i Ne-Kongo Edition de Septembre 2005
|
Quelle leçon les Kongo pourraient-ils tirer du «Principe de la grenouille chauffée»
(Par Kioni kia Bantu Augustin-Romain <augustinkioni@skynet.be>)
EN GUISE D’INTRODUCTION
Au cours de ces dernières semaines du mois d’août 2005, plusieurs messages s’étaient échangés sur la liste du forum Mfuma_nekongo concernant des propos injurieux dont quelques sœurs et frères kongo seraient l’objet sur certains sites de la part des originaires des régions de la RDC autres que le Kongo dia Kadi.
Comme je ne me souviens pas d’une attitude à adopter qui aurait recueilli l’unanimité des suffrages, je suis amené à affirmer que la question de savoir «Quelle attitude adopter face aux propos injurieux dont quelques sœurs et frères ne kongo seraient l’objet sur certains sites de la part des originaires des régions de la RDC autres que le Kongo dia Kadi» demeure ouverte
LA LECON A TIRER POUR L’AVENIR
Il semblerait que les Kongo ont rarement étés épargnés des attaques personnelles ou collectives de la part des originaires des régions de la RDC autres que le Kongo dia Kati. Encore faudrait-il prouver que les Kongo entre eux ne s’attaquent jamais.
Quoiqu’il en soit, je nous invite à prendre méditer le «Principe de la grenouille chauffée» avec l’espoir que ce principe déboucherait sur une réflexion rétro-prospective sur des attaques «entre» et «contre» les Kongo.
LU POUR VOUS : «PRINCIPE DE LA GRENOUILLE CHAUFFEE» Source : http://fr.groups.yahoo.com/group/credhi/message/141
***
De : «Augustin-Romain Kioni kia Bantu» <augustinkioni@yahoo.fr> Date : Dimanche 1, Août 2004 10:16 Objet : PRINCIPE DE LA GRENOUILLE CHAUFFEE (...)
Le PRINCIPE DE LA GRENOUILLE CHAUFFEE
http://www.consciencedupeuple.com/html/a_moitie_cuit.html
« Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager. La température continue à grimper. L'eau est maintenant chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant. L'eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle s'est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température continue à monter jusqu 'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais avoir fait quelque chose pour s'extraire de la marmite. Si la même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l'aurait éjectée aussitôt de la marmite... Cette expérience montre que, lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte ».
A supposer que nous nous mettions nous-mêmes à la place de la grenouille, quelle leçon le «Principe de la grenouille chauffée» nous permettrait-il de tirer?
(...)
Augustin-Romain Kioni kia Bantu
LA QUESTION TERMINALE
Il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour être à même de méditer les versets suivants extraits de LA SAINTE BIBLE (Nouvelle version Segond révisée, Alliance Biblique Universelle, 1993) :
«Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre produit de mauvais fruits. «Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. «Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. «C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.» (Mattieu 7.17-20)
De même, il n’est pas nécessaire d’être bouddhiste pour être à même de méditer les extraits suivants à partir de l’ouvrage de Walpola Rahula intitulé «L’enseignement du Bouddha» publié par les Editions du Seuil à Paris (pp. 169 et 170):
«Que le sage vive en son village comme l’abeille recueille le nectar sans abîmer la fleur dans sa couleur et dans son parfum. «Ne vous occupez pas des fautes d’autrui, ni de leurs actes, ni de leurs négligences. «Semblable à une belle fleur brillante et sans parfum, la belle parole de celui qui ne la suit pas est sans fruit. «Semblable à une belle fleur brillante et parfumée, la belle parole de celui qui la suit est fructueuse. «De même qu’on peut faire de nombreuses guirlandes d’un monceau de fleurs, ainsi un homme né en ce monde doit accomplir de nombreuses bonnes actions. «L’odeur de fleurs ou du santal, ou de l’encens, ou du jasmin, n’est pas portée contre le vent ; mais l’odeur de sainteté est portée contre le vent. Dans toutes les directions, le saint homme répand le parfum (de sa vertu). «Bien au-dessus de l’odeur du santal ou de l’encens, ou du lotus, ou du jasmin, règne le parfum de la vertu. «Faible est l’odeur de l’encens et du santal ; mais l’odeur excellente de la vertu monte même au monde de dieux. «Comme un beau lys parfumé jaillit d’un monceau de déchets sur les bords de la route, de même le disciple du Sublime Eveillé (Bouddha) rayonne de sagesse parmi la masse des hommes ordinaires aveugles.»
Dans mon présent article, c’est en en des termes suivants que je formulerais la question terminale :
PAR QUELS FRUITS RECONNAÎTRE LES KONGO ?
Il me semble que les éléments de réponse autour de cette question a des enjeux qui ne devraient pas être sous-estimés.
Par rapport à ces enjeux, la question de savoir «quelle attitude adopter face aux propos injurieux dont quelques Kongo seraient l’objet de la part des originaires des régions de la RDC autres que le Kongo dia Kati» pourrait paraître dérisoire.
UN ESPOIR PEUT-ÊTRE
René Dumont est mort et avec lui s’en est allé l’auteur de «L’Afrique noire est mal partie», celui qui ne cessait de dénoncer le mal-développement et les responsabilités des Africains et de leurs conseillers occidentaux dans la faillite des indépendances. Depuis les indépendances des «conglomérats des tribus» – appelés abusivement «états nationaux» dans la mesure où aucun de ces états ne correspond à une nation – proclamées aux années soixante, l’Afrique noire paraît devoir être le bastion des pays du monde où la majorité des citoyens ont du mal à couvrir les besoins humains fondamentaux, en ce compris les besoins courants tels que avoir accès à l’eau potable, se nourrir convenablement, se protéger contre les vecteurs des maladies infectieuses de toutes sortes... Les quatre pays couvrant l’Espace Kongo – l’Angola, le Congo-Kinshasa, le Congo-Brazza, le Gabon – n’échappent pas à cette règle, et ce, malgré ou à cause d’immenses richesses dont regorge chacun d’entre eux.
Pourquoi ce «mal-développement»?
Le «mal-développement» en Afrique noire en général et dans les quatre pays couvrant l’Espace Kongo en particulier n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat des choix conçus et mis en œuvre par des acteurs sociaux des secteurs public, privé... placés sous la direction des gouvernants – choisis à l’intérieur du pays ou imposés de l’extérieur – dont la compétence et l’intégrité morale sont loin d’être les qualités les mieux partagées.
Comment sortir du «mal-développement»?
D’entrée de jeu, et dans une perspective s’inscrivant dans le cadre de l’approche systémique, je dirais qu’à travers le monde, les communautés humaines sont organisées en plusieurs niveaux hiérarchiques inter-reliés; les niveaux typiques étant : - la famille - la localité incluant des familles - la région incluant des localités (rurales et urbaines) - le territoire ou pays incluant des régions [Les pays étant inclus dans des continents, les continents sur la planète Terre et la planète Terre dans notre Système solaire]
Revenant à la voie de sortie du «mal-développement», je voudrais rappeler, sous la parole du Président Mobutu, que : «Il n’y a pas des mauvaises troupes, mais des mauvais chefs».
La voie de sortie du «mal-développement» paraît simple : «Des bons chefs à tous les niveaux de l’organisation sociale à partir de la famille jusqu’au pays en passant par la localité et la région.
Le défi majeur est celui-ci : Dans un contexte où la «médiocratie» est la règle et la «méritocratie» l’exception, où et comment découvrir des bons chefs ?
L’espoir est que des Kongo pleinement conscients de leur capacité à porter des bons fruits au service du prochain puissent être en mesure de contribuer positivement à la bonne gouvernance parmi les membres de différentes ethnies au sein des états hérités de la colonisation.
Les stratégies pour la conquête et l’exercice du pouvoir devraient être conçues et mises en œuvre dans ce but.
|