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Le
parti ABAKO propose l'alternative d'un pacte d'autodétermination de
la
RDC autour de l'idéal fédéraliste
05.01.2005 |
Une
manifestation de commémoration spéciale de la Journée des martyrs de
l'indépendance a été organisée mardi à Kinshasa par le parti Alliance des
Bakongo (Abako), manifestation marquée par une déclaration
politique dans laquelle l'Abako, qui se considère
comme le premier parti congolais à avoir largement influé sur le processus de
l'indépendance, formule la proposition de convocation d'une constituante des
formations politiques congolaises influentes sur le public pour fixer le
pacte d'autodétermination de la RDC autour de l'idéal de démocratie
fédéraliste.
Près
d'un demi millier de partisans de l'Abako à l'âge
respectable pour la grande majorité d'entre eux se sont retrouvés pour la circonstance
à la résidence d'un vétéran du parti en la personne de M. Nikievo
Diambi David qui a offert le pittoresque cadre
champêtre aménagé chez lui ayant servi de lieu de la manifestation dont le programme
était ponctuée des chants d'exaltation de la lutte d'émancipation menée par
les Bakongo, d'une évocation de la dimension spirituelle et politique de
cette lutte, de la lecture d'une déclaration en rapport avec le contexte
politique de l'heure, et, enfin, de divers témoignages sur les événements du
4 janvier 1959 et leur portée sur l'émancipation congolaise.
Le
premier intervenant du jour a été un « apôtre » répondant au nom de Madeka Avumbulakio qui a parlé
en langue kikongo du terroir pour retracer le parcours et la signification
spirituelle de la lutte des leaders et patriotes Ne-Kongo
depuis la formation dans la nuit des temps de leur entité ethnique. L'apôtre
a étalé dans son édifiante prédication de remarquables mystères de l'histoire
des Bakongo jusque dans les exploits de patriotisme de ceux d'entre eux dont
l'Abako réclame la reconnaissance par la Nation des
mérites de leurs actes de
bravoure.
Le
deuxième orateur du jour fut M. Mampuya Nguwa kia Ntsumbu
en sa qualité de porte-parole de l'actuel président national de l'Abako, M. Nzita Ndele qui était accompagné du Secrétaire général Nsona Luzembe, du directeur du
bureau politique, ci-devant Me Ngoma Puati, de surcroît secrétaire général de l'Organisation
pour la défense des droits de l'homme et des peuple (Odep).
Le
porte-parole Mampuya s'est lui aussi étendu sur la
présentation de la lutte des patriotes Bakongo en conviant les Ne-Kongo à un sursaut général pour relayer l'idéal de
liberté défendu par les leaders passés qui firent preuve d'héroïsme dans leur
combat, même dans les plus dures épreuves des relégations qu'ils subirent. Me
Puati a lu un message exceptionnel des relégués
Bakongo restés fermes dans l'idéal de la libération promise au peuple.
Divers
témoignages tout aussi édifiants furent donnés par quelques autres
intervenants, telle Me Nlandu, la fille du
fondateur historique de l'Abako, feu président
général Nzeza Landu, le
député Mbenza Thubi, M. Nzolantima, homme d'affaires bien connu ayant encouragé
les dirigeants actuels de l'Abako pour leur reprise
du flambeau légué par les leaders historiques de ce parti qui revendiqua le
premier l'indépendance immédiate au Congo en en canalisant judicieusement le processus.
Le clou
de la manifestation a été la lecture, par le porte-parole Mampuya,
de la déclaration de l'Abako en rapport avec le
contexte politique de l'heure. Il s'agit d'un pertinent message de prise de position
face aux enjeux en cause dans la situation politique actuelle en RDC. En voici la teneur qui en dit long.
Déclaration
politique de l'alliance des Bakongo à l'occasion du 46ème anniversaire
des événements du 4 janvier 1959.
Voici
46 ans, jour pour jour, que plusieurs dizaines de nos
compatriotes
tombaient sous les balles du pouvoir colonial pour avoir, à la suite du meeting
refusé de l'Abako à la place YMCA dans la commune
de Kalamu, réclamé l'autodétermination du Congo
alors belge.
L'Alliance des Bakongo par qui ces événements, certes
douloureux mais déterminants pour l'émancipation de notre pays, sont
survenus, ne saurait passer cette date sans rappeler à la mémoire des
compatriotes congolais, le souvenir de nos martyrs et l'idéal
pour lequel ils sont morts.
En
effet, il convient de rappeler en outre que l'Abako
a joué un rôle majeur et décisif dans le processus qui allait conduire notre
pays à l'indépendance en 1960. Dès 1956, l'Abako
réagira à la tendance qui voulait retarder l'indépendance de notre pays pour
30 ans encore, là où le mouvement des indépendances des pays africains sous
colonisation européenne se propageait. Face à la volonté irrésistible des
peuples africains de s'émanciper, l'Abako n'avait
d'autre choix que de s'inscrire dans cette logique d'émancipation, alors que
plusieurs de nos compatriotes et non des moindres, mêlaient leur voie à celle
du pouvoir colonial pour essayer d'escamoter le sort de l'histoire.
En
dépit de cela, la déclaration gouvernementale belge du 13 janvier 1959, à la
suite des événements du 4 janvier 1959, se révéla aux yeux de l'Abako comme un désir à peine voilé du pouvoir colonial de
maintenir son plan d'émancipation lente du Congo belge, comme pour éluder
l'indépendance immédiate que réclamait l'Abako.
Lorsque
par entêtement, le pouvoir colonial persista à appliquer son schéma par
l'organisation des élections communales de décembre 1959, l'Abako lança un mot d'ordre de boycott de ces élections,
boycott largement suivi à Kinshasa et dans le Bas-Congo,
les deux grands fiefs électoraux de l'Abako. Ce
boycott fit raisonner le pouvoir colonial qui ne tarda pas à accéder à la
demande de l'Abako pour la tenue de la table ronde
politique regroupant les représentants du pouvoir colonial et ceux de la
population congolaise.
Mis à
part le principe de l'acceptation de l'indépendance politique fixée au 30
juin 1960, la table ronde politique de Bruxelles (20 janvier – 20 février
1960) sera fondamentalement un échec, pour avoir éludé le but essentiel d'une
telle rencontre qui devait être, comme l'avait suggéré le Président Kasa-Vubu Joseph en tant que chef de la délégation de l'Abako, de déterminer dans une constitution, les règles de
succession d'Etats (Congo belge – Congo indépendant) et celles de cohabitation
pacifique entre différentes communautés du pays autour de la gestion commune
du patrimoine colonial et de la fixation de leur destin pour le bien-être de
la population.
La loi
fondamentale octroyée le 19 mai 1960 fit long feu, et c'est le même Kasa-Vubu devenu Président de la République qui reprendra
l'initiative de convoquer la constitution de Luluabourg qui fixera le
destin
politique de la jeune République autour de la démocratie fédéraliste, de par
la promulgation de la Constitution du 1er août 1964 dite de Luluabourg, après
l'avoir soumise au référendum populaire du 25 juin au 10 juillet 1964.
Le pays
aurait pu connaître un essor politique et économique évident, n'eût été le
coup d'Etat de 1965 qui l'a plongé dans une grave crise de légitimité du
pouvoir d'Etat et dans une longue transition politique qui a failli connaître
un dénouement avec la Conférence nationale de 1991 -1992 dont les résolutions
furent sabotées par les unitaristes à la solde des milieux financiers
étrangers hostiles à l'autodétermination du pays.
Face au
constat d'échec cuisant de la gestion unitariste de l'Etat et à l'heur de
l'élaboration d'une nouvelle constitution, l'Abako
suggère ce qui suit :
1) La
convocation d'une constituante devant regrouper les Abakistes
kasavubistes pour la province du Bas-Congo, le Gizengistes et Mulélistes pour le province de Bandudndu,
les Bolokangistes et les Mobutistes
pour la province de l'Equateur, les Lumumbistes, les représentants des Lendu et des Hema pour la
Province Orientale, les Kashamuristes, les Weregemeristes et les Ruberistes
pour le grand Kivu, les Kabilistes et les Tshombistes (Uferi, Unafec, Unadef…), les Kalondjistes, les Lubayistes et
les Tshisekedistes pour le grand Kasaï.
2)
Toutes ces forces politiques ayant une emprise notable sur l'ensemble de la
population du Congo dans sa diversité se résoudront ainsi à sceller une bonne
fois pour toutes le pacte
d'autodétermination
de la RDC autour de l'idéal de la Démocratie fédéraliste telle que (celle-ci
fut) adoptée à Luluabourg (Kananga actuel) en 1964 et confirmée par la
Conférence nationale de 1991-1992.
3)
L'instauration d'un régime présidentiel type sud-africain et botswanais avec
l'élection des membres des assemblées législatives provinciales et
nationales, lesquelles éliront à leur tour, au second degré, le Président de
la République avec son Vice-président qui dirigeront un gouvernement de 15 à
20 ministres au plus.
4) La
formation d'une armée nationale, restructurée et intégrée mais suffisamment
représentative de toutes le provinces et communautés nationales.
En
procédant de la sorte, l'Abako estime qu'un sens
significatif sera donné au sacrifice suprême des martyrs du 4 janvier 1959 et
à notre lutte pour l'autodétermination effective du Congo. Que vive à jamais l'Abako et gloire immortelle à nos martyrs du 4 janvier
1959 ».
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