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>Les funérailles, un prétexte de fête à Luozi
Un cas de décès dans un
village dans le Manianga est un bon prétexte offert
aux jeunes gens de dévoiler la face de la nouvelle société en construction
dans cette partie du Bas-Congo Kinshasa
, 15.12.2004 |
Society Les temps ont changé. Les Luoziens avaient, dans un passé récent, profond respect
pour leurs morts. Ce qui ne semble plus le cas aujourd’hui, où on assiste
impuissant à cette banalisation des valeurs auxquelles la société tenait il y
a peu. Le lieu de deuil n’est plus un lieu de recueillement toutes les
intriques s’ y trament.
>Et dans cette société en crise, rapporte une dépêche, tout devient
prétexte à des réjouissances. A la veillée mortuaire, on chante, on danse, on
boit, on rit aux éclats de ses contorsions. La
belle illustration, c’est à la mort de Mme Nkengi Febe, diaconesse de la Communauté évangélique du Congo (Ccc) qui a gardé le lit pendant de longs mois. Seule
Louise, sa fille cadette, a été son chevet jusqu’au dernier soupir.
>Paradoxe, à peine la nouvelle de sa mort a été rendue publique qu’une
haie de frères, soeurs et oncles de maman diaconesse défilent déjà à la case
funèbre. Et ce pour quel motif, d’abord ils s’autoproclament les seuls
responsables après Dieu de la dépouille mortelle de leur soeur. Quand le plus
âgé d’eux prend la parole avec une gueule qui sent le tabac c’est pour
annoncer: « Notre soeur ne sera pas enterrée ici. De toute façon, ce n’est
pas notre village elle devra être inhumée à Manguangua.
Entre nous soit dit, Manguangua est une
agglomération distante de Kingwamba de quelque 35 km sur pistes escarpées.
>A ces mots, la partie s’anime, on s’invective. « Qui êtes-vous? D’où
venez-vous? Où étiez-vous pendant tous ces longs mois que mama
Febe a gardé le lit? Des questions apparemment sans
réponse car honnêtement, personne n’était venue pour répondre à des
interrogations de ce genre. Et un peu à la manière des acteurs qui se
retirent après la scène, les parents de la diaconesse défunte s’effacent d’un
trait.
>Mais seulement, pendant la veillée funèbre, il se passe des scènes
insolites, une ambiance festive qui n’a d’égal que la liesse d’un mariage
coutumier dans le strict cérémonial de Manianga dix
secteurs. Et ça, on n’en a jamais vu à Luozi. A
vrai dire, un cas de décès dans le village est bon prétexte offert aux jeunes
gens de dévoiler la face de la nouvelle société en construction au Manianga. Par équipes et par vagues successifs, on les
voit qui se trémoussent aux sons du tam-tam appuyés par les dernières créations
du groupe choc.
>Aux alentours, les vieux assemblés autour du feu racontent des
incongruités les plus immondes, on rit, on se
tapote. Les ne sont pas en reste, dans leur camp, la causette tourne autour
des prouesses maritales de la dernière nuit. Et la cérémonie funéraire n’a de
funèbre que le corps inerte allongé sur un grabat de lattes et de lanières.
Un pasteur qui suit la scène de loin constate avec amertume que Mme Febe va être portée en terre sans qu’une prière soit
dite, pas de cantique entonné. Personne n’en à la permission. Le pasteur
pousse un long soupir avec cette ultime interrogation: « Où allons-nous? Qui
sauvera le Manianga de cette dérive des temps
nouveaux? Mais en attendant, les funérailles deviennent de véritables
occasions de fête à Luozi.
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>| Le Potentiel/SAINT AUCUSTIN K.
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