From: Franck NIOKA
Date: Sun Jun 26, 2005  8:45 pm
Subject: Moanda : les richesses naturelles sont un patrimoine mondiale et pas congolais

 


"Les richesse naturelles du Congo appartiennent à l'humanité et les congolais sont là par hasard et ne savent pas l'exploiter, pourquoi les laisser pourrir; si nous tuons 27 millions de congolais, ils seront suffisamment faibles pour ne plus réclamer quoi que ce soit", WASHINGTON POST




Honorables Kongo,


Yake mua pasi samu beto kuenda na n’tuala, samu n’singa yina fuana yikikisa
mayele na betu kele tete ya kuzengana zengana, pe yake pasi samu na kulonda yau.


Les Bakongo, le gouvernorat (je dirais plus, le gouverneur car c’est lui plus
que les deux autres qui détient le vrai pouvoir selon l’organisation
administrative actuelle), l’Etat congolais, l’intelligentsia Kongo, la
communauté internationale, personne n’a un réel souci social, économique et
environnemental de notre chère et possible belle province. Nous vivons sous le
coup de l’indifférence et de l’insouciance, maquillés par des discours sans
réalisations, et je ne parle pas de m’fuma car il est encore trop jeune, mais de
toutes ces organisations Kongo qui, disant lutter pour la province (Quelle lutte
?) n’ont jamais réussi à avoir une influence réelle sur le sort de la province.



J’ai remarqué que, dès qu’on parle emphytéose, tout le monde dégaine son arme
quelle que soit la marque (fédéraliste, kimpuanziste, pro collaborationniste,
etc…), ensuite chacun rentre dans son sommeil léthargique.



J’ai déjà dis, sur cette place, que ce « Moanda project » me faisait rire car
c’est un pic à nos rêveries intemporelles comme si la vie était-t-elle éternelle
et qu’il suffisait de bâtir le Bas-congo dans ses rêves pour se satisfaire du
travail accompli.



Revoici la situation exacte et non exhaustive des parties visibles de la
province et de là on peut faire des projections pour l’arrière pays :



1 Embouchure :

-Les maboto, Mon frère Londa, n’existent plus depuis longtemps !!! car ce
produit qui est rare, prisé et cher en Europe n’a pas été développé chez nous,
puisqu’il demande une technicité de décorticage que seul les indiens maîtrisent,
pour pouvoir accéder aux marchés occidentaux (voir la revue marchés tropicaux).
Donc oublie ça.

-La pollution, un dossier existe depuis plus de dix ans (voir François BULISI
(alliwoyo Kin)), ce dossier est connu de l’Etat congolais depuis l’époque de
Mobutu (où était kembukuswa), mais il n'intéresse personne jusqu’à ce jour, seul
green peace peux nous aider.

-Mangrove, un montant 21 millions USD est disponible tous les ans auprès de l’UNESCO pour la protection des mangroves dans le monde (en tant que lieu le
plus adapté pour la reproduction des espèces aquatiques) Moanda ne reçoit pas un
franc parce que personne ne plaide pour lui, tout l’argent va au Brésil, Gabon,
etc…. (Voir Yvette Kaboza ou Alphonsine PASI à l’UNESCO Paris (j’ai l’ai appris
d’elles lors d’une réunion de la Mission de l’UNESCO à Kinshasa 2003, je compte
d’ailleurs passer les voir comme je suis en Europe. Les mangroves sont devenus
aujourd’hui sources de bois de charbons (Je repense encore aux années soixante
quand je passais toutes mes vacances au village Mamputu, la chasse aux crabes
dans les mangroves était mon sport favoris sur les plages de Tompo).

-Energie : Moanda n’a pas d’électricité d’’INGa (il n’y a pas de lignes HT), les société pétrolières ont parait-il acheté deux groupes électrogènes pour renforcer le faible courant actuel, mais ces appareils traînent encore en Afrique du Sud faute de moyen (Voir Mampuya Emmanuel bras droit du Vice Gouv
Fuka qu m’en a parlé et qui est très au courant),
-Moanda n’est pas accessible par route (Le vice Fuka lorsqu’il était le principal de la province avait convaincu les pétroliers de financer la réhabilitation de cette route (ils ont donné leur accord de principe à raison de 7.5 millions USD/an et 15 M usd suffisait pour la rendre praticable) mais ses successeurs n’ont pas continué les négociations
-L’érosion de la coté Atlantique a déjà dépassé la côte d’alerte sans qu’une
initiative ne se fasse.

- Le Kakongo est coupé du monde et son café et cacao pourrit en foret faute de
moyen de transport

- Les pêcheurs de Moanda peuvent avoir de la baleine qui croisent depuis quelques années dans les eaux territoriales et vous connaissez la valeur de ses ailes ; mais faute d’organisation, la qte péchée est très faible pour faire des bonnes affaires.



Demain je vous ferais la suite en commençant par Boma qui s’enlaidit de plus en plus et le Mayombe dont une récente étude démontre qu’avec 100 M USD son économie peut repartir.



Conclusion, je pense que l’emphytéose est une vue de l’esprit universitaire, il n’est pas mauvais comme sujet pour doctorant ou rêves pour révoltés congolais ou étrangers qui vit ou voit la mort du Bas congo, et il ne faut pas l’empêcher par des discours, car on n’injurie pas un promoteur immobilier qui chercher à racheter votre parcelle que vous ne savez pas entretenir, mais plutôt parlez lui des projets que pouviez réaliser si vous aviez eu de l’argent comme lui et vous ferez un débat constructif



Imaginez que le Bas Congo reçoive un prêt de 1 G Usd et que nous décidons de creuser un canal Boma-Tshela pour évacuer toute production, réhabiliter toutes les plantations de Cacao du Mayombe et en créer d’autres dans les Cataractes pour entrer dans la cour des grands, relancer les élevages des cataractes,
produire des tilapias dans touts les Bas Congo pour contrer les Thomson de la mer du nord et de la Namibie, acheter des bateaux passagers pour Moanda-Matadi, Construire le tronçon Kimpese Malanga avec des vrais bacs pour Luozi, relier une route Manianga-Kinzao, réhabiliter les grottes et jardins des cataractes et Lukaya, réorienter l'agriculture de la Lukaya pour court circuiter certains produits des grandes consommations qui viennent de l’étranger à destination de Kinshasa, réhabiliter la distribution du courant dans toutes les grandes agglomérations, construire deux quais en eau profondes et racheter des vrais
dragues pour le fleuves afin de court-circuiter Pointe noire,
lancer la région dans des grandes plantations de mono cultures intensives destinés à l’export, etc, etc…, en trois ans quel sera le visage du Bas Congo et cinq ans plus tard ne pourrions nous pas amorcer le remboursement de ce Giga dollars et n’avons-nous pas toutes les ressources humaines pour cela ?


Ceci est un rêve c’est vrai, mais nous réfléchissons déjà à la mise en place d’une chambre de commerce et d‘industrie de Moanda pour avoir une structure formelle et pratique de réflexion et d’élaboration de projets.



Mers frères, arrêtons de pleurer et préparons les esprits, non plus pour les discours et les textes travaillés, mais pour travailler et bâtir, c’est pourquoi je lance souvent un appel au scientifiques ingénieurs et techniciens de cette province de nous mobiliser et commencer à se rencontrer, prenons le pouvoir
économique pour améliorer la situation sociale et environnementale afin de permettre qu’un jour nos discoureurs puissent avoir le vrai pouvoir politique pour peser sur la scène nationale