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Histoire
du Congo Histoire
ancienne
La
colonisation européenne En 1482, l'explorateur portugais Diogo
Cam atteignit l'embouchure du Congo. Les contacts avec les Portugais
suscitèrent des tensions. La traite opéra une gigantesque ponction
démographique et déstabilisa totalement les entités politiques et les
sociétés d'Afrique centrale. C'est dans ce contexte de ruine économique et
politique qu'intervinrent les grandes explorations africaines du XIXe siècle.
La colonie fut livrée aux compagnies
concessionnaires, chargées d'exploiter ses ressources, en particulier le
caoutchouc et, dans une moindre mesure, l'ivoire. Ces compagnies se livrèrent
à tous les excès : réquisitions, pillage systématique des ressources,
travail forcé, brutalités. Elles suscitèrent des révoltes qu'elles noyèrent
dans le sang. En 1905, le procès de deux administrateurs convaincu d'abus,
Gaud et Toqué, souleva l'indignation à la Chambre des députés.
L'administration coloniale lança une enquête mais l'affaire fut rapidement
étouffée. En 1910, Brazzaville devint la capitale de l'Afrique-Équatoriale
française, et les régions explorées par Brazza furent partagées en deux
territoires : le Gabon et le Moyen-Congo. Pendant la Première Guerre
mondiale, les Français recrutèrent un grand nombre de soldats dans le
Moyen-Congo. Ceux-ci participèrent aux combats en Afrique et en Europe, où
ils se distinguèrent par leur bravoure et leur vaillance. Le régime colonial demeura toutefois inchangé après
le conflit. La construction du chemin de fer Congo-Océan
s'avéra un enfer : sur les 125.000 hommes recrutés de force, 25.000
moururent d'épuisement, de maladie ou victimes de mauvais traitements. Vers
l'indépendance Les conditions d'exploitation de la colonie
expliquent que le nationalisme se soit très tôt développé au Congo. En 1926,
André Matswa fonda une amicale chargée de venir en
aide aux anciens combattants. Elle se transforma rapidement en un mouvement
de protestation et suscita un tel engouement que l'administration coloniale
prit peur et fit incarcérer Matswa. Ce dernier
mourut en prison en 1942, dans des conditions restées obscures. Le mouvement
se transforma alors en une Église qui recruta surtout dans son ethnie
d'origine. Le soulèvement de Brazzaville en 1940 permit le ralliement du
Moyen-Congo au général de Gaulle. La ville fut alors érigée en capitale de la
France libre. Le général de Gaulle confia l'AEF à Félix Éboué, ancien
gouverneur du Tchad et premier administrateur d'Afrique centrale rallié à sa
cause. En 1944, de Gaulle et Éboué réunirent les administrateurs coloniaux à
Brazzaville pour évoquer l'avenir des colonies françaises. La conférence de Brazzaville rejeta totalement
l'idée d'une indépendance, même lointaine, mais promit de faire participer
davantage les Africains aux affaires locales. Le nationalisme prit réellement
corps après la guerre. En 1945, les Congolais élurent le premier député
congolais, Félix Tchicaya, à l'Assemblée
constituante à Paris. Celui-ci fonda en 1946 le Parti progressiste congolais
(PPC), section congolaise du RDA (Rassemblement démocratique africain). Tchicaya s'opposait à Jacques Opangault.
L'un et l'autre furent pris de vitesse par l'abbé Fulbert Youlou,
fondateur de l'UDDIA (Union démocratique de défense
des intérêts africains) qui remporta avec éclat les élections municipales de
1956. En 1958, le référendum sur la Communauté française obtint 99 % de
« oui » au Moyen-Congo. Le Congo devint une République autonome, avec
Fulbert Youlou pour Premier ministre. En 1959, des
troubles éclatèrent à Brazzaville et l'armée française intervint :
Fulbert Youlou fut élu président de la République.
Le 15 août 1960, le Congo accéda à l'indépendance. Le Congo
contemporain Le régime de Fulbert Youlou
exacerbe les tensions ethniques, déjà fortes lors de la marche vers
l'indépendance, et manifeste un anticommunisme virulent. En août 1963, un
soulèvement populaire («les Trois Glorieuses») organisé par les syndicats
oblige Fulbert Youlou à démissionner. Alphonse Massamba-Débat constitue un gouvernement provisoire avant
de remporter les élections présidentielles de 1963. En 1968, profitant des
désaccords entre le président et son parti, le capitaine Marien Ngouabi prend le pouvoir et fonde le PCT (Parti congolais
du travail). Il met en place une politique de type marxiste-léniniste. Les
conflits ethniques et idéologiques se poursuivent et, en 1977, Marien Ngouabi est assassiné. Le colonel Joachim Yhombi-Opango,
après avoir pris sa succession, démissionne en 1979. Quelques mois plus tard,
le colonel Denis Sassou-Nguesso prend la tête du
parti et de l'État. Malgré un discours marxisant, son régime évolue vers le
libéralisme économique. En 1990, la population du Congo se soulève
massivement. Le PCT renonce alors au marxisme-léninisme et, en 1991, le
président Sassou-Nguesso réunit une conférence
nationale. Celle-ci adopte une nouvelle Constitution (instauration d'un
Conseil supérieur de la République encadrant les pouvoirs du président) et,
en 1992, organise des élections présidentielles libres qui voient la victoire
de Pascal Lissouba, dirigeant de l'Union
panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS). En juin 1993, l'UPADS remporte les élections législatives. Mais les
désaccords politiques et ethniques, qui déchirent le pays depuis plus de
trente ans, et de graves difficultés économiques, provoquent des
affrontements meurtriers entre l'opposition et l'armée. En juillet 1993, le président Lissouba
décrète l'état d'urgence, soulevant d'intenses protestations. L'existence
même du Congo va être remise en question par une succession de trois guerres
civiles, particulièrement dévastatrices (1993,1997 et 1998-1999). Les
premiers affrontements vont mettre aux prises les partisans du nouveau
Président Pascal Lissouba (milices cocoyes, mambas et zoulous) et ceux du maire de la
capitale, Bernard Kolela (milice ninjas). Et ensuite, ayant fait alliance, ces deux
groupes vont combattre les supporters de l'ancien Président Sassou Nguesso. En mai juin
1997, l'armée régulière et les milices de Lissouba
appuyés par l'UNITA (Angola) s'affrontent,
compromettant les élections prévues en juillet. Denis Sassou-Ngesso
reprend le pouvoir, renforcé par l’armée angolaise et appuyé par la France.
Après une période de transition d'environ trois
années, au cours desquelles la reconstruction du pays va démarrer, les
Congolais adoptent massivement le 20 janvier 2001 une nouvelle constitution. Cette nouvelle loi fondamentale institue la restauration
de l'Etat de droit et l'édification d'une nouvelle
société démocratique. L'an 2002 est pour les congolais l'année des
élections. Ils élisent successivement, un nouveau président de la république,
des députés, des responsables de collectivités locales et des sénateurs. Source: Editions du jaguar : Atlas Congo |