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J’ai fait un rêve : Le Congo a
retiré son deuil et mis un manteau vert ! Une
contribution à la démocratie et au développement du Congo Ce dossier est
dédié à toutes celles et tous ceux qui aiment le Congo et oeuvrent pour son
développement Par Serge Armand
ZANZALA, Journaliste et
écrivain, directeur de rédaction de Collection Page d’Histoire et
coordonnateur principal de l’association Rendre la Terre Vivable Introduction : Le Congo est un
pays riche, très riche d’ailleurs! Riche dans sa diversité ethnique (sa
première richesse) ; riche dans ses ressources humaines (diversité
d’opinions, de talents, de formations et de cadres dans différents
domaines) ; riche dans ses ressources naturelles parce que son climat,
son hydrographie, son relief, son sol et son sous-sol sont des grands atouts
pour mettre ce pays sur les voies du développement, rendre heureux tous les Congolais et instaurer une
véritable démocratie. Cependant, son passé (colonisation, idéologies
importées et mal assimilées..), son manque d’une conscience intellectuelle,
la crainte d’innover de ses politiciens… l’ont conduit sur le sentier de la
mort où il agonise! Pourtant, ses propres atouts humains et naturels constituent
ses seuls et grands remèdes. La démocratie et le développement du Congo ne
viendront pas du Fonds monétaire international (Fmi) qui, lui, ne fait que
proposer des solutions aux
gouvernements; ni de la Banque Mondiale qui, elle, comme toutes les
banques ne prêtent qu’avec intérêts. Ils ne viendront non plus de la «Mère
Patrie » qui, à vrai dire, n’est qu’une marâtre. D’ailleurs, elle-même
aussi a ses enfants à nourrir. Il n’y aura jamais un Plan Marshall pour le
Congo ! Dans cette
contribution à la démocratie et au développement du Congo, Rendre la Terre
Vivable (une association humanitaire créée et enregistrée à Vienne, en
Autriche) entend démontrer comment le Congo pourra-t-il prendre le chemin du
développement et redevenir une Nation et un Peuple. Nous partons de
quelques extraits de notre chronique sur les guerres du Congo, titrée Congo-Brazza,
une nation et un peuple tués par ses politiciens, parue aux Editions des
Ecrivains en 2003, de notre roman Les Blancs ne sont beaux que quand
ils sourient, paru aux mêmes Editions en 2002, et de quelques articles
publiés dans le site Internet Congo Média et pris dans La Semaine
Africaine pour convaincre les Congolais à œuvrer pour la renaissance de
leur Nation et Peuple, et à aider les politiciens à gouverner autrement le
Congo. Mais, les
Congolais doivent avant tout lutter contre le racisme d’Etat des grandes
puissances occidentales qui les déconsidèrent et les jettent au bas du
classement après le pétrole, le bois et les autres matières premières.
Pourtant, pour le cas du Congo comme celui de beaucoup de pays du monde,
injustement qualifiés de pauvres, la diversité ethnique et les ressources
humaines constituent la première richesse et le premier atout pour la
démocratie et le développement. L’homme est le moteur du développement! Un
tour d’horizon montre qu’aujourd’hui, beaucoup de pays, même ceux qui n’ont pas des sols ou sous-sols
riches comme le Congo, se développent rapidement grâce au génie créateur de
leurs ressources humaines. Le pétrole, le bois… ne suffisent plus pour
développer un pays. Mais, il faut des têtes qui pensent et des mains qui
matérialisent les pensées. Sassou-Nguesso,
un symbole raté de la politique congolaise ? «Il y a dans la
vie, notamment dans l’histoire de l’humanité ou des peuples, ce que nous
pouvons appeler des «hommes missions», c’est-à-dire des personnages dotés des
missions particulières et précises, soit au sein de leurs familles ou de
leurs communautés respectives, soit au sein de leurs pays. Cependant, si
quelques rares «hommes missions », découvrent très tôt leurs
prescriptions et les assurent convenablement, d’autres plus nombreux ignorent
souvent et parfois jusqu’à la fin de
leur vie ce qu’ils sont et ce qu’il y a en eux, et ceci malgré les multiples
signes qui se présentent à eux ou qui émaillent leur vie. Pour avoir été
dans le rayonnement de deux grands personnages de l’histoire politique
récente du Congo, à savoir l’Abbé Fulbert Youlou (Président du Congo) et
Jacques Napoléon Opangault (Vice-président de la République), à un moment
aussi très historique, Denis Sassou-Nguesso était entré, par le fait, dans la
sphère des «hommes missions». En effet, le 15 août 1963, au moment de la
chute de Fulbert Youlou, Sassou-Nguesso était ce jeune cadre militaire qui ouvrit le portail du palais et qui
conduisit Jacques Napoléon Opangault auprès du Président Youlou, quelques
instants seulement avant la fin du pouvoir de l’Abbé Fulbert Youlou.»,
in Congo-Brazza, une nation et
un peuple tués par ses politiciens, p.91 (lire, dans le même
livre, pp 91-94, le testament de Youlou et Opangault à Sassou-Nguesso) 1/Notre
histoire commune fait de nous un Peuple et une Nation Nous revenons ici
sur le sens du mot Congo, Koongo ou Kongo, un mot que nous avons décomposé et
défini dans notre chronique Congo-Brazza, une nation et un peuple
tués par ses politiciens , et dont le sens donné à ce concept a été accepté par le
Ciciba (Centre international des civilisations bantou). Puisque dans un
article publié dans La Semaine Africaine n° 2493, titré « Les
traditions bantou remarquablement conservées dans les Plateaux batékés »,
le Ciciba part de la panthère (Ngo) pour situer et définir la «supra
chefferie » de sa majesté le Roi Makoko Gaston Ngouayoulou ;
décomposé et traduit littéralement en français par «la panthère d’en haut,
toujours en alerte », et du mot Congo qu’il définit, lui aussi, comme
«le pays de la panthère ». Néanmoins, nous n’en réclamons pas la
paternité ! Voici ce que nous
écrivions dans notre chronique sur les guerres du Congo. « Si on peut
définir une nation à partir de l’unité historique et de la culture commune et
collective de son peuple, on peut affirmer que le Congo est bel et bien une
nation. Les quatre principaux ensembles ethniques (comprendre tribaux) (Bangala, Batéké, Bakongo et Loango) qui
habitent le territoire congolais constituent bien un peuple qui a une
histoire et une culture communes, depuis la région des Grands Lacs d’où ils
proviennent tous jusqu’à la construction de leur pays Kue Ngo c’est-à-dire
«chez la panthère », devenu Congo en français et Kongo en portugais, à
cause de la lutte qu’ils ont menée contre les panthères qui régnaient dans
cette partie de la terre, pour former le Congo actuel. Les quatre
principaux ensembles ethniques qui peuplent le territoire congolais Habité par des
peuples dits bantu qui seraient
venus de la Région des Grands Lacs, à
la suite des mouvements migratoires qui ont eu lieu dans cette partie du
continent africain, entre le Xème et le XIIème siècles, le Congo abrite
plusieurs ethnies que l’on peut regrouper en quatre ensembles principaux: les
Bangala, les Teke, les Kongo et les Loango. Les
Bangala : Ils
habitent la partie septentrionale du pays, notamment dans les régions de la
Cuvette, la Cuvette Ouest, la Sangha et la Likouala. Leurs principales
activités sont la pêche et la chasse. Cependant, à cause de la grande forêt,
riche en essences, qui couvre une bonne partie de cette région, les Bangala
ont, parmi tant d’autres ressources naturelles, une richesse, le bois, qui
leur permet d’occuper une place de choix sur le marché congolais. Cependant,
l’histoire précoloniale de ce peuple révèle que celui-ci n’a pas connu de
grandes institutions administratives (royaumes) comme les Bateke, les Kongo
et les Loango. Ce peuple, moins
nombreux, s’était regroupé, après son installation sur le territoire
congolais, et à cause de la situation géographique difficile qui ne lui
permettait pas de se communiquer facilement, autour des petites chefferies. Les Teke : Ils sont maîtres de la région des
Plateaux, au centre du Congo. On les trouve cependant presque sur toute
l’étendue du territoire national. Leurs activités principales sont le
commerce et la culture de la pomme de terre (comprendre toutes sortes
d’ignames) qui, d’ailleurs, a donné son nom à la capitale de cette région «Dza
mbala » qui veut dire en français « mange la pomme de terre»,
devenu Djambala avec l’administrateur blanc. Les bateke, très importants du
point de vu effectif, ont une histoire très riche. Plusieurs rois se sont
succédé, depuis le Xvème siècle, à la tête de ce peuple. Les
Kongo : Plus nombreux
et occupant quatre régions, à savoir le Niari, la Lékoumou, le Pool et la
Bouenza, n’entendent pas marquer des limites avec les Loango, ensemble
d’ethnies qui peuple la région du Kouilou. D’ailleurs, pendant l’ère
précoloniale, le royaume loango était un Etat vassal du royaume kongo. Aujourd’hui, sur
le plan économique, favorisé par leur position géographique (chemin de fer et
océan Atlantique) et leurs ressources naturelles (bois, pétrole, fer,
potasse…), les Bakongo et les Loango participent effectivement au
développement de l’économie nationale. Signalons aussi
que depuis 1491, après la guerre entre les royaumes teke et kongo, les deux
tribus entretiennent des bons rapports. Néanmoins, les
Bangala, les Bateke, les Bakongo et les Loango sont conscients de leur histoire. Pour preuve, ils se
réclament tous descendants des bâtisseurs du Congo et n’entendent pas oublier
leur histoire et culture collectives qui font d’eux un Peuple et une Nation. Voilà pourquoi,
aujourd’hui, ils continuent à vanter les qualités de la panthère et le
courage de leurs ancêtres, et à pérenniser l’histoire de la rencontre de
leurs ancêtres avec la panthère soit à travers des contes, légendes et
totems, soit à travers le port des insignes, soit encore en prenant carrément
le nom de cet animal redoutable. Ainsi,
retrouve-t-on des Ngoue (la panthère) chez les Bangala, l’ensemble ethnique
du Nord ; des Mongo (moi, la panthère), Kuengo (chez la panthère) et
Mengo (je suis la panthère) chez les Bateke et les Ngangoulou, le groupe
ethnique du centre ; les Kongo ou Kuengo (chez la panthère) chez les
Basundi et les Babembe, Nzongo (la case de la panthère) chez les Bakongo, la
tribu du sud-est, communément appelée Kongo de Boko. Boko venant de Booka ou
Tsibooka qui veut dire lieu de repos. Signalons que Booka, devenu Boko,
rappelle une importante étape dans l’organisation politique et administrative
des Bantu, habitant la terre des panthères,
après le Kongo-dia-ntotila. Cependant, les
membres du groupe loango qui habitent le long de la côte Atlantique et qui
retrouvent l’énergie et la vigueur de la panthère à travers le tam-tam
(ngoma) que leurs ancêtres ont utilisé pour fêter la victoire sur la panthère
et qu’ils utilisaient aussi pour faire parvenir leurs messages jusqu’aux
confins de leur contrée, prirent, eux, le nom de cet instrument traditionnel
et légendaire, pour se dire, eux aussi, fils de la panthère. D’ailleurs,
l’expression vili « Ukanda ngo wua buwangila ngoma » qui peut être
comprise par «avec la peau de la panthère, on fait le tam-tam » et le
mot «loango» qui définit le pouvoir, la puissance et la royauté, résument
bien les liens qui existent entre la panthère et le tam-tam, et entre le
pouvoir royal et la panthère. Cependant, si le
mot «kongo » ou «Congo » est plus proche du teke et kongo, c’est
pour trois raisons fondamentales : premièrement, parce qu’une bonne
partie de l’actuel Congo se trouve sur une province (N’sundi) de l’ancien
territoire du royaume Kongo qui allait de la région du Pool jusqu’à celle de
la Bouenza, et qui était sous l’autorité du roi Mani-Kongo, Mê ni Kongo en
langage simplifié, et qui signifie non seulement «Je suis le maître, le
souverain ou l’empereur », mais aussi «c’est moi Kongo, la terre des
panthères» ; deuxièment, parce que les deux tribus (Kongo et Teke) sont
les plus nombreuses à être arrivées dans cette région. Les autres, notamment
les Bangala qui seraient entrés par le
Nord-Congo, ayant connu beaucoup de difficultés dans la pénétration, à cause
de la situation géographique ;
troisièmement, parce que l’installation de ces peuples s’est faite
d’une manière progressive. Certains seraient
entrés par le Nord-Congo, en passant par l’actuelle République centrafricaine
où ils ont abandonné une bonne partie de leur convoi. Voilà pourquoi l’on
retrouve beaucoup de similitudes linguistiques et socioculturelles entre les
ethnies du Nord-Congo et quelques unes de la République centrafricaine. D’autres Bantu seraient passés par l’Angola et l’actuelle République
démocratique du Congo pour atteindre le Congo et le Gabon. Voilà pourquoi on
compte des Bakongo et des Bateke dans tous ces pays. Ce serait donc les
premiers Bantou, arrivés dans cette grande région qu’ils avaient nommée kue
go à cause de la présence des panthères, et qu’ils croyaient encore
inhabitée, et où ils avaient ensuite décidé de s’installer sans se rendre
compte de la présence des autres groupes ethniques, même pas celle des
pygmées qui y habitaient déjà et qui fuyaient leur avancée qui ont donc donné
un nom à cette région. Cependant, c’était surtout pour s’identifier et situer
leur territoire que les Bantou s’appelaient et appelaient leur terre Kue Ngo
c’est-à-dire « chez la panthère ». Réf : Congo-Brazza, une
nation et un peuple tués par ses politiciens, pp.24-27 Et, Jacques Loubelo, artiste congolais de renommée internationale,
dans sa chanson sur l’unité du Congo, ne nous demande-t-il pas de dire
simplement nos noms pour découvrir que nous sommes tous des Congolais :
«Lisanga na biso ézali solo pasité, pamba té ézali likambo ya moto na moto
améma ka kombo na yé… », traduit en français par «notre unité n’est pas
si difficile à faire. Il suffit que chacun vienne seulement dire son
nom ! » 2/Le
faux débat sur les vrais et faux peuples du Congo ! Les ethnies
naissent et disparaissent aux contacts avec les autres ethnies. Par exemple,
les Ngangoulou seraient nés d’un mélange mbochi-teke; les Sundi viendraient
des rapports Teke-Laari; les Mikengue, des contacts Laari-Bembe ; les
Yombé (peuple du Mayombé) de la rencontre entre les Loango et les Kongo des
Pays du Niari. Ce qui sous-entend que le débat engagé, dans les couloirs des
partis, par certains politiciens ou
leurs militants ignorant l’histoire du Congo et celle de la formation des
peuples ou des ethnies, sur «les vrais et les faux peuples du Congo» et qui
apparaît brusquement et toujours
pendant les périodes électorales, est un faux débat. Pourtant, il sert
d’argument à beaucoup de leaders politiques pour dresser leurs militants
contre tel ou tel autre président d’un parti politique. Nous citons en
l’occurrence celui qui surgit entre Thystère Tchicaya (vrai Loango) et
Alphonse Souchlaty Poaty (faux Loango) dans le Kouilou; Martin Mbéri et
Victor Tamba-Tamba (vrais Bembe) contre Christophe Moukoueke (faux Bembe
parce que Mikengue) dans la Bouenza, Bernard Kolelas (vrai Laari) et André
Milongo (faux Laari parce que né de l’autre côté de la rivière Loufoulakari),
Jean Martin Mbemba (faux «prince téké» parce que né dans la région du Pool)
devant Florent Ntsiba, Célestin Gongarad Nkoua et Charles David Ganao
(originaires de la région des Plateaux). Mais, on assiste aussi à un autre
conflit qui oppose les Tékés de
Djambala et ceux de Lékana. Le même débat n’est pas aussi moins tendu dans
les régions de la partie septentrionale du pays où à chaque période
électorale, des généalogistes publient leurs recherches sur l’origine et la
composition des familles de certains leaders politiques pour les
disqualifier. Mais, dans cette partie du Congo, ce débat se focalise surtout sur les systèmes
sociaux, politiques et juridiques (matriarcat et patriarcat). Nous citons en
exemple, celui qui oppose les natifs d’Owando ou des localités environnantes,
dans la région de la Cuvette, qui se disent être des vrais Kouyou pour disqualifier Jacques Joachim
Yhomby-Opango dont la mère serait venue de Makoua. 3/Des symboles
forts et significatifs pour fortifier la Nation et le Peuple congolais C’est dans La
Semaine Africaine n°2131 que Mgr Ernest Kombo, évêque d’Owando (région de
la Cuvette), ancien président de la Conférence nationale souveraine (1990) et
du Conseil de Transition (1991-1992) définit et classifie, dans une Lettre
ouverte aux notables du Congo, les symboles qui peuvent fortifier la
Nation et le Peuple congolais. L’ordinaire d’Owando en retient deux : le
drapeau et les notables. Nous allons nous
arrêter au premier qui comme le souligne Mgr Kombo est «le plus connu
de nous tous (…) Nulle part au monde on ne peut accepter qu’un drapeau
national soit piétiné, parce qu’il représente la Nation et tous les citoyens
s’y identifient et le respectent. Et, si le Congo est une Nation, il doit
avoir son drapeau qui incarne, symbolise, représente, matérialise les valeurs
communes…» Dans la conclusion
de Congo-Brazza, une nation et un peuple tués par ses politiciens, nous
tentons de combler le vide senti par le président de la Conférence nationale
souveraine et du Parlement de Transition : « Enfin, les Congolais
devraient avoir leur emblème. Le drapeau tricolore vert-jaune-rouge, de forme
rectangulaire, semble être trop artifiel, dans son sens. D’ailleurs, les
Congolais qui ne manquent pas d’imagination et d’humour, trouvent dans les
trois couleurs, de leur drapeau national, la responsabilité partagée, sur
toutes les guerres qu’a connues leur pays et qu’ils attribuent à l’Upads de
Pascal Lissouba, dont le symbole, dominé par la couleur verte, est constituée
de trois jeunes palmiers ; au Mcddi de Bernard Kolélas dont l’emblème,
un soleil levant, met en exergue la couleur jaune, et au Pct de
Sassou-Nguesso dont le symbole est quasiment dominé par le rouge vif. Aussi, cet emblème
n’incarne, ne symbolise, ne représente, ne matérialise pas les valeurs
communes des différents peuples qui habitent ce pays ; comme il ne
rappelle pas les aspects communs de leur histoire. Il ne reflète pas non plus
le caractère national de cet Etat. D’ailleurs, il confirme la partition du
pays faite par les grands leaders politiques congolais qui confondent fiefs
électoraux et propriétés privées. Tous les Congolais savent que les régions
du Nord sont une chasse gardée de Sassou-Nguesso, la région du Pool et les
quartiers sud de Brazzaville sont sous la mainmise de Bernard Kolelas, les
régions du Niari, la Bouenza et la Lékoumou sont contrôlées par Pascal
Lissouba, et le Kouilou, par Jean-Pierre Thystère Tchicaya (…) Mais, c’est
Bernard Kolélas qui affiche clairement ce que les trois autres leaders
politiques pensent d’une manière sous-jacente : « Est-ce que le
fait de voler des voix chez moi augmentera les chances de l’opposition ?
Qu’ils aillent chasser ailleurs ! (…) Il y a des limites à ne pas
dépasser », déclare-t-il, entre autres, dans une interview à Jeune
Afrique. Un emblème
rectangulaire et vert clair (signe de l’espérance et de la richesse végétale
dont regorge le Congo), portant en son sein une tête de panthère (Ngo: souche
du mot Kongo, koongo et Congo) couronnée par plusieurs étoiles dorées (signe
de la diversité et de l’unité des ethnies que compte ce pays), serait, à
notre avis plus significatif et plus proche de l’histoire et de la culture
communes des Congolais». D’ailleurs, d’autres pays de la sous-région comme la
République Démocratique du Congo et le Gabon qui partagent la même culture
avec le Congo semblent, eux aussi, trouver leur soubassement dans l’histoire
de la rencontre de la panthère avec les Bantu. Le Zaïre de Mobutu l’avait
également fait savoir à travers la tenue vestimentaire et la coiffe (Chéchia
cousue avec une peau de léopard ou de panthère) de son Président. Le Gabon,
lui, se serait souvenu de cette histoire, il y a quelques années seulement.
En effet, il a donné le nom de la
panthère à son équipe nationale. Au Rwanda, un peuple qui serait proche des
Kongo porte le nom de Abenengwe ou Abenengo, qui se décompose en Abene qui
veut dire les descendants et Ngwe ou Ngo, léopard ou panthère. Ainsi, cet
emblème pourra-t-il servir de repère et aider à reconstituer la mémoire
collective des Congolais du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest. Comme cela
est le cas chez beaucoup d’autres peuples du monde !», Congo-Brazza,
une nation et un peuple tués par ses politiciens, pp. 186-187 |
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