Diaire:
Quelques événements retenus tout au long du mois de mars 02, par Gratien Mavungu à Montréal, Canada.

Le 10 mars:
Élection dans l'ensemble du territoire de l'ancienne République Populaire du Congo. Denis Sassou Nguesso est bien partie pour l'emporter se disent plus d'un observateur de la scène politique de ce pays. Notons que la veille Milongo André, son principal rival, à l'absence des leaders comme Bernard Kolelas, Pascal Lissouba condamnés par contumance par le regime de Mr Sassou Nguesso avait décidé de retirer sa candidature.

Au Zimbabwe, Mugabe se présente devant les urnes. Tout porte à croire qu'il va gagner pour la simple raison qu'il est juge et partie ce qui ne se fait nulle part au monde sauf en Afrique.
 

Le 11 mars:
Le président de la République du Congo (RC) Denis Sassou-Nguesso semble sur le point de remporter les premières élections présidentielles de son pays depuis 1992, date à laquelle il avait perdu face à son adversaire Pascal Lissouba, ont rapporté lundi les organes de presse. Cependant, les résultats n'étaient que partiels, après la fermeture des bureaux de vote dimanche soir à 20 heures heure locale. Une victoire permettrait à M. Sassou-Nguesso d'empocher un mandat de sept ans et de renforcer sa main mise sur le pouvoir, grâce à une réforme constitutionnelle lancée en janvier qui, selon les critiques, fait du pays une réelle monarchie, a rapporté Reuters.

Après la défection des principaux adversaires de M. Sassou-Nguesso, le nombre de personnes ayant voté sur le 1,7 million d'électeurs inscrits au Congo aurait été faible. Certains électeurs ont attribué le faible taux de participation à la désorganisation du scrutin, affirmant que plusieurs noms avaient été rayés des listes électorales, a rapporté la BBC.

L'ancien premier ministre André Milongo, considéré comme le principal rival de M. Sassou-Nguesso, s'est retiré de la course présidentielle vendredi, dénonçant des irrégularités. Il a exhorté ses partisans à boycotter les élections tout en les invitant à ne pas avoir recours à la violence. "Mon retrait ne doit pas être un prétexte au désordre. Il ne faut pas confondre élections et lutte armée," a indiqué samedi M. Milongo, cité par Reuters. Il n'est pas clair si le faible taux de participation est lié à son appel au boycottage.

Parallèlement, M. Lissouba ainsi qu'un autre ancien premier ministre, Bernard Kolelas, ont été exclus des élections en raison de leur condamnation par contumace pour des crimes soi-disant commis durant la guerre civile. Les six autres adversaires du président sortant ne représentaient pas un véritable danger, selon des analystes de la région.

Les responsables électoraux ont relevé quelques petites irrégularités, mais aucune violence n'a été signalée, selon AP. Joaquim Miranda, chef d'une mission de 43 observateurs de l'Union européenne, a indiqué à AP que son équipe n'avait détecté aucun problème majeur dans les préparatifs du scrutin. "Essentiellement, ce que nous recherchons, c'est que les résultats de l'élection reflètent le souhait de la population," a déclaré M. Miranda.

Le vainqueur doit remporter plus de 50 pour cent des suffrages, ou bien se représenter le 7 avril avec le candidat en deuxième place. Des élections législatives et municipales sont prévues en mai et juin.

M. Sassou-Nguesso, âgé de 59 ans, a pris le pouvoir pour la première fois en 1979 à la faveur d'un coup militaire. Suite à son échec face à M. Lissouba en 1992, il s'est à nouveau emparé du pouvoir en octobre 1997, avant les élections qui devaient l'opposer à son ancien rival. M. Sassou-Nguesso a été confronté à son tour à une rébellion lancée en 1998 par des milices fidèles à MM. Lissouba et Kolelas. La guerre civile a déplacé jusqu'à un tiers des 3,1 millions d'habitants et a causé la mort d'environ 10 000 personnes. Des accords de cessez-le-feu ont été signés par toutes les parties à la fin de 1999.

La RC, un pays riche en pétrole et voisin de la République démocratique du Congo, est une ancienne colonie française qui a gagné son indépendance en 1960.

Le 12 mars 2002:
Zimbabwe:
Le président Robert Mugabe est en tête ce jour avec 54,2% des voix contre 42,2% à son principal rival Morgan Tsvangirai dans 82 circonscriptions sur 120, selon la radio d'Etat ZBC. Sur les 38 circonscriptions dont les résultats doivent encore être annoncés, 11 se situent à Harare, ville considérée comme acquise au chef de l'opposition Morgan Tsvangirai, président du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).Dans l'attente de la publication définitive des résultats, les forces de défense et de sécurité ont été placées en alerte maximum, a annoncé le ministre de la Défense, Sydney Sekeramayi, cité par la presse gouvernementale. Des barrages de police ont été installés sur les grands axes menant au centre d'Harare, selon des observateurs. Le quotidien proche de l'opposition, The Daily News, rapporte que des soldats et des policiers lourdement armés ont été déployés dans les grandes villes du pays dès hier soir. Les Etats-Unis ont rejoint le concert de condamnations de la fraude massive à l'élection présidentielle au Zimbabwe. Une porte-parole du département d'Etat a estimé que le scrutin était "largement faussée" et a accusé le pouvoir du président sortant Robert Mugabe d'en être responsable.

Le 12 Mars 2002
Manifestation des agents de l'ex-Petro Congo devant le ministère des Finances
Une bagarre rangée a été évitée de justesse vendredi devant le cabinet du ministre des Finances entre les éléments de la Police d'Intervention rapide et les agents de l'ex-Petro Congo parmi lesquels on a reconnu un ancien directeur général adjoint.

Alertés par le service de sécurité de ces bâtiments publics qui craignait un débordement de par le ton des phrases et des cris entonnés par des envahisseurs, les éléments de la PIR dépêchés sur les lieux se sont mis à dispenser brutalement ces pauvres pères et mères des familles aujourd'hui abandonnés à leur triste sort après la liquidation controversée de leur entreprise il y a 3 ans.

La bousculade a été d'une telle brutalité que l'on a craint des blessés dans les rangs de ces agents de l'ex-Petro Congo rassemblés en un sit-in de protestation et de réclamation de leurs décomptes finals non encore libérés par la tutelle désignée à cet effet. On a rapporté au Phare que certains agents aujourd'hui clochardisés ont perdu montres, lunettes et appareils de communications lors de ces bousculades.

Le calme n'est revenu que lorsqu'un membre du cabinet s'est interposé pour demander aux policiers de laisser les manifestants libres de leurs mouvements dans la périphérie du parking jusqu'à l'arrivée du ministre.

Approché, un délégué des manifestants a fait savoir que ce sit-in qui a démarré devant le cabinet du ministre des Finances va se déporter dès ce matin vers la Banque Centrale pour protester contre la mauvaise foi et le non-respect des engagements dans le chef de l'argentier national.

En effet, à l'issue d'âpres et longues négociations entre les autorités gouvernementales, la commission de liquidation de Pétro-Congo et les délégués des agents licenciés, un accord était intervenu qui veut que le paiement des décomptes finals devrait provenir de la rubrique "COHYDRO-FOURNISSEURS" incluse dans la structure de prix des produits pétroliers. C'est l'esprit et la lettre de la correspondance datée du 16 janvier dernier et provenant du ministre à la présidence de la République qui se référait aussi à la situation arrêtée par la commission spéciale instituée pour fixer le montant exact à payer au titre des décomptes finals aux agents ex-Pétro Congo non repris par la Cohydro. Ce montant s'élève à l'équivalent en Francs Congolais de l'ordre de 4.078.952 dollars US au taux de change d'un dollar pour 120 FC.
 
 

Le 12 mars:
Angola
Le gouvernement compte resoudre pacifiquement le probleme de la province de Cabinda
Cabinda (Angola), 12/03 - Le ministre angolais de l`Interieur, Fernando da Piedade, "Nando", a declare lundi, a Cabinda, que le gouvernement angolais compte resoudre pacifiquement le probleme de la province de Cabinda (nord). "Nando" qui intervenait, lors de la session extraordinaire du Comite provincial du MPLA à Cabinda, a dit que le gouvernement a élaboré un plan de paix reposant sur des mesures d'ordre économique, social, politique et militaire, lesquelles seront rendues publiques au courant de cette semaine.

Dans son intervention, le ministre de l`Interieur a conseillé les dirigeants du Front de Libération de l'Enclave de Cabinda (FLEC) à collaborer avec le gouvernement.

Nous estimons, a-t-il dit, que nos freres du FLEC feront rapidement appel à leur bon sens, pour travailler avec nous, en vue de la résolution du problème de Cabinda par la voie pacifique, ce qui serait moins coûteux et moins douloureux et profitera à tous, a-t-il indiqué.

Fernando da Piedade, qui est également commandant général de la Police national, a souligné que nous devrions cultiver dans nos esprits que la reconquête de la paix est bien possible, ainsi que sa preservation pour le développement du pays.

Il a dit qu'il était convaincu que le pays connaîtra des meilleurs jours, et que l'on pouvait déjà commencer à penser à la stabilite et au développement du pays.

Ouverture mercredi a Luanda du debat sur le role des chefs coutumiers
Luanda, 20/03 - Un debat sur le "Role des chefs coutumiers" en Angola s`ouvre mercredi, a Luanda, sous l`egide du ministere de l`Administration du territoire. Plusieurs personnalites y prendront part, notamment les scientifiques, politiciens et religieux angolais, a-t-on appris de source officielle. Les participants a ce forum national aborderont entre autres le rôle des chefs coutumiers, en vue de la determination d`une politique consensuelle sur la base de l`heredite et du pluralisme d`organisations du pouvoir traditionnel, tout en respectant la diversite ethnique.

Certains specialistes en la matiere estiment que la rencontre va également corriger les erreurs des epoques coloniale et post-coloniale, ou l`on cherchait a integrer les activites des chefs coutumiers dans celle de l`Etat.

Cette integration, indique-t-on, a reduit completement, leur role au sein des communautes, malgre la reconnaissance de leur importance dans le processus de reconciliation nationale. La rencontre qui clos vendredi ses travaux, a ete precedee de
plusieurs reunions au niveau des municipalites et provinces du pays.
 

Luanda, 20/03 - Le ministre angolais de l`Administration du Territoire, Faustino Muteka, a appelle mercredi, a Luanda, les chefs coutumiers de l`Angola a jouer un role en faveur de la pacification des esprits, reconciliation nationale et stabilite individuelle des Angolais.

Faustino Muteka, parlait a l`ouverture du premier forum national sur les chefs coutumiers organise par le ministere de l`Administration du Territoire.

Nous vivons aujourd`hui, a-t-il dit, un moment de grands defis et nous sommes conscients du role fondamental que le chef coutumier peut jouer, en vue de l`obtention d`une paix definitive en Angola.

D`autre part, le numero un du ministere de l`Administration du Terriroire a reconnu l`engagement de tous les chefs coutumiers, qui ont defendu heroiquement la patrie, risquant leur propre vie.

Nous assumons sans complexe, a-t-il souligne, l`autorite traditionnelle comme dans d`autres nations qui respectent leurs chefs coutumiers, indiquant le cas de certains pays africains et d`autres nations du monde qui respectent leur monarchie.

Cependant, a dit Faustino Muteka, les chefs coutumiers sont de rois ou representants qui ont accede a l`actuel statut, a travers le droit de consanguinite et respect aux institutions traditionnelles.

Cette rencontre consacree a l`analyse, reflexion et debat, a indique le ministre de l`Administration du Territoire, aidera le gouvernement a rencontrer les formes de bonne relation par le biais de la sagesse des "vieillards" ainsi que la forme d`organisation d`un Etat moderne.

Seulement, a-t-il poursuivi, nous allons beneficier, avec une speciale attention, tous ceux qui est de positif aux institutions traditionnelles, notamment le role de la famille, l`organisation de la societe, l`education et l`activite socioproductive, a dit
Muteka.

Les chefs coutumiers en provenance des 18 provinces du pays participent à ce forum, dont la fin est prevu vendredi.
 

RD-Congo
Le 21 mars (IRIN) : Le gouvernement participe à nouveau au dialogue

- Une semaine après s'être retiré du dialogue intercongolais à Sun City, en Afrique du Sud, pour protester contre ce qu'il
a qualifié de brèche par les rebelles de l'accord de cessez-le-feu, le gouvernement de la République démocratique du Congo a accepté mercredi de reprendre sa participation. Une séance complète de négociations est planifiée pour jeudi.

"Nous avons décidé de retourner au dialogue car le Conseil de sécurité des Nations Unies a souscrit à nos requêtes", a indiqué Mwenze Kongolo, ministre de la Sécurité Nationale, dans une conférence à Sun City.

Le 19 mars, le Conseil de sécurité avait adopté à l'unanimité une résolution exigeant un retrait "immédiat et sans conditions" des troupes du Rassemblement congolais pour la democratie (RCD), rebelle, de la poche de Moliro, une localité de la rive sud-occidentale du lac Tanganyika, dans la province de Katanga, au sud-est de la RDC. Il a déclaré que la saisie de la localité par le RCD constituait une "grave violation" des accords de paix de Lusaka, signés en 1999.

La force rebelle basée à Goma a pris le contrôle, samedi 16 mars, de la localité des mains des forces gouvernementales de la RDC, à l'issue d'une offensive qui aurait été lancée deux jours auparavant.

Le Conseil de sécurité a également "exigé que le RCD-Goma se retire de Pweto, qu'il a occupé en violation du plan de désengagement de Harare et de Kampala, de façon à permettre la démilitarisation de cet endroit".
 

LUANDA, 22 mars (AFP)
Angola Minha terra, on reparle de paix...
Luanda, à l'indolence océanique et aux rues encombrées de véhicules flambant neufs, ne ressemble pas d'emblée à l'image préconçue que l'on peut se faire de la capitale d'un pays dévasté par 27 ans de guerre civile, au sol truffé de mines et à la famélique population.

Sur le long front de mer bordé de palmiers, de hauts et nombreux immeubles corrodés par le sel alternent avec des églises, des missions et des palais à l'architecture portugaise.

Dès l'entrée dans le centre-ville, commencent de monstrueux embouteillages. Pas ceux de guimbardes rouillées, pétaradantes et aux sièges crevés, comme à Lagos ou Kinshasa, mais des véhicules quatre roues motrices japonais, qui scintillent au soleil, sans éraflures, tout droits sortis des cargos qui mouillent dans le port.

L'argent du pétrole qui inonde et enrichit la nomenklatura au pouvoir. "Vous voyez, cette automobile suédoise appartient sûrement à la famille d'un ministre. Ils ont tous les mêmes véhicules, ils les donnent à leurs proches", explique un chauffeur.

Dans cette capitale qui tourne le dos à un pays dévasté, lequel connaît un moment historique avec la mise à mal par l'armée dans les provinces de l'est de la rébellion de l'UNITA dont le chef Jonas Savimbi a été tué, les rues sont propres et les policiers aux carrefours font respecter la priorité.

Très peu de militaires, pas d'état d'urgence et encore moins d'urgence : les petits vendeurs des rues ont amplement le temps de proposer stylos, tee-shirts ou journaux, tant la circulation est lente dans la lourde chaleur atlantique, au rythme de salsas alanguies.

Place de l'Indépendance, restent quelques vestiges du passé et de l'ère du marxisme-lénininisme avec la peinture murale d'un esclave aux muscles noueux qui fait exploser ses chaînes. Et celle d'une femme, yeux levés au ciel sous les grandes ailes d'une blanche colombe.

La longue rue Ho Chi Minh mène au port, surplombé par la luxueuse tour de la compagnie diamantifère De beers, singulier raccourci historique qui prouve, s'il en était besoin, que l'heure est bien aux profits capitalistes.

Beaucoup de rues du centre-ville ne dépareraient pas dans Johannesburg, avec leurs banques, leurs magasins de vidéo, leurs larges publicités pour des bières étrangères et des marques de cigarettes. Certaines, mêmes, évoquent Lisbonne avec leurs salons de coiffure, leurs charcuteries, leurs boulangeries.

Bien sûr, la "normalité" connaît ses limites comme dans l'unique compagnie de téléphonie mobile à la seule employée disponible alors que ses collègues discutent à l'arrière, et qui annonce aux nombreux clients, après une longue attente, qu'il "n'y a plus de cartes téléphoniques en stock".

Mais les profonds problèmes créés par la guerre remontent vite à la surface à la vue des prix alimentaires extrêmement élevés. Luanda, aux routes de ravitaillement coupées par la guerre et les embuscades, survit d'importation. Les oignons viennent du Portugal, les tomates de Namibie et le poisson est hors de prix.

Seule l'essence ne coûte presque rien, elle est raffinée sur place: 10 litres pour deux dollars.

Ce qui, ajouté à l'absence totale de transports publics, explique les rondes incessantes des automobiles le long de la baie de Luanda.

Mais, passé l'enfilade de cocotiers qui, sous le couchant, allongent leur ombre sur la plage, une autre Luanda surgit et fait sauter le superficiel vernis de la richesse confisquée par une minorité. Celle des camps de déplacés par la sauvage guerre et celle des centaines de milliers de misérables qui, dans les bidonvilles, se débattent entre paludisme, tuberculose et sida.

Finalement, des accords sont signés ce samedi saint (30 mars 2002), peu avant de mettre ce texte en ligne. Que Dieu protège l'Angola. Bakulu ba vovonga vo: Kuna Ngola twa tuka. Bika Nzambi kasakumuna ntoto ya Kongo ye nkangu andi.

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