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Le
Phare (Kinshasa)
26 Septembre 2005
Publié sur le web
le 27 Septembre 2005
Kimp. Kinshasa
La secte «Bundu
dia Kongo», dont on ne parle presque plus depuis les événements de
juillet 2002 marqués par la mort d'une dizaine de ses adeptes à Luozi, Boma et Moanda,
traqués par les forces de l'ordre alors qu'ils voulaient célébrer le
40me anniversaire de la création de la province du Kongo Central, vient
de se rappeler à la mémoire collective.
Cette fois, Ne Muanda
Nsemi, son chef spirituel, a pris prétexte
de sonmessage daté du 14 septembre et
adressé au Secrétaire Général de l'Onu pour en distribuer des copies
dans plusieurs rédactions des journaux de Kinshasa le week-end
dernier.
Sa requête principale à Kofi Annan s'articule
autour de la mise en place, par les soins de la communauté
internationale, d'une nouvelle transition en République Démocratique
du Congo, dont la durée maximale serait de cinq ans.
Selon le gourou de Bundu
dia Kongo, ce timing serait à recenser les nationaux en vuede l'organisation d'élections sérieuses et
crédibles, à assainir les finances publiques, à réhabiliter les
infrastructures de base, à rétablir l'Etat de droit, à réconcilier
effectivement les Congolais entre eux, etc.
Parlant de la nouvelle architecture
institutionnelle, Ne Muanda Nsemil'imagine sous la formule d'un gouvernement
et d'un parlement devant regrouper les 10 Congolais les plus
populaires de chaque province de la République.
Naturellement, tous les animateurs
actuels des institutions de la Transition en devraient être exclus,
de même tous les compatriotes civils comme militaires mêlés dans des
crimes de guerre, crimes contre l'humanité, les actes de
cannibalisme, les pillages des ressources nationales, les
détournements des deniers publicsdurant les
années de guerre civile (1996-2003).
Afin que le peuple puisse s'identifier
clairement à ses futurs gouvernants, le numéro un de Bundu dia Kongo propose que le Kasaï occupe la
présidence de la République à travers la personne d'Etienne Tshisekedi, que la Primature revienne au Bas-Congo avec comme représentant lui-même Ne Muanda Nsemi, que la présidence
de l'Assemblée Nationale soit confiée à un Katangais et celle du Sénat
à un Kivutien. Le patron des Services des
renseignements viendrait de la Province Orientale. Quant à l'Etat-major
général de l'Armée, il devrait être
laissé à un originaire de l'Equateur, etc.
«En cette période critique, où la RDC
est bourrée de dettes, totalement désorganisée, délabrée, infiltrée,
une RDC où l'Etat n'existes plus , sans
économie, ni infrastructures, le tout
rendant ainsi l'organisation des élections crédibles très difficiles
et très coûteuses, cette formule permettrait de donner à la RDC un
gouvernement aimé et soutenu par le peuple, sans pour autant avoir
organisé des élections très coûteuses
et dans de mauvaises conditions», lit-on dans «Kongo dieto» n°
430, le bulletin du Département de l'Information de Bundu dia Kongo.
Comme texte fondamental devant régir le
pays dans sa nouvelle transition, la secte de Ne Muanda Nsemi propose la Constitution de Luluabourg
adoptée par référendum en
1964. L'une des recommandations ce patriote qui se croit investi
de la mission divine de sauver le Congo s'égrène ces
termes: «Monsieur le Secrétaire
Général de l'ONU, c'est la Troïka (Belgique, France, USA) qui a armé
et placé au pouvoir les belligérants de la formule
Un Plus Quatre, qui ont totalement
échoué. Mon peuple, le peuple congolais, ne veut plus voir ces
animateurs de l'actuelle transition au pouvoir. Ainsi, la
Troïka, qui leur a donné les armes
et le pouvoir, a l'obligation de retirer ces hommes du pouvoir, sans
effusion du sang de mon peuple, le
peuple congolais».
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