La légitimité de Joseph Kabila divise le Mlc et le gouvernement
Vingt-quatre jours se seront écoulés depuis que la délégation
du Mlc conduite par Olivier Kamitatu est à Kinshasa. Après
quelques réunions, dont la dernière en date a eu lieu
dimanche 19 mai entre les délégations du gouvernement
et de l'ex-mouvement rebelle basé à Gbadolite, la consolidation
de l'accord de Sun City est loin d'être acquise. Raison pour laquelle
le départ pour Matadi de la commission chargée de la rédaction
de la constitution de la transition est chaque fois renvoyé.
Le week-end dernier, certaines sources ont fait savoir que
ce départ a été fixé finalement pour ce mardi
21 mai. Mais rien n'indique apparemment que ce sera effectif, vu les divergences
fondamentales qui continuent à diviser les deux principaux signataires
de l?accord-cadre de Sun City. A moins que cela ait été aplani
à la réunion qui a eu lieu dimanche entre les précités.
En effet, le lundi 13 mai, soit un jour après la visite conjointe
Mlc-gouvernement à Gbadolite, les deux ont échangé leurs
projets de constitution respectifs. Le projet du gouvernement avait appelé
de la part du Mlc des observations sous forme de mémoire dont Le
Potentiel s?était fait l'échos dans ses éditions de
jeudi et samedi derniers. De la même manière, celui du Mlc a
suscité une réaction du gouvernement à laquelle le mouvement
de Jean-Pierre Bemba a répliqué en date du 16 mai.
Grosso modo, l?organisation et l?exercice du pouvoir pendant la période
de transition continue à diviser les deux contractants de l'accord
de Sun City. Et le contenu de ce dernier est interprété suivant
les intérêts des
uns et des autres. De par l?article 48 de son projet de constitution,
l'article 1er de l?accord étant, le Mlc considère que le président
de la République a été désigné par les
délégués des participants aux négociations politiques
intercongolaises, signataires de l'accord politique pour la gestion consensuelle
de la transition en Rdc en date du 19 avril 2002 à Sun City. Ce
que rejette le gouvernement qui considère que l?article de l'accord
dont question ne fait que constater que Joseph Kabila est président
de la République. Aussi, le gouvernement ne trouve pas utile que
ce dernier prête serment comme le souhaite le Mlc a travers l'article
49 de son projet de constitution, d'autant qu'il l'a déjà
fait.
Outre la légitimité du chef de l?État tel que cela
transpire au travers des articles 48 et 49, les pouvoirs à attribuer
au chef de l?État posent également problème. A l?article
53, il est libellé que le président de la République
accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires
auprès des puissances étrangères et des organisations
internationales, sur proposition du gouvernement délibérée
en Conseil des ministres. Cette disposition n?est pas du goût du
gouvernement qui estime que le président de la République
n?a nul besoin de l?avis du gouvernement pour accréditer les ambassadeurs
et autres envoyés extraordinaires. Il en est de même pour le
droit de grâce, la nomination et la révocation, notamment des
gouverneurs et vice-gouverneurs de province, des officiers de l?armée,
contrairement à ce qu' exprime le Mlc au travers des articles 55
et 56 de son projet de constitution. Les mêmes conflits de compétence
se posent pour ce qui est de la déclaration de guerre et de la proclamation
de l?état d?urgence et de siège, comme stipulé aux
articles 57, 58, 59 et 60.
S'agissant de la désignation du président de l?Assemblée
nationale (art. 65) et celle du Premier ministre (art. 94), le gouvernement
demande à ce que ces articles ne mentionnent pas les composantes
dont sont issus les précités. Ce que rejette le Mlc en soutenant
que la désignation du président de la République,
du président de l?assemblée nationale, du président
du Sénat et du Premier ministre constitue l?un des éléments
centraux de l'accord de Sun City. Le Mlc souligne également le fait
que le gouvernement voudrait faire jouer au chef de l?Étal son plein
rôle de commandant des forces armées sans tenir compte du
Conseil supérieur de la défense, contrairement à l?article
14 de l?accord de Sun City et aux articles 128 et 129 de leur projet de
constitution.
Ainsi que cela se dégage, les divergences sont fondamentales entre
le Mlc et le gouvernement pour l?organisation et l?exercice du pouvoir
pendant la transition. Les desiderata des uns et des autres ne peuvent être
rencontrés dans la cadre de l?accord de Sun City. A moins que chacun
mette de l?eau dans son vin, il n?est pas évident que le départ
pour Matadi sera pour ce mardi.
Lire en pages 14 et 15 la contre-réplique du Mlc. Pour des raisons
techniques, il ne nous a pas été possible de publier le projet
de constitution du Mlc.
Le Potentiel
16 mai 1997 : Révélations de Ngbanda Nzambo sur la fuite
et la chute de Mobutu.
Le Phare (Kinshasa)
ACTUALITÉS
16 Mai 2002
Kinshasa
"Dies veritatis" Le 15 juin 1997 à 10 heures, nous avons quitté
Pointe-Noire à bord de "Ville de Lisala", l'avion présidentiel,
pour nous poser à l'aéroport de Ndjili une heure plus tard.
A travers le hublot, je regardais le salon présidentiel : signe prémonitoire,
aucune autorité civile n'était à l'aéroport
pour accueillir le chef de l'Etat. Sauf trois généraux : Likulia
(Premier ministre), Mahele (ministre de la Défense et chef d'Etat-major
général des FAZ) et Nzimbi alias Corbeau (Commandant de la
DSP). Ils avaient tous l'air sombre et préoccupé. J'ai soufflé
à l'oreille de Vunduawe : "La situation me paraît très
mauvaise". Dès que le Maréchal s'engouffra dans sa limousine
qui l'attendait au pied de l'avion, j'ai approché immédiatement
le Général Mahele et lui ai demandé l'évolution
de la situation : "Très mauvaise, mon frère ! nous allons
en parler tout de suite au Camp Tshatshi". Arrivés à la résidence
du Président Mobutu, nous nous sommes installés immédiatement
au salon où se déroulaient les audiences. Vunduawe et moi
étions assis à la gauche du Maréchal, en face des trois
généraux. Mobutu ôta comme d'habitude sa toque de léopard
et la déposa sur la tablette de coin. Puis, il se tourna vers les
généraux pour écouter leur rapport. Silence !
Tous les trois regardaient le plafond qu'ils avaient déjà vu
des centaines de fois. On aurait entendu une mouche voler ! J'ai vite compris
la situation et j'ai fait discrètement signe à Vunduawe de
vider les lieux. Nous nous sommes excusés auprès du Maréchal.
Il nous dit de revenir le voir à 16 heures pour "faire le point du
rapport des Généraux". A la sortie de la résidence
du Maréchal, le capitaine Kongulu, fils du président Mobutu,
qui devait guetter ma sortie, accourut vers moi et me barra pratiquement
la sortie : "Mais où vas-tu, papa Ngbanda? N'abandonnes pas mon père
! Pourquoi tu le laisses seul
avec ces traîtres-là? Ils l'ont tous abandonné, ils
l'ont tous trahi! Ils sont capables de le tuer dans la salle...!" Le jeune
homme était au bord de l'hystérie. Le désespoir et
la haine l'avaient complètement envahi. Je l'ai calmé et lui
ai demandé de me suivre à mon domicile. Ce qu'il me dit fit
glacer mon sang : "Les troupes de l'UNITA que nous avons placées pour
boucler le dernier accès au niveau du défilé du pont
de Maïndombe viennent d'être attaquées dans le dos par
nos propres militaires sur ordre de leurs chefs !
Ces troupes se sont d'abord éparpillées dans la nature, et
comme ce sont des bons combattants, ils se sont regroupés et ont réagi
violemment contre nos troupes, qui les avaient attaquées. Dès
qu'ils se sont dégagés du piège, ils ont regagné
la frontière, sur ordre de Savimbi lui-même. Au moment où
je parle, il n'y a plus aucune force qui peut empêcher les hommes de
Kabila d'entrer dans la capitale. Ils peuvent même arriver cet après-midi
s'ils le veulent. Mais ils croient encore que les troupes de Savimbi sont
sur leur chemin!" Kongulu tremblait de colère. Lorsqu'il me faisait
ce rapport, mes collaborateurs affectés au front pour suivre de près
l'évolution de la situation firent irruption pour me confirmer la
mise en débandade des troupes de l'UNITA par nos propres éléments
des FAZ. Mais qui avait donné l'ordre à nos troupes d'attaquer
les unités de l'UNITA par derrière? Au même moment,
mon opérateur m'annonce que le Maréchal veut me parler au téléphone.
J'entre dans mon bureau privé pour prendre la communication. Depuis
la maladie du Président Mobutu, ce fut pour moi la première
fois où il m'a été donné d'entendre sa voix
aussi éclatante et vibrante d'énergie que ce jour-là.
Il criait presque en me disant en lingala "Mon jeune frère, sais-tu
à quel point tu avais raison depuis tout ce temps que tu me mets
en garde contre les chefs de l'armée? Sais-tu pourquoi ils ne voulaient
rien dire devant vous deux? C'est parce qu'ils viennent seulement maintenant
de m'avouer qu'ils ne sont plus responsables de ma sécurité,
parce qu'ils ne peuvent plus l'assurer!"
J'en ai profité pour lui donner les détails que Kongulu et
mes services venaient de me donner sur la situation réelle au front.
"Maintenant je comprends", dit-il. Et sans me laisser continuer mon rapport,
il me demanda si mon avion était sur place à l'aéroport.
Je lui répondis par l'affirmative. Alors, il me dit : "Mon jeune
frère, vas immédiatement voir Eyadema ce soir et dis-lui de
contacter Abacha pour que le renfort qu'ils ont prévus arrive à
Kinshasa cette nuit même, à défaut demain matin au plus
tard, pour protéger la ville et permettre que nous signions un accord".
Mais quel accord? Et avec qui?
Je lui demandai de me faire accompagner d'un officier général
pour traiter tous les problèmes techniques relatifs à la logistique
militaire. "Quel officier général mérite encore la
confiance pour vous accompagner et garantir la discrétion de cette
mission?", me demanda-t-il. Je lui ai suggéré le Général
Ilunga. "Très bon choix! Mais dites-lui de n'informer aucune autorité
militaire de votre déplacement". J'avais réellement un sentiment
de pitié pour le Président Mobutu. Je n'avais jamais cru qu'il
doutait réellement des rapports que je lui faisais sur l'état
de son armée, et surtout, sur le comportement, l'incompétence
et la moralité de ses généraux. Son agitation, son
étonnement et sa déception de dernière minute me désarçonnaient
et me décevaient profondément. Mais mon devoir était
de tenter l'impossible jusqu'au dernier moment pour éviter le bain
de sang que pourrait provoquer un affrontement en pleine ville de Kinshasa,
soit entre les fractions rivales des FAZ, soit entre les FAZ et l'AFDL. (...)
Dès que j'ai fini d'exposer au Président Eyadema le SOS du
Maréchal Mobutu, nous avons vu son regard virer au rouge. Sa colère,
mêlée à la déception, était très
visible. J'ai vu le Général Ilunga à mes côtés
se coller contre son siège. Ne pouvant se retenir, Eyadema se mit
debout : "Mais Monsieur Ngbanda, Qu'est-ce que vous êtes en train
de me raconter-là? Vous avez certainement suivi qu'hier j'étais
à Lagos, n'est-ce pas? Vous êtes venu plus de deux fois voir
le Président Abacha et moi-même, à la demande de mon
frère Mobutu, pour l'envoi de troupes en vue de protéger la
capitale pour éviter un affrontement des fractions hostiles des FAZ
ainsi que des pillages, et pour empêcher la chute de la capitale et
mieux négocier les accords de paix. Nous avons marqué notre
accord. Depuis plus de deux semaines, les troupes nigérianes et togolaises
sont prêtes à partir! Les avions, les hommes et les matériels
sont prêts depuis une semaine à Lagos. Mais hier, Abacha m'appelle
pour me dire qu'il ne comprend plus rien. Il a reçu un appel d'un
collègue de la région qui lui dit qu'un proche collaborateur
de Mobutu lui a passé le message du Maréchal décommandant
l'opération. (Je m'abstiens volontairement de citer le nom du Président
africain en question ainsi que celui du proche collaborateur du Maréchal.
Deux témoins ont entendu leurs noms : le Général Ilunga
et l'ambassadeur Masudi, qui assistaient tous les deux à l'audience).
Et Abacha vient de démobiliser ses hommes et de décommander
le dispositif qu'il avait mis en place!" Se tournant vers le Général
Ilunga, le Président Eyadema poursuivit : "Vous êtes militaire
comme moi et général comme moi. Vous comprenez qu'on ne peut
pas mobiliser de nouveau une telle force et la déplacer en un jour.
"Le Général Ilunga approuva. Eyadema poursuivit :
"Qu'est-ce qui se passe chez vous? On sabote même l'opération
de dernière minute pour sauver votre pays?" Masudi, Ilunga et moi
étions tétanisés. Le Président Eyadéma
insista pour que le Maréchal Mobutu quitte Kinshasa sans tarder,
car plus rien ne le protégeait. Dès notre retour à
l'hôtel, je fus soulagé lorsque l'opérateur de la résidence
du Camp Tshatshi m'apprît que le Maréchal venait de s'envoler
pour Gbadolite. (...) "Papa atterrit à Lomé dans vingt minutes!"
(...) Le 17 mai 1997, "dies ire", le Président Eyadema me téléphona
vers 9 heures pour me demander si le Maréchal Mobutu allait bien.
Je lui ai répondu qu'il était à Gbadolite. Je l'ai
aussi informé que les troupes de l'AFDL faisaient en ce même
moment leur entrée triomphale à Kinshasa. Il ne commenta pas
la nouvelle. "Que compte faire le Président Mobutu?", me demande-t-il.
Je n'en savais rien, les communications avec Gbadolite étant devenues
impossibles. Aucun opérateur ne répondit aux appels. "Que
vient faire ton ami Kamanda ici?", m'interrogea Eyadéma assez amèrement.
C'est vous qui m'apprenez qu'il est ici, lui dis-je. "Il est dans le même
hôtel que toi", lança le Président, sans autre commentaire.
"Que vas-tu faire maintenant? Tu dois te reposer et essayer d'oublier momentanément
ce qui se passe. Ce n'est pas la fin de la vie", me conseilla-t-il. (...)
(...) Le 18 mai (...)Je me rendis à l'aéroport pour demander
au pilote de mon avion de patienter et de retarder l'heure du départ.
Arrivé là-bas, j'ai vu le gigantesque Illiouchine cargo de
Savimbi. Je me suis dis à moi-même : Savimbi ne t'a quand même
pas envoyé ce mastodonte pour toi tout seul...Puis je vis au bas
de l'avion le Colonel Motoko et le chef du protocole Kasogbia. Mon coeur
s'arrêta presque de battre. Le Président Mobutu devrait être
dans cet avion ! J'ai demandé à l'ambassadeur Masudi qui m'accompagnait
de ne pas sortir de la voiture. J'ai couru vers l'avion, et lorsque Motoko
et Kasogbia m'ont vu, ils ont tous poussé des cris de joie. Ils m'ont
confirmé que le Maréchal Mobutu était bel et bien dans
l'avion. J'ai grimpé les marches de l'escalier quatre à quatre,
et lorsque je suis entré dans l'avion, ma tête a littéralement
tourné. C'était un avion cargo plein de valises et d'"histoires",
jetées pêle-mêle. Une Mercedès était presque
engloutie dans ce capharnaüm. Mes yeux cherchaient le Maréchal.
Je vis une portière de la voiture s'ouvrir, la tête du Maréchal
en sortir. Il vit mon trouble et m'appela : "Ngbanda! C'est moi!" Il me
tendit la main pour le soutenir et l'aider à traverser tous les objets
qui lui barraient le passage vers la sortie. Je l'ai pris par la main et,
avec son épouse, nous l'avons aidé à descendre l'escalier
bringuebalant de cet avion. Le Maréchal Mobutu avait donc quitté
Gbadolite dans un avion cargo? Qu'est-ce qui a dû donc se passer à
Gbadolite pour que le Président voyage dans des conditions aussi
médiocres? Le premier ministre togolais venait d'arriver au pied de
l'avion au moment où nous descendions avec le Maréchal. Les
voitures officielles étaient déjà alignées.
Le Président Mobutu refusa de sortir de sa voiture pour s'installer
dans le salon présidentiel de l'aéroport, en attendant que
le protocole d'Etat apprête le palais présidentiel où
il devait être logé. Il préféra attendre le départ
du cortège dans sa voiture. C'est alors qu'il me fit signe de venir
dans la voiture. Son épouse était assise à ses côtés.
Il baissa la vitre de sa portière et tenta de me faire un sourire
qui ne réussit pas. Alors, me fixant dans les yeux, il me dit avec
une voie très cassée, à peine audible : "Ngbanda, sais-tu
que même Nzimbi m'a abandonné et m'a trahi?" Il s'arrêta
net et pleura! Je n'ai pas pu supporter le choc, je me suis retourné
vers le Colonel Motoko pour l'interpeller sur les conditions de voyage du
Président. (...) La DSP a-t-elle tenté de tuer Mobutu? (...)
Le vendredi 16 mai 1997 à l'aéroport de Ndjili, le Maréchal
Mobutu a échappé à un attentat. "Quelques minutes avant
l'embarquement dans l'avion, me dit le Colonel Motoko, un officier de bataillon
sécurité vint me prévenir que le commandant DSP avait
envoyé une Jeep avec des missiles sol-air basés dans la ferme
de la Lokali (la ferme de Seti Yale) pour abattre l'avion du Maréchal
au décollage et mettre l'action sur le compte de rebelles de l'AFDL.
Dès que les pilotes ont voulu s'engager dans la grande piste, je
suis allé leur donner l'ordre de décoller dans le sens de
Masina et non dans celui de N'Sele. Les pilotes ont voulu discuter le sens
du vent, mais j'ai élevé le ton et le Maréchal leur
a dit de faire ce que le leur demandai. Dès que l'avion a tourné
dans le sens de N'Sele pour aller prendre sa position de vol vers Masina,
il y eut une forte agitation chez le Général Nzimbi qui ordonna
au véhicule basé à la ferme de faire rapidement mouvement
du côté de la vallée de Masina, pour y attendre l'avion
présidentiel. Dans la précipitation, le chauffeur du véhicule,
par excès de vitesse, a perdu le contrôle de son engin et a
provoqué un accident, qui a fait un mort. C'est lors de son interrogatoire
que l'intéressé a lâché le morceau. C'est ainsi
que le commandant DSP, après avoir quitté l'aéroport,
n'est plus rentré au Camp Tshatshi. Il avait déjà fait
ses bagages pour quitter le pays après la mort du Maréchal.
Le coup ayant échoué, il a traversé immédiatement
le fleuve vers Brazzaville." "Es-tu sûr de ce que tu me dis?", demandai-je,
incrédule. Mais le Major Ngani enchaîna : "Ce n'est pas tout,
Spécial. Un agent de sécurité, en la personne du Colonel
Ndoma Moteke, est venu jusqu'à Gbado pour tenter d'abattre le Président
en kamikaze! Depuis le 16 mai, le Maréchal Mobutu cherchait Corbeau
(le nom de code du Général Nzimbi) au téléphone
pendant deux jours. Sans succès. Personne ne savait où il
se trouvait. Mais voilà que le 17 mai, à 18 heures, le Colonel
Ndoma Moteke profite de mon déplacement pour demander aux jeunes
militaires en faction à la résidence, la position du Maréchal
pour lui parler. Un des jeunes nous le signale. Nous l'interpellons pour
savoir comment il était en contact avec Corbeau, car plus personne
dans le bataillon ne connaît sa position. Nous lui demandons de
nous livrer le message de
Corbeau.