PREMIERE
VILLE DES NOIRS LIBRES DANS L’HISTOIRE DE L’AMERIQUE DU NORD
Un essai et compilation de Sérenine-Arsène Francoeur Nganga,
Mfumu Kwimba
Première
partie :
« SES PREMIERS HABITANTS, QUI FURENT DES ESCLAVES EN MAJORITE KONGO,
FURENT LES PREMIERS ESCLAVES A OBTENIR LA LIBERTE DANS TOUTE L’HISTOIRE
DE L’AMERIQUE DU NORD »
“Trust
your experience, know whence you came. If you know whence you came, there
is really no limit to where you can go. I am proud of black people not
because of their color, but because of their spiritual force and their
beauty. The role the black people played and play in American life , would
reveal more about America to American’s wish to know”
«
Endure ce que tu vis aujourd’hui, et surtout souviens toi de tes
origines. Car si tu connais tes origines, il n’y a réellement
pas de limite sur les lieux que tu peux atteindre. Je suis fier des noirs,
non à cause de la couleur de leur peau, mais plutôt pour
leur force spirituelle et leur beauté. L’histoire sur le
rôle que les noirs ont joue et jouent encore dans la vie quotidienne
aux amériques serait en mesure d’ éclairer l’opinion
sur l’ amérique et la soif des américains à
connaître sur leur nation » James Baldwin
Le
commerce négrier, imposé par les portugais arrivés
au royaume kongo depuis le 15e siècle, l’avait dépouillé
d’une très grande partie de ses hommes valides. Ces hommes
qui étaient entassés dans des conditions misérables
comme des marchandises, partaient du port de Mpinda (Province de Soyo),
port de Malemba (Royaume de kakongo), port de Kabinda(Royaume de Ngoyo)
entre les années 1500 et 1808, ils étaient transportés
pour la plupart par des bateaux néerlandais et anglais qui dominaient
le commerce négrier.
Pour ces esclaves kongo, le fait d’être transporter dans un
bateau était vu comme étant un mystère, un voyage
vers la mort, ces kongo pensaient être transportés dans l’univers
des morts car dans la tradition kongo les esprit des morts vivent dans
les eaux, les lacs et les océans, les bateaux étaient conduits
par des hommes blanc ; et le blanc, la couleur de la mort.
Les conditions dans les bateaux étaient précaires et les
esclaves succombaient souvent pour cause de dysenterie avant même
d’arriver à destination, malheur étaient également
pour ceux qui souffraient de la tuberculose car ils étaient jetés
dans l’océan pour éviter une contamination générale.
Parmi les plus célèbres marchands d’esclaves qui ont
accosté au port de Mpinda et Kabinda furent James Barbot après
un long voyage sur l’océan atlantique, ces ne-kongo arrivaient
aux Jamaiques et au Barbados. Ensuite des bateaux venaient de la Caroline
du sud, Maryland et Virginie pour acheter des esclaves pour les plantations
aux Etats Unis. Un témoignage datant de 1708 du gouverneur du Maryland
confirme le fait. C’est seulement à partir de 1720 que les
bateaux négriers arrivaient directement en Caroline du Sud pour
les plantations de riz et à Port York, au sud de l’ état
de Virginie, pour débarquer des esclaves pour les plantations de
tabac de la James River Tobacco Estates (River James Valley). Les statistiques
reprises dans des archives mentionnent le nombre d’esclaves d’origine
Nekongo à la hauteur de 60% et 40% la population d’esclaves,
respectivement en Caroline du Sud et Virginie .
Des faits historiques sur l’héritage Kongo dans le Sud des
Etats-Unis abondent. L’historien Jan Vansina de l’Université
de Wisconsin parle dans ces régions du « cultural legacies
of central africa about creolization » ou l’héritage
de l’Afrique Central sur la Créolisation. De récentes
recherches historiques montrent par ailleurs, avec évidence, que
¼ d’ afro-américains sont d’origine kongo. L’archéologue
américain Leland Ferguson asserte que la plupart des traditions
africaines qui se trouvent en Caroline du Sud, Georgie et Floride sont
kongo. La preuve la plus patente de cela est la langue africaine parlée
dans le sud des Etats Unis, langue dénommée « le Gullah
», dans laquelle on retrouve des mots comme bidi (poisson) et tata
(père)…. Au cimetière de Sunsbury en Georgie et au
cimetiere de Bosquebello sur l’ile d’Amelia en Floride, par
exemple, les tombes sont décorées selon la tradition kongo
(Lire sur ce sujet : Robert Farris Thomson, Kongo influence on african-american
cultures, Joseph & Holloway Edition)
En arrivant en caroline du sud, les Ne-kongo avaient retrouvés
une terre semblable à la leur car la caroline du sud était
bordée par l’océan atlantique comme le royaume kongo
l’était aussi. Les forets de la caroline du sud leur ont
permi de continuer à croire aux forces de la nature et du monde
invisible, et ainsi pratiquer les religions kongo qui a pu pérenniser
l’héritage culturel depuis plus de deux siècles.
Après avoir été importé par les sociétés
des négriers, telles la J. Wragg & Co., B. Savage & Co.,
Cleland & Wallace, Jenys & Baker, Hill & Guerrard, ils furent
envoyés dans des plantations de riz parmi lesquelles: la plantation
de Comingtee, River Cooper plantation de Sir Nathaniel Johnson (ancien
gouverneur de la caroline du sud),…
Tout au long de leur séjour, ces Ne-kongo étaient restés
en communion avec eux leurs cultures et leurs croyances religieuses; les
premières congrégation religieuses afro-américaines
commenceront dans le sud a prédominance kongo.
A l’exception d’une église africaine fondée
dans les plantations de William Byrd à Mecklenburg (Virginie) en
1758 ; George Liele fondera - en 1773 - la première église
la Silver Bluff Baptist Church à Silver Bluff (Caroline du Sud).
L’un de ses compagnons, Andrew Bryan, avait fondé la Bryan
Street African Baptist Church, plus tard dénommée First
African Baptist Church of Savannah. Martin Luther King et Elijah Poole
sont tous deux nés en Georgie, une région à prédominance
noire. Les deux constituent les plus grandes figures de l’histoire
religieuse afro-américaine. Le premier est le Revend Luther King
de tout le temps, et le second devenu Elijah Mohamed est le fondateur
de la « Nation of Islam ».
La servitude était totale dans les plantations où ils étaient
entassés comme des travailleurs. Ils étaient soumis à
des travaux forcés de dur labeur, un calvaire et de la souffrance.
Ils étaient considérés comme des machines et ils
travaillaient sans salaire adéquat, disons ils ne tiraient ni bénéfice
ni profit de leur travail. Leurs vies étaient à la merci
de la volonté de leurs maîtres qui avait le droit de vie
et de mort sur ces esclaves. La société blanche n’accordait
pas de dignité, ni de valeurs aux esclaves. Par exemple, il était
interdit aux esclaves d’apprendre à lire et à écrire,
de posséder des biens, de s’attrouper, de se déplacer
sans l’autorisation écrite de son maître. Les esclaves
étaient des objets, ils étaient des bêtes immondes
que ces colons pouvaient battre, lyncher et tuer. Le colon pouvait brûler
son esclave, lui couper les oreilles ou la jambe. La violence sous toutes
ses formes était le bras armé du système esclavagiste,
un sadisme pur. Toutes ces atrocités étaient permises. Cette
barbarie était légale et institutionnelle.
Ce
climat d’esclavagisme ou catéchisme colonial avait développé
un climat de rébellion. Quelques esclaves réussissaient
à s’évader des plantations pour se réfugier
en Floride, à Saint Augustine où les colons espagnols affligeaient
un autre traitement, qui était relativement moins sadique que celui
des colons anglais. A l’occurrence, avec les espagnols, les esclaves
pouvaient acheter la liberté. La Floride était donc l’eldorado
de la liberté.
Les
esclaves s ‘évadaient en solitaire ou en petit groupe. Les
fugitifs qui se faisaient capturer étaient soit condamner à
mort, soit se faisait couper une jambe. Une autre alternative était
la chicotte jusqu’à 300 coups de fouets. LE NEGRO ACT DE
1722 demandait à tous les propriétaires d’esclaves
de pouvoir rançonner le marshall ou constable qui ramènerait
un fugitif ou qui coupera la jambe d’un fugitif.
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| En 1791, deux
nègres furent brûlés vifs par des colons à
Charlestown par ce qu’ils avaient assassiné leur maître
pour s’évader. Un certain Colonel Lynch avait acquis
la réputation d’avoir tué des milliers d’esclaves. |
lLe 29 janvier 1732 Charles Jones, après avoir capturé
un esclave fugitif, l’exécuta en le tronchant la tête,
ensuite la tête de cet esclave fut perchée sur un poteau.
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Un
scénario pareil a également eu lieu près d’Alexandria
en Virginie en 1767 où les têtes d’esclaves furent
exposées sur une cheminée. Certains esclaves furent
pendus en public, la pendaison de QUASH en 1734. |
La Floride
était donc devenu le rêve de tous les esclaves de la Caroline
du Sud et de la Georgie. Un nombre croissant d’esclaves s’échappait
des plantations pour la Floride, pour un meilleur traitement. En Floride,
l’édit du roi catholique d’Espagne de 1733 accordait
la liberté aux esclaves qui se convertissait au catholicisme.
Il est à signaler à
ce niveau que un conflit risqua de s’éclater entre la Caroline
du Sud et la Floride. En juin 1728 déjà, bien avant l’édit
susmentionné, le gouverneur de la Caroline du Sud Arthur Middleton
avait écrit à la Couronne de la Grande Bretagne à
Londres pour se plaindre que la Floride recevait des fugitifs de sa région.
Pour ce gouverneur, le Royaume d’Espagne mettait l’économie
de sa région aux risques, avec les plantations de riz qui commençaient
a se vider de la main d’œuvre nègre.
Aujourd’hui, l’ Amérique ne parle pas encore de la
manière qu’il faut de la contribution des ces plantations
de riz dans l’histoire de l’économie américaine,
et de ce que les noirs ont enduré durant toutes ces années.
Deuxième
partie :
LA REVOLTE ET LA JOIE DE LA LIBERTE (à
suivre)
• La deuxième partie de cet essai : « Santa Teresa
de Mose : première ville des noirs libres dans l’histoire
de l’Amérique du Nord » sera publiée dans la
prochaine édition de l’Observateur Kongo
Notes supplémentaires
: Au sujet de Fort-Mose, un lieu de pèlerinage pour les Nekongos
• Certains descendants des habitants de Fort Mose , Saint Augustine
et alentours forment aujhourd'hui la communauté noire de Jacksonville,
Tampa et Miami,
• En 1994, FORT MOSE a été déclaré National
Landmark.
Fort-Mose
est un prestigieux héritage afro-américain. Pourquoi les
Nekongo manqueront-ils la fierté d’en faire un lieu de pèlerinage.
Pour toute information touristique, ci-dessous les adresses de contact
:
Visitor
Information Centre
10, Castillo Drive
Saint Augustine
Tel. (904) 825 1000
Aéroports : Jacksonville ou Daytona |
Fort
Mose Historical Society
PO Box 4230
Saint Augustine
Florida
USA |
Dédicace :
Cet éssai est dédié
- à la mémoire de la personne de Fort Mose,
- à l’honneur de Kongo-Town, une cité de la ville
de Monrovia, Libéria
- à l’honneur de Congo-Town, une ville des Bahamas
- à la personne de Léon Sonde, fondateur de la République
du Freedland
Arsène Francoeur
Nganga,
Edimbourg, Ecosse, Royaume Uni
Février 2005
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