Le cardinal Emile Biayenda
est né en 1927 dans le district de vindza,
la région du Pool. Fils de Semo Dia Boma et
de Biyela
bia Milongo, le jeune
Emile commença ses études primaires à Pangala en
1935 pour les terminer à la mission catholique de Kindamba
(1937 - 1942). Après, il poursuivit ses études à la mission catholique de Boundji (1942 - 1944). De 1944 à 1950, il entre au petit séminaire Saint Paul de Mbamou. Feu Mgr Barthelemy Batantou témoigna que le jeune Emile était très doux,
docile et obéissant. Il avait un sens élevé de respect sur ce qui l’entourait
jusqu’au point où il ne pouvait même pas écraser une mouche. Son obéissance
lui valut le surnom de “ mundele a lobi il faut
obéir”. De 1950 a 1958 il est au Grand Séminaire Libermann de Brazzaville (ndlr : actuellement Moyen séminaire Saint Jean )
pour des études de philosophie et de
théologie Le 26 octobre 1958 il est ordonné
prêtre par son Excellence Michel Bernard. Son premier poste est la
paroisse Sainte Marie de Ouenze/Brazzaville, dont
il devint le vicaire en août 1959. Pendant la période de mars 1962 a juillet 1965, l’abbé Emile Biayenda est en charge de la paroisse Jean Marie Vianney
de Mouleke. Il y supervise la construction de
l’église, et y sera nommé curé. En plus de
cette charge, il est
responsable diocésain de la légion de marie de 1960 a 1965. C’est durant
cette période du mouvement marial que l’église n’est plus vue d’un bon oeil
par certains politiciens. La vie ecclésiastique subit des attaques de la part
du gouvernement. Les archives retracent les tortures qu’ont
subies Emile Biayenda. Ses compères l’abbé Louis Badila et le père Robyr de la
congrégation du Saint Esprit ne furent pas épargnés. En octobre 1965, l’abbé Emile Biayenda se rend
aux facultés catholiques de Lyon compléter sa formation. En 1969, il y
termine ses études avec une licence en théologie et un doctorat en
sociologie. De retour à Brazzaville en mai 1969, il est nommé vicaire a la paroisse
Saint Esprit de Moungali. Le 18 fevrier1970, il
devient vicaire épiscopal chargé de la coordination entre les diverses
oeuvres d’apostolat et commissions diocésaines. le 7 mars de la même année,
l’abbé Emile Biayenda est nommé archevêque
coadjuteur avec droit de succession. Il est ordonné évêque à Rome le 17 mai
1970 par monseigneur Pignedoli, alors secrétaire général de la congrégation pour
l ‘évangélisation des peuples. A la mort de monseigneur Théophile Mbemba, le
14 juin 1971, il occupe le siège métropolitain de Brazzaville. Le Vendredi 2 février 1973, il est élevé cardinal par le pape Paul
VI qui lui impose la barrette
cardinalice le 5 mai de la même année a Rome. Lors de son retour à Brazzaville le 9 mai 1973, toute la chrétienté lui
réserve un accueil très chaleureux. Le
20 mai 1973 il célèbre sa messe d’action de grâce au stade Eboue, entouré du
Cardinal Malula, du délègue apostolique Monseigneur
Tagliaferri, des évêques d’Afrique et du Congo
dont Mgr Auguste Roch Nkounkou prélat de sa sainteté et
de nombreux prêtres. Malgré la
grande pluie qui s’était abattue sur la ville, le stade était plein a craquer
des fidèles venus du monde entier. Durant sa vie ecclésiastique, l’église et lui-même ont été victimes des
coups et contrecoups des luttes politiques auxquelles il a été totalement
étranger. Il portera durement pendant plusieurs années, les marques des
tortures de la prison du système marxiste-léniniste. Et ceci jusqu'à son
assassinat par le régime en 1977. Le 18 mars 1977, Cardinal Biayenda s’entretient avec le chef d’état congolais, le
président Marien Ngouabi,
sur des questions relatives à l’église du congo. Après l’entretien, le
cardinal retournera à son domicile. Et quelques heures après, le président
Marien Ngouabi sera assassiné. L’histoire se souviendra de la semaine
rouge qui s’en est suivie. Une semaine sanglante au cours de laquelle de
nombreuses personnalités - choisies sur le plausible critère d’appartenance à
la même ethnie que le cardinal Biayenda, ou disons
originaire de la région du Pool - seront arrêtés. Parmi ces personnalités,
Alphonse Massambat Debat,
ancien président de la république congolaise. Ils furent exécutés
sommairement, après des procès camouflés. C’est dans ce contexte de violence politique, imposée
unilatéralement par les commanditaires du coup d’Etat du 18 mars, que le soir
du 22 mars, un véhicule land rover s’arrêtera
devant la résidence du cardinal considéré comme témoin gênant . Deux hommes descendirent et communiquèrent au
cardinal que le comité militaire
désirait le voir. Le cardinal monta à bord
de leur véhicule, qui prit la direction de l’Etat Major de l’armée. A l’Etat
Major, une voiture Peugeot 504 les interceptera et va les demander de se rendre chez SASSOU
NGUESSO. Et c’était le voyage de non retour
(Lire : Emile Biayenda, par Adolphe Tsiakaka.
Edition du signe, 1999). Le lendemain, le commandant Sassou Nguesso annonça la mort du Cardinal Biayenda. Il accusa les plus proches parents du président
Marien Ngouabi d’avoir assassiné Biayenda à titre de vengeance. Mais une déclaration de la
famille du président assassiné, Marien Ngouabi,
avait rejeté cette accusation. Le dossier de l’assassinat odieux fut déballé la conférence nationale
souveraine du Congo. Il y eut des demi- vérités et des contres vérités. Au cours des débats, un soldat, Sergent Manoye, qui s’est dit avoir été parmi les ravisseurs
raconta devant un auditoire silencieux qu’après avoir enlevé son éminence le
cardinal Biayenda, ils s’étaient rendu au domicile
de Joachim Yhomby Opango,
chef du comité militaire du parti. Et que ce n’est que par la suite ils en
ressortirent pour conduire le très doux prélat à son lieu de supplice. L’Assassinat du cardinal Emile Biayenda demeure
une énigme de l’histoire du Congo. Mort il y a de cela 28 ans, sa cause de
béatification a été introduite. Pour mémoire, lisons cet
extrait : « A tous nos frères croyants, du nord, du
centre et du sud, nous demandons beaucoup de calme, de fraternité et de
confiance en Dieu, père de toutes tribus, afin qu’aucun geste déraisonnable
ne puisse compromettre un climat de paix que nous souhaitons tous. »
furent les mots de l’adresse du Cardinal Biayenda à
tous les fidèles durant la période du coup d’Etat, peu avant son enlèvement
et exécution. Ce message reste terriblement d’actualité, avec une guerre en 1993, une guerre en 1997, une encore en
1998 et toujours quelques soubresauts dans la région originaire
du cardinal, la région martyre du Pool. Et nous y a ajoutons également
les quartiers sud de Brazzaville : Makelekele
et Bacongo
constamment ciblés par le régimes depuis 1977, à l’exception de la
période démocratique qui a suivi la conférence nationale. D- Christian Bouetoumoussa Stavanger (Norvège) Février 2005 BIBLIOGRAPHIE: 1.
« Emile Biayenda, Grandeur D’un Humble » Par Adolphe Tsiakaka,
Editions Du Signe, 1999. 2.
« Assassinats
politiques au Congo-Brazzaville : Rapport de la
Commission Ad'hoc de la Conférence Nationale Souveraine ».
Jean-Claude Mayima-Mbemba, Editions ICES, 1991 --------------- D’autres informations sont disponibles dans le domaine publique (sur le web) : 1. http://www.rezoweb.com/forum/politique/brazzamfoayikoba/325.shtml 2. http://www.union-congo.org/sassou01.html 4. http://www.ucu.edu.ua/fr/seminars/2004/martyrs/coudray/ |
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