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L'autonomie par le droit ou par les armes?
Par Mfumu
Mpati
Février
2005
Mon intervention – qui s’adresse à mes
sœurs et frères Nekongo - se serait intitulée « Les Nekongo et
l’autonomie du Bas-Congo : quelle stratégies à
adopter ». Seulement, je n’interviens pas pour intimer des ordres, mais
pour exprimer ma vision des choses pour l’intérêt de nos communautés.
Depuis la
diffusion de la "lettre ouverte", dans laquelle certains de nos
frères expriment sans détour leur intention de prendre les armes pour
défendre les leurs, plusieurs commentaires ont été faits. La plupart ont
abondé dans le sens d'encouragement de cette initiative. Par ailleurs, une
autre alternative a été avancée : l'alternative juridique.
Je tenterai de
concilier ces deux approches car le tout c'est une question d'efficacité. En
d'autres termes, la finalité est la même, le tout c'est de savoir comment y
arriver sans perdre notre identité dans cette « jungle politico-militaro–sociale » que l'on nous impose.
Je suis d'accord
avec les pro-juridiques et surtout avec ceux qui
ont soutenu sur ce forum l’idée selon laquelle qu’il faudra exiger à tous les
Nekongo de se retirer de la gestion des affaires de l'Etat aussi longtemps
que nos revendications ne sont pas prises en compte et aussi longtemps que l'on
continuera à bafouer nos droits sur notre propre sol.
Je disais
que j’étais d’accord avec la dernière idée. Un proverbe Bawule
(Côte d’Ivoire) dit : "Le petit d'antilope qui s'éloigne de sa mère se
retrouvera une peau sur un tam-tam".
L’on a évoqué les revendications
des Katangais qui ont dénoncé dans une de
leurs dernières déclarations l'illégalité de tout ce qui jusqu'à présent contribue à nous (ndlr : les peuples et communautés de la RDC)
maintenir dans un Etat unitariste sans consistance juridique. J'ai beaucoup
admiré. C'est bien bon une déclaration, nous pourrions en lancer des
dizaines. Mais une déclaration n’est pas une action juridique.
Une action
juridique requiert des préalables. Il n’y a pas que des préalable, il y a
aussi certaines conditionnalités pour que cette alternative aboutisse à un
résultat satisfaisant:
- que nous (dans
la majorité) soyons acquis activement à cette revendication,
- que ceux qui
sont au pouvoir comprennent que ce qui est visé c'est pour l'intérêt de tous.
C'est ici que les problèmes vont se poser. Nous ne devons pas perdre de vue
que le mobutisme nous a beaucoup corrompus. Et que la situation sociale est
telle que peu nombreux sont prêts à faire ce genre de sacrifices.
- pour que cette
revendication soit prise au sérieux, ne soyons pas naïfs (comme l'on nous l'a
toujours dit) il faut nécessairement que nous soyons forts militairement. Les
Katangais sont pris au sérieux car depuis l'indépendance du Congo, ils se
sont toujours constitués des branches armées prêtes à intervenir en cas de
nécessité.
Là je fais
intervenir la deuxième alternative, celle de prendre des armes.
La Non
Violence est et a toujours été l’instrument de lutte des Nekongo pour la
reconquête de la paix universelle et la fraternité entre les hommes. Néanmoins,
la prise des armes
n'empêche pas les partisans de la non-violence de continuer à se battre dans
leur terrain.
Dans la guerre d’indo-chine, Mao ne disait t-il
pas dit, je cite, lorsque les négociations échouent, échouent, échouent,
c’est la violence qui remplace. Le cas de l'Inde et de l'Afrique du Sud (avec l’Africa National Congres, ANC, du Vénérable Nelson
Mandela) peut nous inspirer. Généralement, le combat pour la libération se
mène toujours sur deux fronts: la diplomatie et la guerre.
Cela étant dit,
que cela soit par la diplomatie (le droit) ou par la guerre, nous avons
intérêt à parler le même langage. Ce ne sont pas de stratégies et moins
encore des stratèges qui nous manquent. Le temps pour nous de nettoyer notre
propre parcelle. Que les stratèges de la diplomatie se réconcilient et se
mettent a l’œuvre. Et que ceux des nôtres qui se disent ouvertement prêt à
prendre les armes pour nous protéger cheminent bien.
Nous existons, nous devons exister, c’est bien notre raison d'existence.
Les gouvernements noirs ont démontré à la face du monde qu'au point de
vue férocité face à leurs propres peuples, ils n'ont rien à apprendre des
fascistes européens les plus obtus et les plus sanguinaires et qu'ils
pouvaient les dépasser… Nous ne voudrions pas rappeler les massacres des
Nekongo sans défense en Angola en Janvier 1993 et les récent massacres de
Nekongo membres de Bundu Dia Kongo en Juillet 2002.
C'est ainsi que face aux brutes et vu l'indifférence qu'affiche
l'Occident aux moult génocides que peuvent subir certaines ethnies en
Afrique, il ne serait pas étonnant que les Nekongo soient à la recherche
d'une autre stratégie de lutte pour se sortir des injustices qu'ils subissent
de la part de leurs propres frères.
Lusala mu yenge.
Mfumu
Mpati
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