i Ne-Kongo                                     Édition d’Octobre 20


KONGO DIA NTOTILA: S.O.S FNLA

par la Rédaction de l'Observateur Kongo




drapeaudufnla
A quelques mois des élections générales en République d’Angola, encore sans date, mais annoncées pour 2006, l’heure est peut-être venue pour l’observateur Nekongo de la situation politique dans ce pays de tirer la sonnette d’alarme sur la situation de crise profonde de leadership que traverse le Front National de Libération de l’Angola (FNLA), l’un des partis historiques qui ont lutté pour l’indépendance de l’une de cinq colonies portugaises d’Afrique.
Il convient de rappeler que le FNLA fut l’un des trois partis signataires en 1974 des Accords d’Alvor, en vue de l’indépendance de l’Angola. A la suite des élections générales de 1992, ce parti a pu faire élire cinq député à l’assemblée générale (parlement), devenant ainsi la quatrième force politique du pays, alors que son leader est membre du Conseil de la République, qui est un organe consultatif du Président de la République.  

Malheureusement, il y a de cela sept (7) ans que le parti de la liberdade e terra (sa dévise), dirigé depuis sa création, il y a plus de quatre décennies, par le « mais velho » (Mbuta muntu ou n’kuluntu) Holden Roberto [photo en haut], est en proie à une scission, avec la naissance en 1998 d’une faction dirigée par le sociologue et professeur de l’Université Agostinho Neto Lucas Ngonda [photo de bas]. La division survint à la suite d’un congrès du parti qui a eu lieu en décembre 1998 et qui a élu M. Lucas Ngonda à la présidence, lequel congrès n’a jamais été reconnu par M. Holden Roberto.  

mfumu Holden Roberto
M. Lucas Ngonda dispute, depuis lors, la présidence du parti à Holden Roberto à qui il reproche le fait de ne pas instituer un débat démocratique et libre au sein du parti,  en vue de débattre les problèmes qui ont été à l’origine d’un grand nombre des dissidences dans le FNLA ; ainsi que de diriger le parti pendant très Cette mésentente a fait que chacune de deux factions ait un président, un vice-président et un secrétaire général, jusqu’à la constitution d’un comité de réconciliation en 2004.  La réconciliation interne a donné un pas très important le 30 avril 2004, quand, au cours d’une cérémonie organisée au Palais des Congrès (Le siège du parlement angolais), à Luanda, les deux frères ennemis, MM. Holden Roberto et Lucas Ngonda, ont enterré la hache de guerre au sein du parti par une poignée des mains.
 Au cours du dernier congrès du FNLA, qualifié aussi de congrès de la réconciliation, qui a eu lieu à Luanda, à la mi-octobre 2004, les participants ont décidé à l’unanimité de maintenir le dirigeant historique, Holden Roberto, à la présidence du parti pour une période de 10 mois, au terme de laquelle un congrès extraordinaire devrait être convoqué en vue de l’élection d’une nouvelle direction.  L’option de maintenir le « mais velho » au leadership et de convoquer un congrès extraordinaire après les dix mois de « transition » avait été présentée par la médiation qui avait contribué au rapprochement entre les deux factions, à la suite de l’impasse dans lequel se retrouvèrent les travaux du congrès de 2004. A l’occasion, les congressistes ont fini par approuver une proposition de créer deux vice-présidences, l’une pour le sociologue Lucas Ngonda et une deuxième pour l’ancien secrétaire général du parti, le politicien Ngola Kabangu, un proche de Holden Roberto ; ainsi que l’élection d’un secrétaire général du parti, en la personne de M. Francisco Mendes, un proche de Lucas Ngonda.
Avec ce partage de pouvoir entre les principaux dirigeants de deux ex-factions, le FNLA a essayé de gagner du temps pour approfondir la réunification interne et préparer l’organisation du congrès extraordinaire qui devrait avoir lieu en août 2005.
Mais ce n’était qu’une partie remise, car n’ayant pas pu convoquer le congrès extraordinaire qui devrait élire la nouvelle direction du parti, les deux ex-factions ont déterré depuis août dernier la hache de guerre avec des accusations et contre-accusations. La goûte d’eau qui a débordé le vase fut l’éviction par M. Holden Roberto au mois de septembre du Secrétaire général du parti, M. Francisco Mendes, élu au cours du congrès de la réconciliation de 2004, pour « insubordination à la hiérarchie. » Depuis lors chacune de deux factions convoque les organes du parti, notamment le Comité central et son Bureau politique et prennent des décisions en l’absence des représentants de l’autre. C’est dans ce tohu-bohu que le Bureau Politique  aurait décidé le 26 septembre dernier l’éviction du vieux maquisard Alvaro Holden Roberto de la Présidence du FNLA qualifiant « d’illégitime sa permanence à la direction des destins du parti » et l’accusant de «n’avoir pas mis en œuvre les engagements pris en octobre 2004.»

Par ailleurs, les deux factions ont convoqué, chacun de son côté, (M. Holden Roberto en décembre 2005 et M. Lucas Ngonda en novembre 2005) le fameux congrès extraordinaire pour l’élection de la nouvelle direction, qui pourrait marquer la fin de la carrière politique active du «mais velho » Holden Roberto, qui se contenterait d’un poste de Président honorifique, comme les congressistes l’avait déjà fait en décembre 1998.
Jusqu’à très récemment, quatre dirigeants avaient déjà annoncé leur candidature au poste de Président du Parti. En plus de M. Lucas Ngonda, il y a MM. Ngola Kabangu, Carlinhos Zassala (professeur titulaire de l’Université Agostinho Neto et un proche de Lucas Ngonda), ainsi que Miguel Damião, une figure peu connue de la nouvelle génération des membres, mais qui fut un des hommes de proue de la propagande du FNLA en 1974/75, vivant actuellement aux Etats-Unis.
Ce pendant, la faction de Lucas Ngonda estime que les conditions ne sont pas réunies pour l’organisation du congrès extraordinaire, mais n’aurait pas non plus l’intention de prendre part à tout congrès qui pourrait être convoquer par M. Holden Roberto.
Toutefois, les frères ennemis du parti des “irmãos” (les frères, comme adorent s’appeler les membres du FNLA) affirment que le parti n’est pas divisé, préférant utiliser le terme « désaccord » pour qualifier la situation que traverse le parti.  Le bras de fer entre les deux factions fragilise et affecte très négativement ce parti historique dont l’espace vie Kongo constitue son fief, même s’il est devenu un parti national angolais, et discrédite ses dirigeants qui démontrent leur incapacité de surmonter les obstacles entre frères. N’ignorent-il pas de cette manière la philosophie Kongo selon laquelle « Dia na kutuka mpaka, mazowa adidi ko.» ou encore « Mfumu tumbua ka tumbuanga Kansi ka kitumbanga ko »
Ainsi, en notre qualité de Nekongo, ne devrions-nous pas lancer un appel urgent aux deux parties à mettre les intérêts des populations qu’ils représentent au-dessus de tout intérêt personnel, en vue d’améliorer la position de ce parti historique sur la scène politique nationale. Cinq députés au parlement pour un parti qui a lutté farouchement pour l’indépendance du pays est un déshonneur à ceux qui ont sacrifié jusqu’à leur sang pour défendre les couleurs du parti. A cette allure, s’ils ne prennent pas le taureau par les cornes, ils ne pourront même pas maintenir le nombre de cinq députés aux des prochaines élections.

 

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