R.D.C.
Le RCD et douze partis appellent à la poursuite du dialogue inter-congolais
Le Cap, 10
mai (AFP) - Les rebelles soutenus par le Rwanda et douze partis de la République
démocratique du Congo (RDC) réunis au Cap à l'invitation
du président sud-africain Thabo Mbeki ont appelé vendredi
dans un communiqué à "la poursuite immédiate du dialogue
LE CAP,
10 mai (AFP) - Les rebelles soutenus par le Rwanda et douze partis de la
République démocratique du Congo (RDC) réunis au Cap
à l'invitation du président sud-africain Thabo Mbeki ont appelé
vendredi dans un communiqué à "la poursuite immédiate
du dialogue inter-congolais".
Dans ce texte publié à l'issue des deux jours de pourparlers
au Cap, ces organisations soulignent que le but de leur réunion était
de "proposer des solutions concrètes pour sortir de la situation de
l'absence de consensus sur le nouvel ordre politique inclusif (...) après
les négociations de Sun City".
Elles en appellent, pour la poursuite du dialogue "sous un format réduit",
à la médiation du président Mbeki et du président
zambien Levy Mwanawasa, en maintenant la facilitation de l'ancien président
botswanais Sir Ketumile Masire, "entouré, le cas échéant,
d'une nouvelle équipe".
Les treize organisations réunies au Cap, dont les rebelles du Rassemblement
congolais pour la Démocratie (RCD) qui contrôlent l'est du pays,
avaient refusé l'accord de partage du pouvoir conclu le 18 avril
à Sun City (Afrique du Sud) entre le gouvernement de Kinshasa et
le Mouvement de Libération du Congo de Jean-Pierre Bemba, soutenu
par l'Ouganda.
Cet accord prévoit que le chef de l'Etat Joseph Kabila reste président
pendant une période de transition en RDC avant la tenue d'élections,
et attribue le poste de Premier ministre à Jean-Pierre Bemba.
Les organisations réunies au Cap ont sollicité l'appui de
la communauté internationale pour la reprise du dialogue inter-congolais,
en particulier de la Communauté de développement d'Afrique
Australe (SADC), de l'Union africaine, de l'Union européenne et de
l'ONU.
Jeudi, le président américain George W. Bush avait remercié
Thabo Mbeki par téléphone pour avoir accueilli les pourparlers
du Cap.
Malgré l'absence de Kinshasa et du MLC, les rebelles du RCD ont
exprimé vendredi leur optimisme quant à la reprise de négociations
pour un gouvernement d'unité nationale.
"Je pense qu'il y a une bonne chance qu'après la réunion
du Cap le dialogue politique recommence bientôt", a déclaré
à l'AFP Bizima Karaha, l'un des responsables du RCD.
Valentin Mubake, de l'Union pour la démocratie et le progrès
social (UDPS), a souligné les efforts de Mbeki en ce sens. "Il a parlé
avec le président Bush, qui soutient son point de vue. Il cherche
tous les soutiens possibles pour créer une entente commune, pas seulement
en Afrique, mais dans le reste du monde, pour un retour à la table
de négociation de manière à aboutir à un accord
complet pour tout le peuple du Congo".
L'ambassadeur d'Afrique du Sud à Kinshasa, Sisa Ngombane, a indiqué
à l'issue des pourparlers que Thabo Mbeki était prêt
à accueillir dans son pays un nouveau round de négociations.
Kinshasa et le MLC ont l'intention de mettre en place leur nouveau gouvernement
en juin prochain.
Certains des partis politiques congolais présents au Cap ont indiqué
qu'ils étaient prêts à accepter Jean-Pierre Bemba comme
Premier ministre, si cela devait être une étape sur le chemin
de la paix.
"Kabila comme président, Bemba comme Premier ministre, si c'est
ce qu'il faut pour avoir la paix au Congo, nous sommes prêts même
à cela", a ainsi déclaré à l'AFP Joseph Olenghankhoy
des Forces novatrices pour l'union et la solidarité.
En revanche, pour d'autres les négociations sont un préalable.
"Tout peut arriver dans les négociations, mais nous avons d'abord
besoin qu'elles se tiennent", a ainsi souligné François Lumumba,
dirigeant du Mouvement national Congolais/Lumumba (MNC/L).
Congo rebels optimistic on further talks
The Times Of India Etienne Tshisekedi (L) , Congolese politician from the
opposition UDPS party signs an agreement struck during informal talks between
rebels and oppsition groups from the Democratic Republic of Congo held in
Cape Town 10 May 2002. The talks, hosted by South African president Thabo
Mbeki, aimed to revise a partial accord struck last month. AFP
CAPE TOWN: Rwandan-backed rebels from the Democratic Republic of Congo
(DRC) emerged from talks with South African President Thabo Mbeki on Friday
optimistic that peace negotiations will resume soon in search of an interim
government of national unity.
Bizima Karaha, of the Rwandan-backed Congolese Rally for Democracy (RCD),
which controls the eastern third of the vast central African country, told
AFP: "I think there is a good chance that after the Cape Town meeting the
political dialogue can resume soon".
The two days of talks included 12 DRC political parties that were excluded
from a pact signed last month by the Kinshasa government and a rival rebel
group backed by Uganda on the sidelines of marathon peace talks in Sun City,
South Africa.
Under that agreement, President Joseph Kabila will remain head of state
and the armed forces, with Congolese Liberation Movement (MLC) leader Jean-Pierre
Bemba becoming prime minister, a new post.
The RCD was offered lesser posts, which it refused, raising fears that
the four-year-old war in the DRC, in which Angolan and Zimbabwean troops
are fighting on the government side, would flare up again.
US President George W Bush thanked Mbeki by telephone Thursday for hosting
the Cape Town talks, Bush spokesman Ari Fleischer said in Washington.
The rebel and political party representatives who met with Mbeki said
he had promised an international campaign to win support for a reopening
of the dialogue although both the MLC and the Kinshasa government appear
reluctant to hold further talks.
They boycotted the Cape Town discussions, telling the South African government
it was "too soon" to meet with the RCD.
Valentin Mubake of the opposition Union for Democracy and Social Progress
told AFP: "He (Mbeki) has talked with President Bush, who supports his view.
He is looking for every support to create a common understanding, not only
in Africa, but the rest of the world, that we need to go back to the negotiating
table and find a full accord for all the people of the Congo. He said he
would start working on this tomorrow (Saturday)".
Mubake said Mbeki had pledged that South Africa was ready to host further
talks.
"He said it was imperative that the talks be held before Kabila and Bemba
form a new government, which they are planning to do in early June. Once
they have done that, it will be more difficult to change things."
RCD representative Thomas Nziratimana told AFP: "We are asking him (Mbeki)
to help reopen the dialogue and we are also calling for a regional summit
involving all the countries involved in the war."
South African Foreign Minister Nkosazana Dlamini-Zuma has admitted that
the absence of the Kinshasa government and the MLC from the Cape Town talks
was a blow to Mbeki's initiative, but his office said he would speak to
the MLC and government at a later stage because he "wants all the parties
to get together".
LE PRESIDENT BUSH SOUTIENT L'INITIATIVE SUD-AFRICAINE POUR LA REPRISE DU
DIALOGUE.
CONGO-DEM.REPUBLIC, 10 MAI 2002 (18:28)
(STANDARD, POLITICS/ECONOMY)
Le président américain George W. Bush a remercié
hier soir par téléphone son homologue sud-africain Thabo Mbeki,
lui exprimant son soutien à l'initiative de réunir à
nouveau autour de la table des négociations tous les participants au
'Dialogue Intra-congolais'. C'est ce qu'a fait savoir le porte-parole de
la Maison Blanche Ari Fleischer, en précisant que Bush avait renouvelé
son appui à Mbeki, faisant l'éloge des efforts réalisés
jusqu'à présent pour aider les Congolais à trouver un
accord sur un gouvernement transitoire. A travers son coup de fil, Bush a
clairement démontré la position de son gouvernement sur l''impasse'
zaïroise, se prononçant en faveur d'un retour au dialogue pour
arriver à une entente globale. Contrairement à la France et
à la Belgique, les Etats Unis n'ont pas apprécié l'accord
partiel signé à Sun City par le gouvernement de Kinshasa et
par le Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean Pierre Bemba,
auquel a ensuite adhéré le Rassemblement Congolais pour la
Démocratie-Mouvement de Libération (RCD-ML ou RCD-Bunia), dirigé
par Mbusa Nyamwisi. Dans la ville du Cap, les entretiens ont effectivement
repris, de manière informelle, en présence des délégués
de l'ASD (Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue Inbtra-congolais, fondée
par de nombreux membres de l'opposition et présidée par Etienne
Tsisekedi) et d'autres partis politiques. Manquent cependant à l'appel
le gouvernement de Kinshasa et le MLC de Bemba, mais selon certaines sources
locales, des représentants de ces deux parties devraient arriver en
Afrique du Sud dans les prochains jours. Après une heure de discussion
avec les 24 premiers délégués qui ont répondu
à l'appel, Mbeki les a laissés débattre jusqu'à
tard dans la soirée. Certains d'entre eux ont réaffirmé
leur opposition à l'accord partiel de Sun City, comme Franck Diongo
Shamba, du Mouvement Lumumbiste progressiste (MLP), qui l'a défini
"un accord privé et immoral, conclu dans une chambre d'hôtel".
Tous espèrent cependant que l'exécutif de Joseph Kabila et
le MLC de Bemba répondent par l'affirmative à l'invitation de
se rendre au Cap. Signalons enfin que le médiateur du 'Dialogue Intra-congolais',
Ketumile Masire, n'était pas dans la ville sud-africaine hier. Tant
que les rencontres sont considérées comme 'informelles', Masire
aurait en effet préféré en confier la supervision à
Mbeki. (CC)
MISNA.
Le wax hollandais subit depuis plusieurs années une concurrence
féroce en Afrique de l’Ouest.
(Syfia Bénin/Togo/Côte d’Ivoire) Le wax hollandais subit
depuis plusieurs années une concurrence féroce en Afrique
de l’Ouest. Des industries asiatiques et nigérianes en piratent les
motifs pour les reproduire sur des tissus qu’ils proposent beaucoup moins
cher à leurs clients. " Le wax hollandais est sérieusement
en difficulté. Il souffre de la contrefaçon. Ses parts de
marché dans le golfe de Guinée sont gravement rongées
par des tissus fabriqués dans des usines qui se contentent de copier
impunément ses dessins ". Thomas Toudonou, directeur du développement
industriel au ministère béninois de l’Industrie et du commerce
pose de façon claire le diagnostic de la concurrence déloyale
que subit le tissu africain made in Pays-Bas. Imprimé à la
cire (wax en anglais) et communément appelé "wax hollandais",
il est destiné essentiellement à la confection de vêtements
(cf. encadré).Les importations de wax au Bénin sont tombées
de quelque 505 tonnes en 1999 à 216 t en 2000. Au Togo, les importations
sont passées de 2708 t en 1997 à 708 t en 2000 : presque le
quart !Le déclin du wax hollandais a commencé avec la dévaluation
de 50 % du franc cfa en 1994. Le prix moyen de la pièce a doublé,
passant de 22 500 F cfa à 50 000 F cfa (225 à 500 FF), un
prix très au-dessus des moyens de la clientèle. On a assisté,
dès lors, à la copie quasi-systématique des dessins
de la marque Vlisco (du nom de l’entreprise qui imprime ce tissu). Pour satisfaire
la clientèle attachée à "l’aspect flatteur" du wax
hollandais, des usines pirates inondent les marchés d’Afrique centrale
et de l’Ouest de tissus de contrefaçon imprimés à la
cire et de tissus bas de gamme appelés fancy. En Côte-d’Ivoire,
au Togo, au Bénin et dans d’autres pays africains, des commerçants
locaux (nationaux, libanais et indo-pakistanais) font copier par des spécialistes
les dessins et les motifs des tissus hollandais dès leur sortie. Les
contrefacteurs sont installés surtout en Asie et au Nigeria. Il leur
suffit ensuite de reproduire ces dessins sur leurs tissus. " L’imitation
est de plus en plus si bien faite qu’il faut être un connaisseur ou
une personne avisée pour distinguer l'original de la contrefaçon",
assure Georgette Kouassi, vendeuse de tissus au marché d’Adjamé
à Abidjan."Imitation parfaite".
Le wax nigérian s'est ainsi taillé la réputation
d'un "produit valable" car il est fait sur un tissu épais et ses
couleurs sont bien fixées. Avec le temps, les Nigérians ont
appris à maîtriser la technique de l’impression à la
cire. " Ce qui est grave, signale Jeanne Fourn, une Béninoise, grossiste
de pagnes, c'est que certains contrefacteurs asiatiques mettent sur la lisière
de leurs tissus l’inscription 'Véritable wax hollandais'". Une bonne
partie de ces faux entre dans les pays du Golfe de Guinée en fraude.
Soit ils ne sont pas dédouanés, soit ils bénéficient
de frais de douane minorés. Selon, Mme Doukouré, conseiller
technique au ministère de l’industrie en Côte d’Ivoire, ces
contrefaçons occupent plus de 50 % du marché ivoirien.Avec l'amélioration
de leur qualité, ces pagnes d'imitation ont acquis la faveur des clients
car ils sont plus accessibles que le wax véritable. Aujourd’hui, au
Bénin, il faut compter 12 000 cfa pour un wax nigérian
contre 55 000 à 90 000 F cfa pour un original. Le fancy, lui, ne coûte
que 8500 F en moyenne.Face à cette rude concurrence, la société
Vlisco cherche la parade. Elle cherche des dessins dont les effets seront
difficiles à copier. Les plus prisés sont enregistrés
à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle
(Oapi). Vlisco a aussi tenté, sans succès, de mener des actions
de saisie ou de fermeture des usines asiatiques.Des saisies au Bénin.
" Nous sommes complètement désarmés face à
ces industries de piratage, parce qu’elles ne mettent pas leurs noms sur
les tissus d’imitation qu’ils produisent ", confie Livingstone Agbobli, directeur
adjoint de Vlisco Africa company-Togo. La compagnie néerlandaise et
ses filiales africaines ont décidé de concentrer leurs efforts
sur l’Afrique de l’Ouest, qui est le plus grand marché mondial de consommation
des tissus imprimés. Vlisco a racheté des industries textiles
locales comme Uniwax en Côte-d’Ivoire et Gtp au Ghana. L’objectif est
de produire sur place des tissus fancy ou wax à des prix concurrentiels.
Question d'identité, le véritable wax hollandais continue à
être fabriqué aux Pays-Bas. Depuis 1995, Vlisco organise des
campagnes de presse pour mieux faire connaître son produit et mettre
en garde le public contre les imitations. Dans des communiqués radiotélévisés,
la société menace les vendeurs de saisir et de détruire
les tissus contrefaits. Elle est même passée à l'acte
au Bénin, en août dernier. De faux wax ont été
saisis. Mais les revendeuses ont si vigoureusement protesté que le
ministre de l’Industrie et du commerce est intervenu pour leur accorder un
délai de grâce. Elles ont jusqu'au 31 décembre 2001 pour
se mettre en règle.Malgré cet accord, Patrice Catharia, le
directeur de la Cbnd, l’une des deux sociétés distributrices
du wax hollandais au Bénin, oscille entre fatalisme et réalisme
: " Le phénomène de la copie continuera certainement, puisqu’il
existe un marché pour cela. Mais le wax hollandais ne va pas disparaître
pour autant, puisqu’il est solidement ancré les mœurs, notamment celle
de la haute classe africaine ". Emmanuel V. Adjovi (avec la collaboration
de Honoré Blao et de Kabié Boni) .