Kongo-central, un retour dans le futur
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De source proche des participants au dialogue Intercongolais de Sun City, nous apprenons auprès de la délégation du Bas-Congo que la province doit changer de nom.
Qu’elle reprendrait le nom qu’elle portait le mercredi 26 octobre 1971 avant que le maréchal Mobutu Sese Seko décide de débaptiser la République Démocratique du Congo par la République du Zaïre et de ce fait proclamait le recours à l’authenticité comme philosophie politique de ce nouveau pays.
Ce retour vers le futur est une bonne chose pour un Ne-kongo en ce sens que la province porte desormais son nom historique. Il est bel et bien au centre du pays Kongo, qui plusieurs siècles auparavant accueillit des étrangers venus du Portugal sur ses terres riches et ses eaux remplis de poissons. Miné par des conflits internes, attaqué de par et d’autres par des royaumes voisins et envahi par ses anciens amis portugais, le Royaume du Kongo deviendra une des grandes victimes de la conférence de Berlin en ce sens que son territoire servira aux Belges et aux Français de créer des pays ayant des accès à la mer. Nous parlons de deux Congos.
Du restant du territoire du royaume Kongo, le Portugal créera un pays qu’on appellera l’Angola. Celui-ci d’ailleurs gardera une bonne partie des institutions de ce royaume jusqu’aux premiers jours de l’indépendance de l’Angola. Il suffit de voir notre édition du mois d’Avril (Voir trésors cachés du Web).
Donc le Bas-Congo est bel et bien au centre de ce royaume dont la capitale était Mbanza-Kongo, aujourd’hui en Angola.
Ainsi dire Kongo-Central, c’est rappeler à l’humanité entière que nous sommes Kongo du Centre.
Le seul hic dans ce changement de nom, c’est que cela ressemble bizarrement à du déjà vu, à un comportement du politicien Congolais, qui comme d’habitude, commencent toujours par changer le nom de l’entité qu’il dirige pour laisser ses traces et cela sans penser au symbole que cela peut représenter. Ils oublient que le nom porte une signification en soi surtout en Afrique.
J’ai toujours en mémoire l’histoire d’un vieil ami de la famille qui à un certain moment de sa vie avait décidé de ne plus s’appeler Ndambi Pedro mais Pedro Nsia Ntama. À cet effet, il avait commencé par ne plus prendre la boisson du samedi soir ou du dimanche d’après le match de football. Il a décidé de devenir fidèle à sa femme et s’occupait désormais de ses enfants au lieu de laisser la charge à son beau-frère. Ndambi Pedro n’était plus le même homme. Il devenait Nsia Ntama . Pourquoi Nsi a Ntama? Il était le seul à détenir le secret.
De cette anecdote, nous voudrons insinuer que changement de nom devrait s’accompagner de changement de mentalité .
Thomas Sankara, au délà de son discours que certains spécialistes ont traité de révolutionnaires tiers-mondiste, a apporté un élément essentiel dans la prise de conscience de sa population.
Ainsi, lorsque le 4 août 1984, la Haute-Volta devient la République des hommes et des femmes intègres, il ne s’agit pas d’un simple changement de nom, mais le début d’un temps nouveau, celui où le Voltaïque voulait prendre son destin en main sous la direction d’une personne ou un groupe de gens responsables.
Sankara commence par redonner au Burkina Faso une dignité, une autonomie et une indépendance économique. On parle de " consommons Burkinabé ".
De par ses actes et ses discours, Thomas Sankara croyait en la participation du peuple au pouvoir. Son mot d'ordre était que le pays ne devait compter que sur lui-même et ne pouvait vivre au dessus de ses moyens. C’est clair que c’était un suicide pour un pays du Sahel, mais sous autres cieux, cela pouvait réussir.
Ses grandes actions furent :
De ce qui suit, nous voulons dire que notre province en changeant de nom doit se fixer un nouvel idéal. Il lui faut un leadership capable de penser l’avenir sous un autre regard, celui qui prévoit, celui qui ne laisse pas au politicien toute l’initiative, celui qui laisse à la population prendre son destin en main d’une manière responsable par la promotion de l’initiative privée.
Un Kongo central nouveau devrait penser une manière de prendre en main son avenir en conscientisant chaque personne au fait que son avenir et celui de la province ne dépendra que du travail investi.
Un Kongo Central nouveau rappellera au Ne-kongo que aimer sa province n'est pas une honte et faire de son mieux en lui apportant sa petite pierre n'est pas nier son appartenance à la nation congolaise entière.
Un Kongo Central nouveau rappellera au Ne-Kongo que ses cadres ne doivent pas s'enfermer sur des réalités Bas-fleuve, cataractes mais faire en sorte que nous nous ne soulignons pas nos différences mais notre unité autour d'un ancêtre commun et d'une culture commune à travers une langue si différente mais unique.
Bref, nous avons du pain sur la planche.
Londa Mavungu, Montréal, Canada.