|
Pour
une nouvelle organisation de l’Exécutif congolais (Zanzala) «Le
plan bateau qui répartit le Pouvoir exécutif entre le Président de la
République et le Gouvernement n’est pas productif au Congo où le monolithisme
formé en son sein et l’incompétence de ses acteurs, ont conduit le pays à un
chaos total. Tous les gouvernements qui se sont succédé, dans ce pays, ont
lamentablement raté d’accomplir leurs principales missions : celles qui consistent
à gérer équitablement les ressources naturelles et humaines, et les services
de l’Etat, et en assurer la bonne distribution
entre les citoyens. Dans
ce chapitre, nous proposons une nouvelle organisation du Pouvoir exécutif au
Congo. A
notre avis, il s’avère nécessaire d’enrichir le Pouvoir exécutif congolais
avec d’autres institutions: les Conseils nationaux, composés et animés par
des professionnels ou techniciens qui vont agir dans des domaines spécialisés
de la vie nationale. Et, cette organisation ne devra pas dépendre du
politique. Elle est sociale et économique et devra rester comme telle, malgré
les changements politiques qui peuvent surgir dans le pays. A
cause de son immunité, elle sera la base de la stabilité des autres
institutions du pays. C’est ainsi, nous aurons le Conseil national de la
Décentralisation et de la Gestion du pétrole, le Conseil national de la Santé
et de l’Hygiène publique, le Conseil national de la Sécurité et de la
Défense, le Conseil national de l’Education, de
l’Emploi et des Ressources humaines, et le gouvernement. Le
Conseil national de la Décentralisation et de la Gestion du pétrole «Composé
des représentants élus des régions et d’un représentant de la Présidence de
la République, le Conseil national de la Décentralisation et de la Gestion du
pétrole est l’institution de l’Etat qui organise
les structures administratives, les pouvoirs et la gestion des régions, et
manage, d’une manière autonome, toutes les questions liées au pétrole:
exploitation, contrats pétroliers, raffinage, transport, commercialisation et
compte d’épargne à l’étranger. Cette
organisation permettra aux Collectivités locales d’avoir une mainmise sur le
pétrole (première ressource financière du pays) et favorisera un
développement de tout l’arrière du pays, parce que les recettes pétrolières
ne devront plus être simplement utilisées pour payer les salaires des
fonctionnaires. Elles serviront avant tout au financement des projets de
développement : infrastructures (routes, voies ferrées) et des installations
territoriales (services, écoles, universités et hôpitaux). Le
Conseil national de la Décentralisation et de la Gestion du pétrole tient une
session annuelle pour faire le bilan de son action. Son partenaire immédiat
est l’Assemblée nationale qui lui transmet les projets de développement
prioritaires, arrêtés dans les régions, avec les coûts de la réalisation, et
qui sont présentés et retenus à l’Assemblée nationale. Cette fonction
permettra aux députés de cesser d’être des « poètes du pouvoir » parce
qu’elle les poussera à s’entourer des techniciens et des conseillers
spécialisés dans des différents domaines de la vie nationale. Et, l’on
pourrait parler à ce moment des sièges
ou cabinets parlementaires. Le
Conseil national de la Santé et de l’Hygiène publique «Composé
des techniciens et experts sur les questions de la Santé et de l’Hygiène
publique, élus au sein de cette même profession, le Conseil national de la
Santé et de l’Hygiène publique élabore et applique les actions et
prescriptions relatives à la protection de la Santé des citoyens. Il manage le Fonds national de la Santé (une
sorte d’assurance maladie, obtenue à partir d’un impôt de solidarité payé par
tous les citoyens qui exercent une activité
lucrative), gère tout le
personnel évoluant dans le domaine de la Santé et de l’Hygiène publique,
délivre les licences ou certificats qui permettent d’exercer une activité
dans le domaine de la Santé et de l’Hygiène publique. Le Conseil national de
la Santé et de l’Hygiène publique présente et défend sa politique générale
devant le Parlement de la République. » Le
Conseil national de la Sécurité et de la Défense «Composé
par les Commandements de tous les services de la Force publique (Forces
armées congolaises et la Gendarmerie), le Conseil national de la Sécurité et
de la Défense veille à ce que l’Etat et toutes ses
institutions, les biens publics et privés, et les citoyens ne soient pas
exposés à un danger, à aucun risque d’agression physique, d’accident, de vol
et de détérioration. Il gère tout le personnel évoluant dans les services de
Sécurité et de Défense. Le Conseil national de la Sécurité et de la Défense
présente et défend sa politique devant le Parlement de la République. » Cependant,
la Police est auxiliaire de la Justice. Elle ne doit pas faire partie du
Conseil national de la Sécurité et de la Défense. Elle est attachée à la
Justice qui, elle, ne fait pas partie de l’Exécutif. Par ailleurs, partant du
phénomène des milices privées qui a endeuillé le pays, la création des services
privés de sécurité ne devrait pas être autorisée. Parce que des leaders
politiques malintentionnés et qui sont toujours en manque des idées
positives, risqueront de se cacher derrière les services privés de sécurité
pour continuer à créer des milices. Le
Conseil national de l’Education, de l’Emploi et de
la Gestion des ressources humaines Composé
des représentants des associations des parents d’élèves et des enseignants, de
tous les syndicats des travailleurs, des représentants des associations des
opérateurs économiques élus au sein de cette couche sociale, le Conseil
national de l’Education, de l’Emploi et de la
Gestion des ressources humaines élabore la politique de l’Education
nationale et de l’Emploi. Il définit et programme la formation dispensée par
rapport aux besoins de la Nation et sert de service d’orientation pour les
ressources humaines. Le Conseil national de l’Education,
de l’Emploi et de la Gestion des ressources humaines présente et défend sa
politique générale devant le Parlement de la République. Cette
organisation permet de réunir au sein d’une même administration toutes les
activités liées à l’Education, l’Emploi, la
formation professionnelle, l’assurance chômage et toutes les formes de
pensions. Ce qui veut dire que chaque citoyen congolais sera suivi et orienté
depuis ses premières années scolaires jusqu’à la fin de sa vie. Ce système
qui s’inspire de la «flexsécurité » danoise :
un nouveau modèle social, forgé à partir des mots flexible c’est-à-dire
souple, et sécurité c’est-à-dire garantie,
a déjà fait ses preuves au Danemark dans la lutte contre le chômage,
la formation continue et la création des emplois. Dans ce royaume de 5,4
millions d'habitants, le taux de chômage est de 6,2% de la population active,
alors qu'il était de 12% en 1994. D’ailleurs, à en croire, la journaliste
Colette Thomas de Rfi, le nouveau Premier Ministre français, Dominique de Villepin, se serait, lui aussi, inspiré de ce système
pour élaborer sa politique de la lutte contre le chômage en France. Le
Gouvernement Composé
par des personnalités nommées par le
Président de la République, dans le cas d’un régime présidentiel, ou par le
Premier ministre, cas d’un régime parlementaire, le gouvernement s’atèle dans
les relations entre les citoyens, les relations entre le Congo et les autres
pays et les institutions internationales. Il est l’organe qui définit le mode
d’exploitation directe des services publics et coordonne la Régie financière.
Ses domaines de prédilection sont : les Droits de l‘Homme et la Culture
démocratique ; la Coopération internationale ; les Finances et le
Commerce ; l’Agriculture, l’Elevage, la Pêche
et l’Environnement ; l’Urbanisme et l’Habitat ; le Tourisme et la
Culture ; les Mines, l’Industrie
et l’Energie; les Postes et les Télécommunications, les Affaires sociales,
la protection de la vie et le Sport.
Le Gouvernement présente et défend sa politique devant le Parlement de
la République. Le
Conseil exécutif Composé
par le président de la République (le Chef de l’Exécutif), les membres du
gouvernement et de tous les chefs des Conseils nationaux, le Conseil exécutif
analyse et fait le point de toutes les activités menées au sein du
Gouvernement et des Conseils nationaux. Il est convoqué par le Président de la République »,
Congo-Brazza, une nation et un peuple
tués par ses politiciens, PP. 196-199 «Néanmoins,
l’on devrait cesser de mettre la Justice et la Presse sous tutelle des
ministères qui, en réalité, ne font que réduire leurs forces et limiter leurs
missions et leurs actions. Il faudra les laisser s’organiser, elles-mêmes, au
sein des institutions recommandées par la Constitution. Cette formule,
ajoutée à la traditionnelle notion de Séparation des pouvoirs de
Montesquieu, permettra au Congo comme
aux autres pays du monde qui ont du mal à vivre la démocratie, d’être des
Nations et des Etats forts où les dictateurs
n’auront plus la moindre possibilité de faire passer leurs idéologies »,
Congo-Brazza, une nation et un peuple tués par ses
politiciens, p. 186. Par
ailleurs, cette nouvelle organisation de l’Exécutif réduira le nombre des
membres du gouvernement, et donnera lieu à deux types de fonctionnaires : On aura, en
effet, les fonctionnaires de l’Etat, et les
fonctionnaires locaux ou départementaux. Une façon de repeupler nos campagnes
et de freiner l’exode rural. Nouvelle Organisation de l’Exécutif congolais
Le Congo étant réparti sur dix
départements administratifs, cette nouvelle organisation du Pouvoir Exécutif,
notamment dans la composition du gouvernement permet d’éradiquer le
tribalisme ou le régionalisme d’Etat. Pour la
simple raison que l’ethnocentrisme qui mine les partis politiques sera
freiner par le principe «une région,
un ministre» 5/De
l’eau et l’électricité Compte
tenu des atouts incommensurables qu’offre le Congo, l’eau et l’électricité
devraient être comptées parmi les droits fondamentaux des citoyens. Elles ne
sont pas des denrées de luxe, mais sont une nécessité pour la vie. Pour cela,
les sociétés d’électricité et de distribution d’eau ne devraient pas être
privatisées. Non seulement parce que ces deux domaines sont liés à la vie et
à la sécurité des populations, mais aussi parce que c’est dans ces domaines
que l’Etat doit faire preuve de ses missions
sociales. 5/Une
Assemblée nationale qui intègre les représentants de la société civile «L’Assemblée nationale doit cesser d’être composée
uniquement, c’est-à-dire à 100% par des « poètes du pouvoir »,
c’est-à-dire les représentants des partis politiques qui, en réalité ne
viennent que pour défendre les intérêts de leurs leaders politiques, leurs
patrons, et non ceux du peuple qui les a élus. L’Assemblée
nationale doit aussi intégrer des représentants de la Société civile pour
qu’à l’avenir, les quotas au sein de cette grande et déterminante institution
pour le développement, l’unité, la paix et la reconstruction du Congo, soient
équilibrés et que les débats soient plus orientés vers les problèmes
socio-économiques et culturels qui préoccupent les Congolais et non vers la
politique qui les divise et tue la Nation. Seuls
les Conseils d’arrondissements, les Conseils de districts et l’élection
présidentielle devront être soumis à un vote populaire. Les Conseils municipaux devront
émaner des votes au sein des Conseils d’arrondissements. Cependant, les
Conseils régionaux, composés des conseillers municipaux et des conseillers
des districts, devront élire à leur tour les députés à l’Assemblée nationale
(…) Ce système permettra non seulement de mettre fin aux graves irrégularités
et fraudes souvent enregistrées dans l’organisation des élections, mais il
pourra aussi décongestionner l’appareil étatique et alléger ses
dépenses », Congo-Brazza, une nation et un
peuple tués par ses politiciens, pp. 182 - 183 Le
siège du Parlement devrait aussi prendre un nom qui définit et résume les
missions fondamentales de cette institution. Nous proposons le mot «mbongui», dont le sens et la signification sont connus de
tous les Congolais. 6/
Seule la Justice pourra rétablir l’unité et la paix «Si
l’on y prend garde, le Congo risque de
rentrer dans un cercle infernal ou la guerre sera le seul moyen pour les
ethnies de s’affirmer et de venger leurs morts et leurs biens détruits. Déjà
une certaine opinion nationale trouve dans les opérations militaires de Goma Tsé-Tsé, dans la région du
Pool (Sud du Congo), qui ont mis fin au maquis du lieutenant Ange Diawara, en
1972, sous le règne de Marien Ngouabi, et qui ont
coûté la vie à plusieurs habitants de cette localité, à cause des dérapages
de l’Armée, une revanche des Mbochi (tribu du Nord-Congo) sur les Laari
(population du Pool), après la guerre tribale de 1959 ; les représailles
militaires d’Ikonongo, dans la région de la Cuvette
(Nord du pays), en 1987, lors de la rébellion du capitaine Pierre Anga, au cours desquelles beaucoup de Congolais avaient
été innocemment et maladroitement tués par l’Armée, et dont les opérations
seraient dirigées par un officier originaire du Pool, comme étant la réplique
des populations du Pool sur les massacres de Goma
Tsé-Tsé. Les opérations de police en 1999-2002, dans les quartiers sud de
Brazzaville et dans les régions du Pool, considérés comme fiefs de Bernard Kolélas, sont prises par beaucoup de Congolais pour une
forme de guerre menée par le pouvoir de Sassou-Nguesso
contre les partisans du leader du Mcddi, en exil à
l’étranger. Une façon de venger les morts de la guerre déclenchée le 5 juin
1997. Après
les guerres de 1993-1994, 1997, 1998 et 2002, au cours desquelles les
populations du Sud comme celles du Nord ont payé un lourd tribut, le Congo
risque d’éprouver beaucoup de difficultés
pour revenir à la paix effective et à la réconciliation réelle. Des
simples opérations de police qui visent à arrêter des délinquants comme celle
du 5 juin 1997, à récupérer les armes de guerre illégalement détenues par des
civils comme celles de 1999-2002, et d’autres missions de surveillance ou de
sécurisation, conçues sous un angle politique et tribaliste, et qui seront
confiées à la Force Publique, risqueront encore de servir de prétexte, même
pendant la période d’accalmie, aux revanchards de continuer autrement la
guerre. Que faire ? (…) Pour ramener une paix durable au Congo, la
Communauté internationale devrait, à tout prix, s’impliquer, dès aujourd’hui.
Elle doit, dans un premier temps aider les Congolais à sortir de leur mutisme
et de leur traumatisme. Le Président Denis Sassou-Nguesso
propose, dans une interview publiée par Jeune Afrique, n° 2022, p.23,
de recourir à la Justice : «Ceux d’entre eux que la Justice aura estimés
coupables devront chercher d’autres occupations, y compris moi-même.» Depuis
son exil à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le président fondateur du Mouvement
congolais pour la démocratie et le développement intégral (Mcddi), ancien maire élu de Brazzaville, et dernier
Premier ministre de l’ancien Président de la République, Pascal Lissouba, emboîte le pas à Sassou-Nguesso.
En effet, dans une interview à La Semaine Africaine n°2429, p.3, Kolélas réclame un procès radio-télévisé
sur ce qui lui est reproché et annonce son retour à Brazzaville :
«J’arrive. Je demanderai seulement que ce procès soit public et radiodiffusé,
et que la communauté internationale ouvre les oreilles pour savoir.»,
déclare-t-il entre autres. «Pourtant,
ces propositions devraient être soutenues par la Communauté Internationale
qui, dans un premier temps, devra, avec l’aide des églises et des
associations de défense des droits de l’homme, identifier les crimes commis
pendant les différentes guerres civiles, puis en chercher les auteurs
principaux pour qu’ils soient traduits devant une Cour Internationale de
Justice. La
Concertation politique, la Table ronde, le Dialogue National sans Exclusive,
la Réconciliation des leaders politiques et l’Amnistie générale… constituent,
à notre avis, une mafia politique qui ne permettra pas au Congo de panser ses
plaies et de tourner définitivement sa page noire. Au contraire, ils
réhabiliteront tous les délinquants politiques et les criminels de guerre,
qui risqueront, après des années, d’exhumer la hache de guerre, pour venger
leurs honneurs bafoués, leurs maisons saccagées, leurs biens pillés, leurs
parents et leurs militants tués pendant les guerres. De même, le retour de
certains leaders politiques, réclamés par une certaine opinion nationale et
internationale, risquera encore de compliquer la situation dans ce pays qui
n’a pas encore recouvré sa santé. L’organisation
d’une grande cérémonie de réconciliation à l’image de la Commission Justice
et Paix, en Afrique du Sud, après l’Apartheid, proposée par l’hebdomadaire La
Semaine Africaine, dans son édition du 26 avril 2001, risquera
encore d’accoucher d’une souris comme la Conférence Nationale Souveraine, en
1991, et le Dialogue National sans Exclusive, en 2001. Faire peser, d’une
manière permanente, la menace de
guerre ou organiser régulièrement des opérations militaires, des
arrestations et des enlèvements arbitraires dans les régions ou les quartiers
considérés comme fiefs de tel ou tel autre leader politique pour intimider les
populations et obtenir leur soumission et leurs suffrages ou les contraindre
à pendre le chemin de l’exil, n’est pas non plus une solution pour rétablir
la paix durable dans le pays. D’ailleurs, en agissant ainsi, on ne fait que
reporter la guerre à une date ultérieure.»,
in Congo-Brazza, une nation et un
peuple tués par ses policitiens, pp.183-186. Cependant, Denis Sassou-Nguesso
et Bernard Kolélas sont-ils simplement
court-circuités, dans leur logique et engagement, par leurs alliés ou sur-alliés
qui, à vrai dire, ne sont pas des
politiciens mais des simples «gabarreurs » ou des
«malanda ngombé»
comme dirait l’autre. Parce que ne
jurant et ne vivant qu’aux dépens de ces deux grands leaders politiques! Pourquoi la presse et la classe politique congolaise
n’ont-elles pas soutenu et encouragé cette démarche? Qui finalement a peur de la Justice? Nous
parlons de la Justice sur les guerres qu’a connues le Congo entre 1993 et
2002, et non sur l’affaire des disparus du Beach de
Brazzaville qui, en réalité, elle, n’est qu’une simple conséquence de toutes
ces «guerres en accordéon». Aussi, pourquoi les politiciens congolais
manquent-ils d’égards envers leur peuple? Parce que pour des cœurs tant soit
humains surtout pour le respect de la mémoire de ces milliers de victimes
innocentes faites par eux, ce n’est pas de la refondation ou non des partis
politiques qu’il faut débattre, mais plutôt de la dissolution de tous les
partis qui ont entretenu des milices et participé aux différentes guerres qui
ont endeuillé et dévasté le pays. De
l’Enseignement technique et professionnel : La clé de la réussite «Depuis
des décennies, l’Enseignement technique et professionnel a toujours occupé
une place de choix dans les gouvernements et les projets de société des leaders
politiques qui pensent que la formation dispensée dans cette branche de l’Education nationale, peut permettre facilement à ceux qui
la reçoivent d’entrer facilement dans le monde du travail. Les gouvernements
se sont succédé, chacun avec sa théorie et ses plans
pour tenter d’établir une forte liaison entre la formation et l’emploi. Mais,
quand on fait le bilan de tout ce qui a été fait et dit pendant plus de
trente ans, on peut déduire, sans se tromper, que tous les gouvernements et
les projets de société ont lamentablement échoué. Et, la formule « Une
formation, un emploi » devenue pourtant le leitmotiv de tous les
gouvernements du monde dans le domaine de la formation, n’a pas réussi au Congo. Pour cause, le manque
d’une stratégie communément élaborée par l’Etat,
notamment le ministère de l’Enseignement technique et professionnel, le
ministère de l’Economie et des Finances, les
banques, les opérateurs économiques, les syndicats et les institutions de
formation ou de conseil dans la création des entreprises. Pourtant, une
synergie entre tous ces acteurs précités s’impose. Voici comment cela peut
fonctionner. Mais, il faudra avant tout revoir, dans le contenu et la forme,
de l’enseignement technique et
professionnel et confier cette branche de l’Education
nationale au Conseil national de l’Education, de
l’Emploi et de la Gestion des Ressources humaines qui a la charge de définir et programmer la formation
dispensée par rapport aux besoins de la Nation , de servir de service
d’orientation pour les ressources humaines et de suivre les écoliers depuis
leurs premières classes jusqu’à leur admission à la retraite. Pour
éviter la fraude et permettre la bonne
gestion des ressources humaines, le Conseil national de l’Education,
de l’Emploi et de la Gestion des Ressources humaines pourra établir des
numéros matricules à travers lesquels
chaque écolier, élève, étudiant,
travailleur et pensionnaires sera identifié. Ces numéros d’inscription et
d’identification pourront aussi être utilisés pour d’autres besoins (sécurité
sociale, hospitalisation, emploi…) Dans
les cycles ou la formation dure trois, quatre ans ou
plus, il doit être institutionnalisé un stage pour les écoliers ou étudiants
en fin de cycle dans les entreprises, garages ou ateliers pour une durée de
trois mois maximum. Le stage dans les entreprises, garages ou ateliers
permettra aux écoliers ou étudiants non seulement de tester les connaissances
acquises, mais aussi de découvrir le monde du travail, le langage et les
contours de leurs futurs métiers ou professions et d’apprendre à gérer une
vie professionnelle et une vie d’entreprise. Pour
ce premier aspect, le Conseil national de l’Education,
de l’Emploi et de la Gestion des Ressources humaines doit se faire des
partenaires parmi les entreprises, les ateliers et les garages privés. Il
doit les équiper avec du matériel moderne pour qu’ils soient capables
d’accueillir les stagiaires et leur assurer une bonne formation pratique. Partant
de ce plan, l’année académique ou scolaire dans les établissements qui
dispensent l’Enseignement technique et professionnel, notamment chez les
écoliers ou étudiants en fin de cycle, doit être répartie comme suit : Premier
trimestre : enseignement normal Deuxième
trimestre : stage dans les ateliers ou garages, partenaires du Conseil national
de l’Education
et de la Gestion des Ressources humaines. Le
troisième trimestre devra permettre aux écoliers ou étudiants, revenus des
stages, de confectionner leurs propres projets de création d’entreprises.
Dans cette activité, ils doivent être accompagnés ou assistés par les
institutions de formation ou de conseil dans la création des entreprises
comme le Forum des Jeunes Entreprises, le Centre de Formalité des
Entreprises… Ils doivent rédiger leurs projets, sous forme de mémoire, en
mentionnant, bien sûr, les coûts de réalisation. Cependant,
le Conseil national de l’Education, de l’Emploi et
des Ressources humaines devra constituer une banque de données, encourager le
regroupement des écoliers ou étudiants qui ont les mêmes visions ou projets
et faciliter leur accès au crédit ou au sponsoring. L’industrialisation,
la clé du développement et de la lutte
contre le chômage Un
regard sur le rétroviseur, permet de
dire que parmi tous les présidents qui se sont succédé au pouvoir, seul le
président Alphonse Massamba-Débat (1963-1968) avait
mis à la première page de son Projet de société, l’industrialisation du
Congo. Nos aînés peuvent se rappeler, sur cette question, de la cimenterie de
Loutété, la sucrerie de Jacob, la textile de Kinsoundi à Brazzaville…Pour ne citer que ces quelques
usines dont les bâtiments toujours debout comme des termitières, rappellent encore le beau vieux temps où le
Congo non seulement comptait parmi les pays africains qui avaient, quelques
années seulement après leurs indépendances, pris le chemin du développement,
mais aussi le temps où les Congolais se la coulaient douce et trouvaient
facilement du travail. Parce que les quelques industries qui existaient dans
le pays avaient favorisé la floraison d’autres petites industries et des
emplois. Et, il devait en être ainsi jusqu’à nos jours! Malheureusement, le relais n’a pas été
pris. Tous les présidents qui se sont
succédé au Président Alphonse Massamba-Débat ont,
eux, emprunté d’autres chemins. Ils
n’ont pas continué à industrialiser le pays ni à préserver les quelques
industries déjà existantes et acquises. Pourtant, l’industrie devrait rester la base
de tous les autres secteurs de l’économie du Congo. C’est cette industrie qui
allait donc soutenir toutes les autres activités à savoir: l’exploitation du
pétrole et du bois, la pêche, l’élevage et l’agriculture mis en exergue ou
déclarés «priorité des priorités» par
tous les successeurs de Massamba-Débat. Elle
devrait favoriser, en amont comme en aval, la création d’autres industries. Le
développement des autres secteurs de l’économie: le transport, le commerce,
l’urbanisation, le tourisme, la culture… allait suivre de soi. Dans des pays
développés, il n’ y a plus un secteur indépendant ou absolu. Toutes les
activités s’agrippent autour de l’Industrie, leur mère. On parle de
l’industrie pétrolière, de l’industrie forestière, l’industrie métallurgique
ou sidérurgique, l’industrie touristique, l’industrie agricole, l’industrie
alimentaire, de l’industrie culturelle… Et, ce sont toutes ces industries qui
naissent autour de la grande Industrie qui créent des emplois. Et, non
l’agriculture, l’élevage et la pêche pris d’une manière séparée. En clair, au
lieu d’exporter des produits bruts, ces régimes politiques qui ont suivi
après celui d’Alphonse Massamba-Débat devraient
aussi obtenir de leurs partenaires étrangers la transformation sur place de
quelques matières premières. Parce que
nous sommes persuadés que si en amont et en aval de toutes les activités
économiques, nos gouvernements plaçaient l’industrie, nous sommes sûrs que le
Congo reviendra sur le chemin du développement, et le chômage sera rapidement
éradiqué. Privatiser
les principaux axes du réseau routier ! Privatiser
les routes? Cela paraît très étrange et invraisemblable pour les Congolais
qui, jusque-là, ne connaissent que la Banque Mondiale et l’Union Européenne
comme investisseurs, et l’Etat congolais comme
propriétaire des routes. Ils devront sans doute pouffer de rire dans leurs
salons, leurs bureaux et dans les débits de boisson où ils vont commenter
cette libre opinion! Pourtant, dans beaucoup de pays d’Europe, notamment en
France et en Italie, pour ne citer que ces deux cas, la chose marche très
bien! Plusieurs routes principales, voire des autoroutes qui desservent les
localités lointaines et les pays frontaliers, ont été construites et
appartiennent à des sociétés privées. En
Hongrie, il y a une autoroute qui appartient à une société française qui l’a
financée, construite et qui la gère indépendamment du gouvernement hongrois.
Les automobilistes qui s’en servent, sont simplement soumis à un système de
péage. Au Congo, un seul entrepreneur, Jean Paul Matsima,
avait compris cela. Un simple canular ou un réel projet? En tout cas le
sérieux de cet homme d’affaires congolais qui a déjà fait ses preuves en
sauvant la vie de plusieurs structures publiques, fait croire que Jean-Paul Matsima était prêt à investir ses capitaux dans la route
congolaise. On parlait, en ces temps, du tronçon Terminus Moukondo-gare
ferroviaire de Mfilou, à Brazzaville. Mais,
Jean-Paul Matsima n’avait pas réussi à convaincre
les autorités congolaises. Privatiser
les routes au Congo? Oui cela vaut la peine! Puisque l’Etat
congolais qui est propriétaire de tout le réseau routier est incapable de
financer, de construire et d’entretenir une route sans l’aide d’une
institution internationale. Pour preuve, que sont devenues toutes ces routes
construites pendant le Plan quinquennal, initié par le premier régime de Sassou-Nguesso, entre 1979 et 1992? Sont-elles toutes en
bon état ou praticables? Sont-elles encore dignes d’être appelées routes? Et,
pourquoi toutes ces routes construites avec beaucoup d’argent et dans une
ambiance de campagne super médiatisée, se soient aussi dégradées rapidement
au vu et au su de l’Etat et de tous les Congolais,
pour ne leur laisser qu’une grosse dette financière vis-à-vis des
institutions internationales qui les avaient financées? Nous voulons
simplement partir de ce bilan négatif du plan quinquennal et de la grosse
dette que ce plan quinquennal a laissée au pays pour dire qu’au Congo, l’Etat ne doit plus être le seul propriétaire du réseau
routier. Les opérateurs économiques nationaux et internationaux doivent
s’intéresser à ce secteur qui non seulement est un facteur déterminant pour
le développement du Congo et de la sous-région (le
Congo étant un pays de transit), mais aussi un secteur qui peut développer
d’autres secteurs de l’économie nationale, et créer beaucoup d’emplois.
Imaginez le nombre de stations d’essence, de commerces et d’hôtels qui
peuvent être installés le long d’une autoroute qui part de Pointe-Noire et
qui traverse tout le pays pour aboutir au Cameroun, avec des brettelles qui
permettent de joindre le Gabon, le Centrafrique, le Cabinda et le
Congo-Kinshasa. Le nombre de cantonniers qu’une société propriétaire ou
gérante d’une telle autoroute peut avoir besoin ! Pour
ce faire, au lieu de prendre beaucoup de crédits à la Banque Mondiale et à
l’Union Européenne, l’Etat congolais ferait mieux
de négocier directement avec les sociétés propriétaires des routes qui ont
déjà fait leurs preuves dans la construction, l’entretien et la gestion des
réseaux routiers dans certains pays. Conclusion Nous
rappelons à nos lecteurs que ce dossier est loin d’être un Projet de société,
un diktat ou un dogme. Il n’est qu’une réflexion personnelle, une
contribution à la démocratie, au développement du Congo et à la consolidation
du socle de la Nation et du Peuple congolais. Un rêve sur un pays qui a tous
les atouts pour rendre heureux tous ceux qui y habitent. Les politologues,
les juristes, les économistes, les historiens… s’ils n’ont pas tous
démissionné à leurs missions, y trouveront, sans doute, beaucoup
d’incohérences. Non seulement, ils ont raison ! Mais aussi, ils ont le
droit de critiquer notre travail. Et, c’est volontiers d’ailleurs que nous
accepterons leurs critiques et remarques. Leurs réactions peuvent directement
être envoyées à La Semaine Africaine qui les publiera. J’ai
fait un rêve : Le
Congo a retiré son deuil et mis un manteau vert ! |
Les autres
sujets de ce dossier : ·
Les principales
groupes ethniques du Congo-Brazza |