
Article source: Coltan, l'or hight tech qui ronge le Congo (Science et Vie de Mai
2002),
Adaptation et vulgarisation de Gracien Mavungu.
Texte inspiré d'un article de Matthieu Crocq publié
en mai 2002 dans Science & Vie
Le boum des télephones portables et autres
consoles de jeux suscite la fièvre jusqu'au Congo (ex Zaïre):
dans la région du kivu, de nouveaux chercheurs d'or se sont rués
sur le Coltan, un minerai indispensable aux composants électronques.
Mais après la flambée, les cours sont retombés, entraînant
dans leur chure la région.
Le Kivu, après avoir été le paradis sur terre, guerres
et conflits ont totalement dévasté la région, détruisant
toutes les infrastructures au point où il est impossible d'acheminer
vers la ville le produit de l'agriculture.
Le Kivu regorge de coltan, une poudre noire qui n'était
autretois qu'un rebut de l'extraction de l'étain mais dont l'industrie
de l'electronique a aujourd'hui le plus grand besoin. Le coltan favorise la
miniaturisation.
Coltan, abréviation de
colombo-tantalite, le coltan est le mélange naturel de
deux composants :
le pentoxyde de niobium (autrefois appelé colombium)
et le pentoxyde de tantale.
C'est le tantale, aux propriétés physico-chimiques extraordinaires,
qui est aujourd'hui si recherché. Metal bleuté, brillant, très
malléable, il est deux fois plus dense que l'acier, très réfractaire
- il fond à 2 996 degrés Celsius contre 1535 degrés
C pour le fer!
Le Coltan est extrêmement
résistant à la corrosion. Des qualités qui en font un
élément de choix pour l'industrie chimique, le nuclaire et
le spatial.
Métal inerte, il sert d'implant aux dentistes, et de plaques osseuses
aux chirurgiens. Notons que le tantale est récemment devenu un élément-clé
de la miniaturisation des circuits électroniques.
D'extraction relativement aisée, le coltan est beaucoup plus cher
au poids que des légumes. Son exploitation reste informelle, artisanale.
Les mines s'exploitent en famille. L'exploitation se trouve entre les
mains des bandes armées.
Coltan, nerf de la guerre,
Au cours de l'année 2000, les cours du coltan s'envolent. Vendu à
80$ le kilo à l'exportation en
janvier 2000, il atteint 800$ en décembre
la même année. Les rebelles du RCD-Goma flairent l'aubaine.
Le groupe armé décrète un monopole sur l'exportation
du coltan et imposent une taxe de 10$ par kilo. Dans la suite, le RCD refuse
de traiter avec les comptoirs qui ne peuvent lui fournir plus de 5 tonnes
par mois.
Rapidement, le marché tombe entre les mains de la seule Société
minière des grands lacs (SOMIGL). En trois mois, elle revend 236
tonnes soit 2,36 millions de dollars au seul profit du RCD-Goma.
Privés de revenus, les anciens exportateurs se démènent pour attirer
l'attention de l'opinion publique mondiale en jouant sur le sort
des gorilles du Kivu.
En mars 2001, le WWF et l'UICN, relayés par l'acteur américain
Leonardo Dicaprio, appellent la communauté
internationale à suspendre ses achats de coltan congolais. Au même
moment, un rapport de l'ONU denonce le pillage illégal des ressources
naturelles du pays.
Des entreprises comme Nokia et Motorola demandent alors à leurs fournisseurs
de ne plus s'approvisionner au Congo mais de se tournéer vers le Canada,
le Bresil et l'Australie qui disposent aussi de coltan - plus cher et moins
riche en tantale. Le cours de minérais s'effondrent de 2000 $ (decembre
2000) à 330$ le kilo (Avril 2001).
Pour terminer, disons que le kivu possède 65% de réserves mondiales.
Quelques références:
La révue "Planète Conservation février 2001".
http://www.iucn.org/bookstore/bulletin/2001/wc2french/content/Page26coltan.pdf
http://www.fanc.fgov.be/fanc/menu/News/Coltan-fr.htm
http://www2.minorisa.es/inshuti/sabena.htm
http://www.afrique-express.com/archive/CENTRALE/rdcongo/rdcongoeco/243embargocoltan.htm
http://www.africaintelligence.fr/canaux/secteurs/mines/p_mines_metauxstrat.asp