Ne-Kongo : Pour renaître comme peuple...
par Londa G. Mavungu, Canada
Si nous disons que le Bas-Congo est une province en déroute économiquement, personne ne nous contredira, à moins qu’on fasse semblant de faire croire à qui veut nous entendre que cela n’est pas vrai.
Et si nous ajoutions que le peuple Kongo, partout où il se retrouve dans les territoires de ses foyers nationaux, s’est beaucoup appauvri et qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même, plusieurs d’entre vous acquiesceront. Certains compléteront même notre pensée en certifiant que le peuple Kongo a appris depuis très longtemps à s’oublier pour l’intérêt des états nationaux que les indépendances ont donné naissance.
Le " ne-kongo " est donc devenu plus nationaux que ethniques, plus congolais que les autres congolais…il croyait que c’était sa façon de donner naissance à la république. Désormais, c’est le règne de la citoyenneté…
Et pourtant…
Il a laissé aux autres le droit d’organiser son territoire. Il pensait que la priorité des constituants de ces nouvelles républiques était le sens du bien commun, l’avenir de la nation… Il a donc laissé aux autres le loisir de prendre son destin en main.
Résultat : c’est l’anarchie, le désordre, c’est le règne du chaos, oui la fameuse théorie du chaos… et à travers elle, le vol systématique de son destin, de ses espoirs. Kisangama!!!
Pour renaître comme peuple, nous devons prendre notre avenir en main, nous occuper de nos intérêts nous-mêmes au lieu de laisser aux autres le loisir de le faire à notre place. N’est-ce pas que le Bas-Congo aujourd’hui ou le sud du Congo Brazza sont des territoires vaincus, les différents dirigeants que les pouvoirs ont mis en place se sont conduits de manière irresponsables parfois comme des brigands en territoire conquis.
Pour renaître comme peuple, nous devons arrêter de nous combattre mutuellement. Depuis la deuxième république (RDC), le pouvoir central a composé avec des " ne-kongo " et ceux-ci ont occupé des hautes responsabilités à tous les niveaux. Ainsi pour se maintenir, ceux-ci n’hésitaient pas à vendre les leurs au nom des intérêts égoïstes…Et la province dans tout cela?
Ces " ne-kongo " ont laissé mourir la nationale Kinshasa-Matadi, déterrer le chemin de rail Boma-Tshela, mourir toute la production des régions allant des frontières angolaises jusqu’aux frontières congolaises.
Et que dire du fleuve Congo? De ses affluents, de sa navigabilité, de son transport fluvial?
Actualités
L'abako, le Bas-Congo et la RDC
Pourquoi ces arrestations? Comment juguler les agitations ?
Le quotidien Le Potentiel annonce dans une de ses dernières livraisons que 5 membres du directoire du comité central de l’Alliance
des Bakongo (Abako) ont été enlevés et détenus illégalement. Ils disent detenir ces
informations de l’Observatoire
congolais des droits humains (Ocdh). Le journal ajoute que l'Ocdh l'a fait
savoir le 13 juillet 2002 dans un communiqué de presse signé par maître Sébastien
Kayembe N’Kokesha, président de son conseil d’Administration .
- Les personnes arrêtées sont: MM. Ngonda Ntetomonsi Samuel, âgé de 77 ans et président du conseil des
sages.
- Diambi Ninkievo David, âgé de 76 ans, conseiller.
- Diakangama Kumu Prosper, âgé de 70 ans, secrétaire général.
- Madeka Avambulakio Edouard, âgé de 67 ans, Président du conseil spirituel et Nzita Ndele Jean,
- 57 ans, Président général a.i....
D'après l’Ocdh, MM Ngonda Ntemonsi, Kumu prosper et Ninkievo Diambi David ont été
enlevés du siège de leur parti, sis avenue Sandoa n°49 dans la commune de
Kasa-Vubu, à 4 heures du matin dans la nuit du 18 au 19 juin 2002 par sept personnes
dont quatre en tenue de la Police nationale et trois en tenue civile.
D'après des sources concordantes, nous apprenons que les conditions de détentions sont
très mauvaise. En plus leur état de santé est fort préoccupant. Mr. Ngonda serait très faible au moment où nous écrivons ces lignes (18/07/02).
M. Diambi quant à lui, a dû interrompre un traitement médical contre l’hypertension
qu’il suivait au moment de son arrestation.
Quelle est la cause de ces arrestations?
Il semblerait que ces 5 militants Kongo auraient reclammé l'autonomie de la province du Bas-Congo d'une part mais aussi le fait est que
les travaux sur la constitution de Matadi ait rejeté l'idée du fédéralisme chère à ce parti.
La question qu'on se pose est celle de savoir s'il faut arrêter une personne qui ose dire tout haut ce que
plusieurs personnes originaire du Bas-Congo a toujours pensé? Reveillons-nous!!!
Congo-Brazzaville
Insécurité totale dans le Nord du Pool
Au moment où nous publions ces lignes, la région nord du Pool est toujours
inaccessible aux équipes de Médecins Sans Frontières (msf).
Depuis début avril, les combats ont repris dans la région du Pool entre les miliciens Ninjas et les forces armées gouvernementales du président Sassou Nguesso, entraînant des déplacements de populations.
Certaines zones sont totalement fermées à l'ensemble des acteurs humanitaires, d'autres accessibles mais sous contrôle militaire. Il s'agit bien de la région qui s’étend de la ligne de chemin de fer
jusqu’aux villes de Kimba, Vindza, Kindamba, Mayama, Ngom Tsé Tsé.
On estime, aujourd’hui, à entre 20, 000 et 25, 000, le nombre de personnes qui
restent dans cette zone. D’après les témoignages de ceux qui en sortent, la
population vit de maigres ressources qu’elle se procure essentiellement la
nuit ou au petit jour. La journée, les familles restent cachées, ne faisant
pas de feu, de peur que la fumée n’attire les
hélicoptères de combat. Le refus des autorités militaires de délivrer des
autorisations contraste avec le ton rassurant du ministre de l’Intérieur,
pour qui la situation est sous contrôle.La région nord du Pool est toujours inaccessible aux équipes de Médecins Sans Frontières
Depuis début avril, les combats ont repris dans la région du Pool entre les miliciens Ninjas et les forces armées gouvernementales du président Sassou Nguesso, entraînant des déplacements de populations.
Certaines zones sont totalement fermées à l'ensemble des acteurs humanitaires, d'autres accessibles mais sous contrôle militaire. Il s'agit bien de la région qui s’étend de la ligne de chemin de fer jusqu’aux villes de Kimba, Vindza, Kindamba, Mayama, Ngom Tsé Tsé.
On estime, aujourd’hui, à entre 20, 000 et 25, 000, le nombre de personnes qui
restent dans cette zone. D’après les témoignages de ceux qui en sortent, la
population vit de maigres ressources qu’elle se procure essentiellement la
nuit ou au petit jour. La journée, les familles
restent cachées, ne faisant pas de feu, de peur que la fumée n’attire les
hélicoptères de combat. Le refus des autorités militaires de délivrer des
autorisations contraste avec le ton rassurant du ministre de l’Intérieur,
pour qui la situation est sous contrôle.
Pour connaître l'histoire de ce conflit, lisez ce texte:
Au cœur de la reprise des conflits.
C'est une sorte d'analyse de cette crise humanitaire et social
Brèves
Les élections sénatoriales tenues au début de ce mois en République du Congo
ont été remportées sans surprise par le parti au pouvoir,
le Parti Congolais du Travail.
Le Sénat compte 66 représentants mais à cause du conflit en
cours dans la région du Pool (arrière-pays de Brazzaville) entre
rebelles "ninjas" et militaires, les six sénateurs qui doivent
représenter cette région n'ont pas encore été élus.
Soixante sièges ont dont été attribués, dont 56 à la coalition de majorité
(44 sénateurs pour le PCT et 12 pour ses alliés) et 4 à l'opposition.
D'autres chiffres:
Élections législatives : le PCT et les candidats indépendants se réclamant du PCT
a obtenu 68 sièges de député sur les 137 que compte la nouvelle Assemblée nationale.
Elections locales : sur les 856 sièges que compteront les assemblées locales
le PCT en remporte à lui seul 333 alors que l’UPADS gagne 47 sièges,
l’UDR-Mwinda 16 et le MCDDI 4 seulement. Si l’on additionne à ce chiffre celui
des très nombreuses formations politiques – plus d’une vingtaine au total – qui
s’affirment en pleine harmonie avec le président Denis Sassou Nguesso et qui ont
eu quelques élus à l’occasion de ces élections locales on dépasse largement la
majorité des sièges dans les assemblées locales.
Angola
Demarrage du processus d'intégration des soldats de l'UNITA dans l'armée nationale Angolaise.
Au moment où nous couchons ces lignes, le processus d`intégration des militaires
de l'UNITA (ex-rebellion armée) dans les Forces Armées Angolaises (FAA) demarre lundi.
C'est ce qu'a confirmé dans la capitale angolaise, le président de la
Commission militaire mixte, le général Geraldo Nunda, à l'issue d'une rencontre
avec les gouverneurs des 18 provinces d'Angola et les membres de la Commission de
reintégration sociale et productive des démobilisés et deplacés de
guerre.
Au total cinq mille soldats de ce mouvement seront intégrés au sein des
Forces Armées Angolaises et de la police nationale.
Le 20 juillet prochain, a-t-il indiqué, une autre cérémonie, celle de
démobilisation des effectifs de l`UNITA non selectionnés, est prevue.
Selon les données de la Commission militaire mixte, 85.475 soldats de l`UNITA sont
regroupes dans différentes localites, en compagnie de 294.357 membres de leurs familles.
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Reflexion d'un Intellectuel Ne-Kongo
La responsabilité morale de l’élite congolaise dans un processus de
démocratisation du pays
par Lukau Tshang, Poitier, France.
Dans une démocratie naissante, les leaders politiques , l’élite intellectuelle, les
autorités religieuses, les notables coutumiers et les artistes doivent
agir en fonction d’une certaine exigence morale bien définie. De tous les systèmes
politiques appliqués dans le monde, seule la démocratie exige une responsabilité
accrue , de la part de la classe dirigeante (politiciens, membres de l’intelligentsia,
les religieux)..Certes, certains dirigeants politiques n’aiment point recevoir des leçons d’éthique ou
de morale. Cependant, compte tenu de l’imbroglio politique qui existe actuellement en République Démocratique
du Congo, je m’autorise le droit de rappeler à tous ceux qui se sentiront visés par mes
critiques constructives, cette pensée romaine la patrie se
trouve là où existe la liberté.
Je peux compléter en y ajoutant ce
déterminant la liberté d’opinions ,
de critique, de concevoir d’autres théories ».
L’intelligentsia
et la classe politique congolaise doivent sortir la jeunesse de l’ignorance de
l’obscurantisme et doivent lui enseigner la valeur de la liberté, les vertus de
la démocratie et la quintessence de la justice sociale. Autrement dit, elles ont l’obligation morale
d’apprendre à cette jeunesse les droits individuels, les obligations sociales,
les attributs de la tolérance et les droits civiques.
Avec le multipartisme approximatif, une étape
politique a été franchie mais elle est insuffisante car le Congo n’est encore
une vraie démocratie. L’opposition
radicale au régime de Kabila Junior et la rébellion n’ont pas fourni des
outils pédagogiques pour apprendre au peuple, l’essence même d’une vraie
démocratie. Cette communication vers le peuple ,vers la jeunesse a tellement
échoué qu’on a assisté à une « babélisation » du paysage politique
national (ppn).Par ailleurs, l’échec annoncé ou probable d’une transition
politique entraînerait sans doute, notre pays vers une impasse aux conséquences
multiples (blocage des institutions, isolement diplomatique du pays,
désengagement des investisseurs, insécurité, retour de l’aventurisme politique,
marasme profond de l’économie, paupérisation accrue des classes sociales
défavorisées, fuite des cerveaux , exode des jeunes vers d’autres pays).
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