souverainété et le protectorat de la France, fut
l’initiative du département de la marine française qui, sous l’égide de
Pierre Savorgnan de Brazza, envoya le lieutenant de
vaisseau Cordier, commandant « le Sagittaire », assurer la main
mise sur cette localité. Grâce à ce traité, ratifié plus tard par le
gouvernement français, une nouvelle habitation moderne fut construite en 1952
pour le roi Moe Poaty III, qui régna sur le royaume
dès le 18 mars 1931. Celui-ci intégra le nouveau palais résidentiel en 1954,
où il vécut jusqu’à sa mort, le 3 mai 1975. La succession royale connut alors
des péripéties et le palais fut inhabité pendant six ans. Sous la pression du gouvernement, en
l’occurrence le ministère de la Culture, désireux de récupérer le bâtiment,
l’ex-résidence royale a été transformée en musée et inaugurée le 10 avril
1982 par Jean-Baptiste Tati Loutard, alors ministre
de l’Enseignement secondaire et supérieur, de la culture et des arts. Depuis,
le Musée Mâ Loango est devenu un espace culturel et
historique permanent, au service de la société et de son développement,
ouvert au public étudiant et chercheur, et à toute personne voulant
s’imprégner de l’histoire du Congo dans toute sa diversité. Comptant près de 316 pièces et
documents, le Musée Mâ Loango mesure vingt mètres
de long sur onze mètres de large. Il renferme deux salons, deux chambres,
deux couloirs conduisant aux chambres et une petite salle de bain du roi.
Toutes ces pièces se sont transformées en salles d’exposition ou en réserve.
Le musée compte une dizaine de collections différentes ; les créations
des communautés ethniques et sociales sont constituées d’objets se référant à
certains événements historiques, et de documents témoignant de l’évolution de
la société congolaise. Des objets de grande valeur artistique côtoient des
pièces plus simples qui se rapportent à la vie quotidienne et ont, sans
doute, une importance particulière dans l’étude des anciennes générations
congolaises. Les dix collections offrent un large
panorama : Même s’il accueille diverses
personnalités et sert de centre de travaux pratiques pour les élèves et les étudiants,
le Musée Mâ Loango se trouve aujourd’hui dans un
état défectueux, en dépit de minces efforts d’assainissement de la part de la
direction départementale de la culture et des arts du Kouilou
qui en assure la gestion. Ce sont aujourd’hui les collégiens et les lycéens
en excursion qui assurent le désherbage de la cour du musée et de la piste y
conduisant. La toiture est également délabrée. Ne disposant pas suffisamment
d’outils techniques pour la gestion et la conservation de ses pièces, le
Musée Mâ Loango, au nom de son conservateur, Joseph
Kimfoko-Madoungou, affiche l’ultime besoin
d’acquérir des matériaux dont le coût s’élève a 3 millions de Fcfa. Il faut
entretenir le plus longtemps possible ce patrimoine national. Le premier volet des besoins concerne
l’achat de produits techniques, assurant le traitement des pièces, et
d’objets de collection pour la recherche. Il concerne aussi l’achat de
matériel technique tel que vitrines, panneaux, socles, masques,
anti-poussières et fichiers. Le second volet retient les fournitures de
bureau et vise l’acquisition de la documentation muséographique (livres
historiques, registres, blocs-notes, photos de collections, etc.). Le volet
suivant concerne les services tel que le désherbage permanent de la cour et
les accès du musée. Estimé à 500 000 Fcfa, le dernier volet concerne
l’entretien du bâtiment (toiture, plafonds, murs et sol) pour protéger les
salles et les précieux objets d’exposition. Sous la houlette du conservateur du
Musée Mâ Loango, Joseph Kimfoko-Madoungou,
la Direction départementale de la culture et des arts du Kouilou
s’associe à l’action du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco et dresse
ainsi une liste de plus de 35 sites qui illustrent la diversité des
témoignages sur les civilisations passées et des paysages les plus émouvants
de la nature de Pointe-Noire. Elle voudrait ainsi protéger et pérenniser ces
documents référentiels ainsi que les travaux et édifices légendaires qui
constituent pour nous un héritage culturel inestimable. Tel est l’objectif
principal de la Convention relative à la protection du patrimoine mondial,
culturel et naturel, adoptée à la conférence générale de l’Unesco en 1972 par
159 Etats, dont le Congo. Ce traité a pour but d’identifier et de protéger le
patrimoine culturel et naturel reconnu comme ayant une valeur universelle
exceptionnelle. Si l’on convient que c’est à travers
l’histoire que se construit l’avenir, et qu’un pays sans histoire est un pays
sans âme, il est impérieux de protéger le patrimoine national. Ce sont des
sites culturels disséminés à travers le territoire, dont l’existence et la
beauté sont un enrichissement pour chacun d’entre nous. Ce sont aussi des
témoignages documentaires précieux, des monuments à la taille du Musée Mâ Loango, dont les annales constituent une poignante
source éducative. Leur disparition constituerait une perte irréparable pour
la nation tout entière. Reportage de Quentin Loubou (Dépêche de Brazzaville, 2004) |